jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2217212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022 et un mémoire, enregistré le 17 janvier 2023, M. et Mme D et A B, représenté par SCP Lonqueue- Sagalovitsch - Eglie-Richters agissant par Me Lubac, demandent au tribunal :
1°) d'enjoindre à la commune de Parmain et au syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam
- de prendre les mesures nécessaires pour éviter les déversements d'effluents domestiques et d'effluents d'autres natures non pluviales venant des fonds situés en amont immédiat de la parcelle AM n°203 :
o pour ce qui est des habitations par :
* la création d'un raccordement de toutes canalisations d'effluents domestiques et autre que pluviales des propriétés (habitations et annexes) a réseau d'assainissement communale ;
* la création de séparateur d'hydrocarbures sur les rejets d'eaux de ruissèlement de zones de stationnement de véhicules ;
o pour ce qui est des rejets de la voirie : par la création d'une collecte des eaux de ruissellement de la voirie de la rue Boulonville et le traitement des hydrocarbures par séparateur d'hydrocarbures avant rejet au milieu naturel ;
- d'assurer le contrôle des raccordements effectifs, corrects et dans les réseaux ad hoc (distinguant le réseau d'eaux usées des rejets d'eaux pluviales après traitement), l'absence de puisard, avec un dimensionnement et des pentes correctes ;
- de contrôler l'état et des raccordements sur le réseau d'assainissement initialement ;
- de vérifier :
o chez les particuliers, la persistance de raccordements conformes et d'entretien des équipements ;
o l'intégrité des raccordements sur le réseau d'assainissement, de l'entretien, le curage annuel ou selon l'état d'engorgement des ouvrages de séparateurs d'hydrocarbures ;
2°) condamner solidairement la commune de Parmain et le syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam au paiement de la somme totale de 10 895, 48 euros au titre des frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Parmain et du syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam une somme de 2500 euros par requérant, au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la mesure demandée est urgente et utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023 le syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam (SIAPIA) représenté par la SELARL Altitex avocats agissant par Me Ribeiro conclut au rejet de la requête et demande :
2°) condamner solidairement les requérants à verser au SIAPIA une somme de 3983,03 euros au titre des frais d'investigation menées durant les opérations d'expertise ;
3°) mettre à la charge solidaire des requérants et de la commune de Parmain la somme de 5000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) à titre subsidiaire d'ordonner un complément d'expertise ;
Il fait valoir que :
- il n'a de compétence qu'en matière d'assainissement et non sur les eaux pluviales ni les eaux de sources ; sa compétence ne saurait donc être retenue ; la requête est ainsi mal dirigée en tant qu'elle le concerne
- la demande des requérants se heurte à des contestations sérieuses ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023 la commune de Parmain représentée par Me Richer conclut au rejet de la requête et demande soit mise à la charge des requérants la somme de 3000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 18 janvier 2023 à 9h00.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés
- et les observations de Me Boudoyen, représentant M. et Mme D et A B, et G représentant la commune de Parmain et de Me Silva Garcia représentant le syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D et A B exposent qu'ils sont respectivement propriétaires et usufruitière de deux parcelles marécageuses n° AM 202 et n°AM 203 au lieudit " sur l'Etang " rue de Boulonville sur le territoire de la commune de Parmain, qui reçoivent des écoulements d'eau issues de canalisations enfouies passant sous la route de Boulonville et provenant de parcelles en amont. Il en résulte, selon eux, une pollution et un trouble dans leur condition de jouissance de leur propriété. Ils demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune de Parmain et au syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam commune de Parmain (SIAPIA) de prendre diverses mesures qu'ils estiment propres à faire cesser le trouble qu'ils dénoncent
Sur la recevabilité des conclusions à fin de condamnation au paiement des frais d'expertise et d'assistance :
2. Il ne relève pas de l'office du juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative de se prononcer sur des conclusions à fin de condamnation relatives à des frais d'expert. Les conclusions de M. et Mme D et A B sur ce point sont ainsi irrecevables et doivent être rejetées. Il en va de même de conclusions du SIAPIA relatives aux frais d'investigation menées durant les opérations d'expertise qui ne relèvent pas davantage de la compétence de ce juge.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
5. En premier lieu, pour justifier de l'urgence à prescrire les mesures qu'ils demandent M. et Mme D et A B se prévalent d'un constat d'huissier du 27 avril 2015, soit près de huit ans à la date de la présente ordonnance et d'un rapport d'expertise terminé le 10 janvier 2019, soit depuis plus de quatre ans. Ils ne font état d'aucune aggravation de la situation depuis l'établissement de ces deux documents et ne produisent aucun autre élément contemporain sur l'état actuel du site et sur les troubles à la propriété dont ils prévalent.
6. En deuxième lieu, si M. et Mme D et A B font état, pour justifier de la nécessité des mesures qu'ils demandent, d'une pollution de leur terrain, la réalité de celle-ci n'est établie que par le constat d'huissier susmentionné, qui s'est borné à faire état de constatations visuelles sur l'aspect des flaques ou points d'eau qu'il a pu observer sans être en mesure de déterminer la nature d'une éventuelle pollution. Il ressort part ailleurs du rapport d'expertise que celui-ci ne s'est pas prononcé sur l'existence d'une pollution des sols, ce point ayant " été écarté lors de la première réunion d'expertise () les parties demanderesses se focalisant sur les déversements/écoulements de liquides ".
7. En troisième lieu, il n'est pas contesté que le terrain en litige est marécageux et ne peut faire l'objet d'aucune construction. Si M. et Mme D et A B font état d'un projet de d'aménagement en partenariat avec la Ligue de protection des oiseaux, ils reconnaissent que ce projet est abandonné et ne précise pas les raisons de cet abandon. Ils ne précisent pas davantage l'usage qu'ils font de ce terrain ou qu'il lui destine à brève échéance et que les rejets d'effluents qu'ils dénoncent seraient en mesure de contrarier.
8. Dans ces conditions, compte tenu du caractère de l'absence de caractère certain et actuel du trouble de jouissance dont ce prévalent M. et Mme D et A B tout comme l'absence de certitude sur la réalité d'une pollution, la demande des requérants ne répond pas à la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
9. Il en résulte que les conclusions de M. et Mme D et A B formées sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Parmain et du SIAPIA qui ne sont pas les parties perdantes, une somme à ce titre, les conclusions de M. et Mme D et A B en ce sens doivent être rejetées.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme D et A B les sommes demandées par la commune de Parmain et le SIAPIA au titre des frais non compris dans les dépens qu'ils ont exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D et A B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions du syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam à fin de condamnations des requérants au paiement d'une somme de 3983,03 euros au titre des frais d'investigation menées durant les opérations d'expertise sont rejetées.
Article 3 :Les conclusions de commune de Parmain et du syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à M. E D, Mme C D, Mme F B, au syndicat intercommunal d'assainissement de Parmain l'Isle-Adam et à la commune de Parmain.
Fait à Cergy, le 26 janvier 2023.
Le juge des référés,
signé
P. Thierry
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 22172122
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026