vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2217079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | PELLETIER |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n°1610326 rendu le 23 juin 2017, ce Tribunal a annulé les décisions de la commission de médiation des Hauts-de-Seine des 15 juin et 14 septembre 2016 refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, a enjoint à la commission de médiation des Hauts-de-Seine de réexaminer la demande de la requérante dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et à mis à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 750 euros au profit de Me pelletier, conseil de Mme C A sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve pour cette dernière de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Par une lettre en date du 29 septembre 2020, enregistrée le même jour, Me Pelletier a informé le Tribunal des difficultés qu'elle rencontrait pour obtenir l'exécution de ce jugement en tant qu'il porte sur son article 3 relatif au versement de la somme de 750 euros à son profit au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par décision du 29 novembre 2020, le président de ce tribunal a classé sans suite la demande d'exécution.
Par courrier du 22 décembre 2021, Me Pelletier a contesté cette décision.
Par courrier des 3 janvier et 21 juillet 2022, le président du tribunal a saisi le préfet des Hauts-de-Seine portant rappels d'exécution de jugement mentionnant que toute condamnation d'une somme d'argent est productive d'intérêts à compter du prononcé du jugement.
Le président du Tribunal a, par une ordonnance en date du 14 novembre 2022, ouvert, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de ce jugement.
Par un mémoire enregistré le 29 avril 2029, Me Pelletier a informé le tribunal de ce que le préfet lui avait versé la somme de 750 euros correspondant à la condamnation par le jugement du 23 juin 2017, sans les intérêts de retard.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le jugement n° 1610326 du 23 juin 2017 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme B,
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ". Aux termes de l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables. " Art. 1er. - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. / Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par la loi organique n°2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification. / A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement () ".
Sur la somme au principal :
2. Il résulte de ces dispositions législatives qu'il appartient au requérant, en l'absence d'ordonnancement de la somme d'argent qu'une personne publique a été condamnée à lui verser par une décision passée en force de chose jugée, constatée à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la date de la notification de la décision de justice, de saisir le comptable assignataire de la dépense afin qu'il procède au paiement de cette somme. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
3. Par le jugement n° 1906822 susvisé ce tribunal a mis à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 750 euros sur le fondement de l'article au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Me Pelletier, conseil de la requérante fait valoir dans le dernier état de ses écritures que le préfet lui a verser cette somme sans les intérêts de retard. Le jugement est à ce titre pleinement exécuté. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au versement de la somme au principal de 750 euros.
Sur les intérêts de retard :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article 1153-1 du code civil : " En toute matière, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal même en l'absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. Sauf disposition contraire de la loi, ces intérêts courent à compter du prononcé du jugement à moins que le juge n'en décide autrement ". Aux termes de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier : " En cas de condamnation pécuniaire par décision de justice, le taux de l'intérêt légal est majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire () ".
5. La somme de 750 euros était productive d'intérêts au taux légal puis au taux majoré, dans les conditions fixées par les articles précités 1153-1 du code civil et L. 313-3 du code monétaire et financier à compter du jugement du tribunal administratif de céans, alors même que celui-ci ne l'avait pas prévu explicitement.
6. Me Pelletier fait valoir, sans être contredite, l'administration n'ayant pas défendu, qu'à la date du présent jugement, les intérêts de retard ne lui ont pas été versés. Le préfet des Hauts -de-Seine n'a donc pas pris les mesures propres à assurer la pleine exécution du jugement du 23 juin 2017. Il y a lieu, dès lors, en application des dispositions précitées d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au versement des intérêts au taux légal sur la somme de 750 euros à compter du 23 juin 2017, jour du prononcé du jugement, jusqu'au jour du mandatement de la somme de 750 euros. En l'absence de toute précision sur le montant de la somme en résultant, Me Pelletier est renvoyée devant l'administration pour liquidation de la somme ainsi due.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au versement de la somme au principal de 750 euros en exécution du jugement du 23 juin 2017 susvisé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de verser à Me Pelletier, avocat de Mme C A, les intérêts au taux légal sur la somme de 750 euros à compter du 23 juin 2017, jour du prononcé du jugement, jusqu'au jour du mandatement par l'administration de la somme de 750 euros.
Article 3 : Me Pelletier est renvoyée devant le préfet des Hauts-de-Seine pour liquidation de la somme due au titre des intérêts de retard telle que définie à l'article 2 du présent jugement.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Me Pelletier avocat de Mme C A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024
La magistrate désignée
Signé
H. B
La greffière
signé
E. PRADEL
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026