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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2216798

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2216798

vendredi 14 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2216798
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP LACOURTE RAQUIN TATAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 décembre 2022, 27 janvier, 28 avril et 28 septembre 2023, M. C et Mme D A, représentés par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée ASCB AVOCAT, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté PC 092 076 22 C0010 du 23 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Vaucresson a accordé à Mme B un permis de construire sur un terrain situé 32 avenue du Clos Toutain en vue de la rénovation de trois bâtiments existants avec changement de destination d'une annexe en habitation, tel que modifié par le permis de construire modificatif délivré par un arrêté PC 092 076 22 C0010 M.01 du 16 mai 2023, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 11 août 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Vaucresson une somme de 10 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées, ils doivent être regardés comme soutenant que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de forme tiré de l'insuffisance de motivation de la prescription dont est assorti le permis de construire ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit tirée de l'impossibilité de mettre en œuvre la prescription relative à la création d'un emplacement de stationnement complémentaire sans altérer la nature même du projet ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit tirée des insuffisances et incohérences du dossier de demande de permis de construire en ce qui concerne le document graphique, les photographies du terrain d'assiette, le permis de démolir, l'attestation de prise en compte de la règlementation thermique, la qualification de la " maison d'habitation " en tant qu'annexe, les surfaces d'espaces verts de pleine terre, les surfaces de plancher et l'emprise au sol du projet ;

- le dossier de demande de permis de construire comportait des éléments frauduleux ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 5 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que le terrain d'assiette est d'une superficie inférieure à la superficie minimale prévue par ce texte ;

- - elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que la maison sur rue se verrait réhaussée et dotée de nouvelles ouvertures par le projet ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que la maison sur rue partiellement implantée sur la limite latérale se verrait réhaussée ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 8 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que la distance séparant le bâtiment principal G serait inférieure aux prescriptions minimales de cet article ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson l'emprise au sol du projet excèderait les limites maximales prévues par cet article ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que le projet ne s'insérerait pas bien dans son environnement urbain ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que le projet conduirait à l'abattage protégé et que les surfaces d'espaces verts de pleine terre prévues par le projet seraient inférieures aux limites minimales prévues par ce texte ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que le coefficient d'occupation des sols du projet excèderait les limites maximales prévues par ce texte.

En ce qui concerne le projet tel que modifié par l'arrêté de permis de construire modificatif du 16 mai 2023, ils soutiennent que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure tiré de l'absence de consultation de l'architecte des bâtiments de France ;

- elles ont méconnu les dispositions de l'article UG 14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson en tant que le coefficient d'occupation des sols du projet excèderait les limites maximales prévues par ce texte.

Par des mémoires, enregistrés les 9 mars, 27 septembre et 21 novembre 2023, M. et Mme B, représentés par la société civile professionnelle Lacourte Taquin Tatar, concluent à titre principal au rejet de la requête et, à titre subsidiaire à ce que le tribunal applique les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, ainsi qu'à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 8 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est irrecevable ;

- les autres moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, la commune de Vaucresson, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Goutal Alibert et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en tant que les requérants sont forclos dans la mesure où ils ne démontrent pas que leur recours gracieux a été notifié et que, par ailleurs, ils sont dépourvus de qualité donnant intérêt pour agir ;

- les autres moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ausseil ;

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;

- et les observations de Me Chevillard-Buisson, représentant M. et Mme A, F, représentant la commune de Vaucresson, et de Me Avenel, représentant M. et Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté PC 092 076 22 C0010 du 23 juin 2022, le maire de la commune de Vaucresson a accordé à Mme E B un permis de construire sur un terrain situé 32 avenue du Clos Toutain en vue de la rénovation de trois bâtiments existants avec changement de destination d'une annexe en habitation. Par un recours gracieux formé le 11 août 2022, M. et Mme A ont sollicité le retrait de cet arrêté. Leur recours a été rejeté de manière implicite. Par un arrêté PC 092 076 22 C0010 M.01 du 16 mai 2023, le maire de la commune de Vaucresson a délivré aux pétitionnaires un permis de construire modificatif. M. et Mme A demandent au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur les fins de non-recevoir :

2. L'article R. 600-1 du code de l'urbanisme dispose que : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours ".

3. Les requérants produisent les avis de réception attestant qu'ils ont notifié leur recours gracieux au pétitionnaire et à l'auteur de l'acte. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la forclusion des requérants en tant que le délai de recours n'aurait pas été prorogé par l'effet de leur recours gracieux est écartée.

4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle de M. et Mme A, située sur la parcelle cadastrale AC 08, est contiguë à l'unité foncière du projet qui s'établit sur les parcelles AC 7 et AC 440. Par suite, les requérants doivent être regardés comme des voisins immédiats. Ils fournissent par ailleurs des documents cartographiques et photographiques permettant d'apprécier la nature, l'importance et la localisation du projet contesté qui prévoit notamment, dans le cadre du permis de construire initial, dans la mesure où l'intérêt à agir s'apprécie à la date d'affichage du permis, un rehaussement du mur du bâtiment dit G " qui va modifier le mur de clôture de leur propriété. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la rénovation de ce bâtiment prévoit l'installation d'une cheminée en toiture, susceptible de modifier le champ de visibilité des requérants et d'entraîner des émissions de gaz. Dans ces conditions, M. et Mme A justifient, en leur qualité de voisins immédiats, d'un intérêt à agir contre le permis attaqué.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la consultation de l'architecte des bâtiments de France :

6. Aux termes de l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ".

7. En l'espèce, il est constant que le projet est situé dans le site inscrit de la Division Théry et nécessitait donc la saisine de l'architecte des bâtiments de France pour avis. Or, si le requérant fait état d'erreurs de dates dans l'avis de l'architecte des bâtiments de France pour soutenir qu'il n'est pas établi que cet architecte aurait été saisi pour donner son avis sur le permis de construire modificatif, il ressort des pièces du dossier que l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 23 juin 2023 fait explicitement référence à la demande de permis de construire modificatif. Dans ces conditions, les erreurs de plume relevées par les requérants ne suffisent pas à établir que l'architecte des bâtiments de France se serait prononcé sur le fondement d'un dossier incomplet.

En ce qui concerne la légalité des prescriptions :

8. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. le permis de construire initialement délivré pour l'édification d'une construction et le permis modificatif ultérieurement accordé pour autoriser des modifications à cette même construction constituent un ensemble dont la légalité doit s'apprécier comme si n'était en cause qu'une seule décision. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

9. Si les requérants soutiennent que la prescription du permis de construire initial relative à la création d'un troisième emplacement de stationnement serait entachée d'un vice de forme tiré d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit tirée de l'impossibilité de mettre en œuvre la prescription sans altérer la nature même du projet, il ressort des pièces du dossier que cette prescription ne figure plus au permis de construire modificatif. Par suite, l'irrégularité soulevée ne peut plus être invoquée, et le moyen doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la complétude du dossier de demande de permis de construire :

10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme précitées ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

S'agissant des pièces du dossier de demande relatives au permis de démolir :

11. En premier lieu, aux termes de L. 421-3 du code de l'urbanisme : " Les démolitions de constructions existantes doivent être précédées de la délivrance d'un permis de démolir lorsque la construction relève d'une protection particulière définie par décret en Conseil d'État ou est située dans une commune ou partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instaurer le permis de démolir ". L'article L. 425-18 du même code dispose que : " Lorsque le projet porte sur la démolition d'un bâtiment situé dans un site inscrit en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement, le permis de démolir ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès de l'architecte des Bâtiments de France ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ". Enfin, aux termes de l'article R.451-2 du même code : " Le dossier joint à la demande comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; / c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants ".

12. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que lorsqu'un permis de construire autorise un projet qui implique la démolition totale ou partielle d'un bâtiment soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire doit, soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir, soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction. D'autre part, si le permis de construire et le permis de démolir peuvent être accordés par une même décision, au terme d'une instruction commune, ils constituent des actes distincts ayant des effets propres. Eu égard à l'objet et à la portée du permis de démolir, la décision statuant sur la demande de permis de construire ne peut valoir autorisation de démolir que si le dossier de demande mentionne explicitement que le pétitionnaire entend solliciter cette autorisation. Est par elle-même sans incidence la circonstance que les plans joints à la demande de permis de construire montrent que la réalisation de la construction implique la démolition de bâtiments existants.

13. En l'espèce, il ressort du formulaire Cerfa de demande de permis de construire que celui-ci porte également sur une demande de démolition. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que la demande de permis de démolir serait incomplète en tant qu'elle ne comprendrait pas un plan de masse des constructions concernées et leur photographie, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comportait un volet concernant le permis de démolir incluant ces pièces. Le moyen sera écarté comme manquant en fait.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'immeuble est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier joint à la demande comprend en outre la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé ".

15. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet serait situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable. D'autre part, il ressort de l'avis de l'architecte des bâtiments de France que les monuments historiques aux abords duquel le projet pourrait être situé sont la Division Théry, dont il n'est pas établi qu'il s'agirait d'un monument inscrit ou classé, et le château de Versailles, qui est situé à plus de quatre kilomètres du terrain d'assiette du projet. Ainsi, le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire aurait dû comprendre la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé doit être écarté comme inopérant.

S'agissant des pièces du dossier de demande relatives au permis de construire :

16. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : /a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () c ) un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire comprend un document " PC 5 " qui est un plan de toutes les façades des bâtiments concernés faisant apparaitre leur état initial ainsi leur état futur et recensant les matériaux utilisés. D'autre part, il comporte également les pièces " PC 7 " et " PC 8 " correspondant à neuf photographies permettant de situer le terrain d'assiette dans l'environnement proche et lointain du projet. La circonstance que ces photographies ne représentent pas la façade arrière de la construction projetée est sans influence sur l'appréciation de la complétude du dossier de demande de PC dès lors que les pièces produites permettaient effectivement à l'autorité d'urbanisme d'apprécier l'insertion des constructions projetées dans leur environnement urbain et paysager.

18. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () une attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2-1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code ".

19. D'autre part, l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " Le maître d'ouvrage de toute construction de bâtiments ou parties de bâtiments mentionnés aux articles R. 172-1 et R. 172-3 établit, pour chaque bâtiment ou partie de bâtiment concerné, un document attestant qu'il a pris en compte ou fait prendre en compte par le maître d'œuvre lorsque ce dernier est chargé d'une mission de conception de l'opération, les exigences de performance énergétique et environnementale définies aux articles R. 172-4 et R. 172-5, en conformité avec l'article R. 172-6 () ". En outre, aux termes de l'article R. 172-1 du code de la construction et de l'habitation : " I.- Les dispositions de la présente section s'appliquent à la construction, au sens de l'article L. 122-2, de bâtiments ou parties de bâtiments d'habitation qui font l'objet d'une demande de permis de construire ou d'une déclaration préalable déposée à compter du 1er janvier 2022 () ". De plus, selon l'article L. 122-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les autorisations nécessaires à la construction, à la rénovation et à la démolition de bâtiments sont mentionnées au chapitre Ier du titre II du livre IV du code de l'urbanisme ". Enfin, aux termes de l'article R. 173-1 du code de la construction et de l'habitation définissant les dispositions générales relatives aux bâtiments existants : " Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux bâtiments ou parties de bâtiments existants, à l'exception des catégories suivantes de bâtiments : / a) Les bâtiments et parties de bâtiments dans lesquels il n'est pas utilisé d'énergie pour réguler la température / () d) Les bâtiments à usage agricole, artisanal ou industriel, autres que les locaux servant à l'habitation, qui ne demandent qu'une faible quantité d'énergie pour le chauffage, la production d'eau chaude sanitaire ou le refroidissement () ".

20. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige autorise la transformation d'une construction annexe à usage de charbonnerie, non-close sur sa façade sud, en un bâtiment d'habitation, au sens de l'article R. 172-1 du code de la construction et de l'habitation avec une surface de plancher créée de 134 m2. La décision en litige doit ainsi être regardée comme autorisant la construction nouvelle d'un bâtiment à usage d'habitation au sens des dispositions susmentionnées. Dans ces conditions, la demande de permis de construire devait comporter l'attestation prévue au j de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait figuré au nombre des pièces jointes au dossier de demande de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être accueilli.

21. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise :() c) La localisation et la superficie du ou des terrains ()e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 () f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ".

22. L'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

23. Les requérants doivent être regardés comme soutenant que le dossier de demande de permis de construire contiendrait une information erronée en tant que la notice architecturale désigne le bâtiment dit " maisons d'habitation " comme annexe alors que ce bâtiment ne correspond pas à la définition qu'en donne le lexique du règlement du plan local d'urbanisme. Toutefois, cette circonstance n'a pas été de nature à fausser l'appréciation de l'autorité d'urbanisme dès lors que l'usage des différents bâtiments du projet de construction est clairement détaillé dans la notice architecturale.

En ce qui concerne le caractère frauduleux des informations contenues dans le dossier de demande de permis de construire :

24. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration. En l'espèce, il résulte ce qu'il vient d'être dit que le dossier de demande de permis de construire ne contenait aucune information erronée quant à la nature du bâtiment dit annexe, de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur l'application de la réglementation d'urbanisme. Il en résulte que le permis de construire n'est pas entaché d'une fraude.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme :

25. Aux termes de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vaucresson : " Pour être constructible, un terrain doit avoir un accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation automobile et en état de viabilité. Afin que les caractéristiques des accès permettent de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile, ceux-ci devront avoir une largeur supérieure ou égale à 3,5 mètres. / Cette sécurité des accès doit être appréciée compte tenu notamment de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ".

26. Eu égard aux caractéristiques de l'avenue du Clos Toutain, qui constitue une voie secondaire à vocation résidentielle peu fréquentée, rectiligne et comportant une bonne visibilité, et à vitesse réduite, la circonstance que l'accès à l'une des trois places de stationnement prévues sur le terrain d'assiette du projet soit commandé par les deux autres n'est pas à elle seule de nature à constituer un risque pour les usagers et riverains de cette rue.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 5 du règlement du plan local d'urbanisme :

27. Aux termes de l'article UG 5 du règlement du plan local d'urbanisme : " La superficie minimale des terrains constructibles est de 1 000 m² ".

28. Les dispositions de l'article 157 de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové fixant le champ réglementaire des règlements des plans locaux d'urbanisme ne permettent plus à ces documents d'imposer une superficie minimale des unités foncières. Il en résulte que, depuis l'entrée en vigueur de la loi précitée du 24 mars 2014, les règles de surface minimale de terrain constructible existantes sont devenues inopposables aux demandes de permis de construire, une autorité administrative ne devant pas appliquer un règlement devenu illégal. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet litigieux méconnaîtrait les dispositions de l'article UG 5 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être écarté comme étant inopérant.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 6 du règlement du plan local d'urbanisme :

29. Aux termes de l'article UG 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions, hors clôtures et annexes s'implantent en retrait de l'alignement des voies publiques ou privées en respectant une marge de recul de 5 mètres minimum () ".

30. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.

31. En l'espèce, le bâtiment existant dit " maison sur rue ", dont le permis de construire prévoit la rénovation, est implanté à l'alignement. Il ressort des pièces du dossier que le projet, tel qu'il résulte du permis de construire modificatif du 16 mai 2023, prévoit notamment l'abaissement de la hauteur de la façade sur rue de ce bâtiment de 5,90 mètres à 5,50 mètres et a ainsi pour effet de rendre la construction plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues. La circonstance tirée que le projet prévoit également la création d'ouvertures sur cette façade est étrangère à cette règle qui a pour objet la préservation des prospects depuis les voies publiques. Par suite, le moyen doit être écarté comme non-fondé.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme :

32. Aux termes de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme " Les façades sans vue peuvent s'implanter : / sur une ou plusieurs limites séparatives à condition que pour chacune de ces limites, elles s'adossent à une construction existante sur le terrain voisin et qu'elles n'en dépassent ni les dimensions ni les limites / en retrait de celles-ci. En cas d'implantation en retrait d'une ou plusieurs limites séparatives, la marge de recul doit être supérieure ou égale à 4 mètres ".

33. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment existant dénommé " charbonnerie " est implanté sur la limite séparative avec la propriété des requérants. Il ressort des mêmes pièces que le projet dont le projet, tel qu'autorisé par le permis de construire modificatif, prévoit la rénovation et le changement d'usage de ce bâtiment. Ces modifications étant étrangères à la règle susmentionnée, dont l'objet est lié à des préoccupations d'hygiène, d'urbanisme et de protection du voisinage, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 8 du règlement du plan local d'urbanisme :

34. Aux termes de l'article UG 8 du règlement du plan local d'urbanisme : " La distance entre les constructions à usage d'habitation ainsi que la distance entre les constructions à usage d'habitation et les annexes de plus de 35 m² d'emprise au sol, doit être : / supérieure ou égale à 12 mètres en cas de façade avec vues ".

35. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse, que la distance séparant le bâtiment dénommé " maison d'habitation " de celui dénommé " charbonnerie " est de 13 mètres. Dès lors, le moyen manque donc en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 9 du règlement du plan local d'urbanisme :

36. Aux termes de l'article UG 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sur l'ensemble du terrain, l'emprise au sol ne doit pas excéder 25% de la superficie du terrain ".

37. En premier lieu, si les requérants font valoir que le calcul de l'emprise au sol des constructions serait erroné en tant qu'il serait contredit par le plan de masse et ne prendrait pas en compte la piscine, il ne ressort pas des pièces du dossier que le plan de masse contredirait ce chiffrage eu égard au fait qu'il peut également inclure des parties de construction non prises en compte dans le calcul de l'emprise au sol, ni que le projet inclurait la construction d'une piscine extérieure.

38. En deuxième lieu, en dehors des cas de fraude, le pétitionnaire jouit de la liberté de constitution de l'unité foncière qui est un ilot de propriété d'un seul tenant, composé d'une parcelle ou d'un ensemble de parcelles appartenant à un même propriétaire ou à la même indivision. Si les requérants font valoir que l'unité foncière aurait été constituée de manière frauduleuse en adjoignant à la parcelle AC 07, sur laquelle sont implantées les constructions, la parcelle AC 440 qui en est séparée par une clôture et qui serait affectée à la circulation publique, il ressort toutefois des pièces du dossier que, à supposer que la parcelle AC 440 soit exclue de l'unité foncière, le projet resterait conforme au plan local d'urbanisme, dès lors que le projet réduit l'emprise au sol de la parcelle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le projet de l'article UG 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme :

39. Aux termes de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages naturels ou urbains. / Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions à édifier ou à modifier, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Le cahier de prescriptions architecturales établi pour la commune de Vaucresson doit être pris en compte ". Par ailleurs, aux termes de l'article de l'article L.442-9 du code de l'urbanisme : " Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ".

40. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme, au caractère des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article.

41. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe au sein de la Division Théry, site inscrit et zone pavillonnaire arborée composée de maisons en cœur de parcelle dont le gabarit varie entre le R+1+ combles et le R+2+ combles. Ces constructions présentent des toitures à pentes recouvertes de tuiles canal, et les façades sont généralement revêtues d'un enduit de couleur claire, constituant un ensemble paysagé et architectural remarquable qui est préservé.

42. D'autre part, le projet en litige prévoit une rénovation des bâtiments existants préservant leurs caractéristiques architecturales, notamment le gabarit des constructions, l'enduit blanc-gris à la chaux, les toitures et leur revêtement ainsi que les pierres meulières. Par ailleurs, si le projet prévoit la rénovation de deux bâtiments implantés, pour l'un sur une limite séparative et, pour l'autre, à l'alignement, ce dernier comportant des vues sur la voie publique, des constructions similaires existent d'ores et déjà à proximité immédiate du projet, notamment au 31 avenue de Clos Toutain. Par suite, le projet de construction n'est pas de nature à porter une atteinte à l'intérêt ou au caractère du site et des lieux avoisinants au sens de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme qui, par suite, n'a pas été méconnu.

43. En outre, le cahier des charges du lotissement de la Division Théry approuvé en 1870, était nécessairement devenu caduc à la date de l'arrêté contesté, conformément aux dispositions de l'article L 442-9 du code de l'urbanisme dès lors que la commune de Vaucresson était, à cette date, couverte par un plan local d'urbanisme depuis plus de dix ans.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 13 du règlement du plan local d'urbanisme :

44. Aux termes de l'article UG 13 du règlement du plan local d'urbanisme : " Toute construction à édifier au-dessus du sol et/ou en sous-sol doit assurer la préservation durable des spécimens de qualité, identifiés comme élément de paysage et mettre en valeur les arbres remarquables repérés au document graphique. / Dans le périmètre des arbres, il est interdit de réduire la perméabilité du sol. / Pleine terre : / Doit être traité en pleine terre 65% de l'unité foncière ".

45. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'unité foncière assiette du projet ne comprend aucun arbre remarquable identifié au document graphique du règlement du plan local d'urbanisme.

46. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, comme il a été dit au point 37, le projet autorisé par l'arrêté contesté ne comprend pas de piscine extérieure. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à contester le chiffrage des surfaces de pleine terre sur ce fondement. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions susmentionnées doit être écarté.

En ce qui concerne la conformité du permis de construire à l'article UG 14 du règlement du plan local d'urbanisme :

47. Aux termes de l'article UG 14 du règlement du plan local d'urbanisme : " La surface de plancher maximum est limitée à 25% de la superficie de l'unité foncière ".

48. Les dispositions de l'article 157 de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové fixant le champ réglementaire des règlements des plans locaux d'urbanisme ne permettent plus à ces documents d'imposer un coefficient d'occupation des sols. Il en résulte que, depuis l'entrée en vigueur de cette loi, ces règles sont devenues inopposables aux demandes de permis de construire. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet litigieux méconnaîtrait les dispositions de l'article UG 14 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de justice administrative :

49. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

50. Le vice relevé au point 20 est susceptible d'être régularisé sans que cela implique d'apporter au projet en cause un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu, dans ces conditions, d'annuler l'arrêté du 23 juin 2022, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 11 août 2022, en tant seulement qu'ils méconnaissent les dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

51. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme A, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune et le pétitionnaire demandent au titre des frais d'instance. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Vaucresson une somme de 1 000 euros au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté PC 092 076 22 C0010 du 23 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Vaucresson a accordé à Mme B un permis de construire tel que modifié par le permis de construire modificatif délivré par l'arrêté PC 092 076 22 C0010 M.01 du 16 mai 2023, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 11 août 2022, sont annulés en tant seulement qu'ils méconnaissent les dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.

Article 2 : La commune de Vaucresson versera une somme de 1 000 euros à M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Vaucresson au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme D A, à la commune de Vaucresson et à Mme E B.

Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nanterre, en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président ;

Mme L'Hermine, première conseillère ;

M. Ausseil, conseiller ;

assistés de Mme Pradeau, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.

Le rapporteur,

signé

M. Ausseil

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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