lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2300187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | KERVENNIC MIKAEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 janvier 2023 et 24 mai 2023, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 2 février 2023, M. A B, représenté par Me Kervennic, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 14 septembre 2022 par laquelle le département des Hauts-de-Seine a décidé de confier son accompagnement à Pôle emploi ;
2°) d'ordonner le rétablissement du versement de son revenu de solidarité active ainsi que la régularisation au titre des mois qui lui sont dus ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît la liberté d'entreprendre garantie par l'article 4 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, dès lors qu'elle l'empêche de poursuivre l'activité économique qu'il a développée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il a déjà une activité professionnelle indépendante en qualité de bouquiniste depuis 2007, que cette activité n'est pas une activité de loisir, qu'elle est viable économiquement comme en témoigne le fait qu'il assume l'ensemble des charges fiscales et sociales qui y sont afférentes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la décision, qui est une mesure préparatoire, ne fait pas grief ; dès lors les conclusions d'annulation sont irrecevables ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision du 24 juillet 2023 par laquelle M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 14 septembre 2022, dont M. B demande l'annulation, le département des Hauts-de-Seine a indiqué à l'intéressé que son accompagnement en qualité d'allocataire du revenu de solidarité active (RSA) était confié à Pôle emploi. M. B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 262-27 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active a droit à un accompagnement social et professionnel adapté à ses besoins et organisé par un référent unique () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle ". Aux termes de l'article L. 262-34 de ce code : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active orienté vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail élabore conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi le projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du même code ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
4. En premier lieu, dès lors que la décision attaquée ne remet pas en cause des versements de prestation déjà effectués, il appartient au tribunal de se prononcer directement sur les droits de M. B en sa qualité d'allocataire de revenu de solidarité active, sans avoir à se prononcer sur les vices propres de l'acte attaqué, invoqués par le requérant. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et du défaut de motivation, qui concernent d'éventuels vices propres de la décision attaquée et sont dépourvus d'influence sur les droits réels du bénéficiaire de l'allocation qui sont déterminés par le juge dans le cadre du recours contentieux, doivent être écartés comme inopérants.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction la décision en litige a été prise au motif que l'activité de bouquiniste spécialisé en revente d'anciens catalogues de vente aux enchères de M. B, qu'il exerce depuis 2007, ne permettait pas de lui dégager un salaire et ne pouvait dès lors suffire à son insertion professionnelle, justifiant qu'il lui soit demandé de s'inscrire à Pôle emploi. Pour contester ce motif, le requérant soutient que l'activité de son entreprise est viable, compte tenu de l'ancienneté de cette activité et dès lors qu'il couvre l'ensemble de ses charges de fonctionnement par ses recettes. Toutefois, il résulte du diagnostic de viabilité économique, réalisé à la demande du département des Hauts-de-Seine en 2022, que M. B n'a jamais réussi à se dégager un salaire de son activité, compte tenu de la faiblesse des revenus qu'elle dégage qui permet seulement de couvrir ses frais de fonctionnement. De plus, M. B ne conteste pas être allocataire du RSA sans discontinuer depuis 2009, circonstance qui suffit à elle seule à établir que son activité ne peut être regardée comme une activité de nature à assurer son insertion professionnelle. Dès lors, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le département des Hauts-de-Seine a décidé de son orientation vers Pôle emploi, désormais France Travail, en vue de lui apporter un accompagnement adapté vers l'emploi.
6. En dernier lieu, le requérant conserve la possibilité à tout moment de renoncer au bénéfice du RSA pour se consacrer à son activité de bouquiniste et en assumer, comme entrepreneur, les conséquences économiques. Par conséquent et dès lors qu'il choisit de rester allocataire du RSA, il est tenu à l'égard du département des Hauts-de-Seine à certaines obligations, au nombre desquelles figure la nécessité de mettre en œuvre les moyens adaptés pour s'insérer professionnellement en vue de devenir autonome économiquement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la liberté d'entreprendre, qui n'est pas fondé, ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Kervennic et au département des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocation familiale des Hauts-de Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. Monteagle La greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026