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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2300096

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2300096

mercredi 11 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2300096
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantAMSELLEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2023, Mme C B épouse A D, représentée par Me Amsellem, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à la clôture de l'instruction de sa demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les délais anormalement longs dans l'instruction de sa demande portent préjudice à son droit au travail, à la santé et à sa liberté d'aller et venir ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle permet de mettre fin à l'inaction de l'administration qui doit lui délivrer un titre de séjour de plein droit.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante congolaise née le 21 juillet 1998, est entrée en France le 27 août 2021 munie d'un visa long séjour en qualité d'accompagnante " passeport-talent ". Selon ses déclarations, sa demande de titre de séjour n'a été enregistrée auprès du préfet du Val-d'Oise que le 24 juin 2022, en raison de dysfonctionnements rencontrés sur la plateforme ANEF. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de procéder à la clôture de l'instruction de cette demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de voir sa demande de titre de séjour instruite par le préfet du Val-d'Oise, Mme B soutient que les délais anormalement longs dans l'instruction de sa demande portent préjudice à son droit au travail, à la santé et à sa liberté d'aller et venir. Toutefois, Mme B ne produit aucune pièce quant à sa situation personnelle permettant au juge des référés d'apprécier concrètement l'utilité de la mesure. Dans ces conditions, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative, rappelée au point 2, ne peut être regardée comme satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A D.

Fait à Cergy, le 11 janvier 2023.

Le juge des référés,

signé

L. Buisson

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui le concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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