jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301207 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BENKANOUN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 27 janvier 2023, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. B A, enregistrée au greffe de ce tribunal le 23 novembre 2022.
Par cette requête, et par un mémoire enregistré le 4 octobre 2023, M. A, représenté par Me Benkanoun, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la directrice académique des services de l'Education nationale du Val-d'Oise du 16 juin 2022 rejetant sa demande de reconnaissance du caractère imputable au service de sa maladie professionnelle ; ensemble la décision implicite née du silence de l'administration sur son recours gracieux du 26 juillet 2022 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le recteur de l'académie de Versailles a été mis en demeure de présenter des observations par courrier du 7 juin 2023, en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Un mémoire en défense a été produit par le recteur de l'académie de Versailles le 12 décembre 2023, après que la clôture de l'instruction soit intervenue en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative. Il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourragué,
- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est enseignant en lycée professionnel depuis 2003. Il a été affecté en zone d'éducation prioritaire entre 2004 et 2015 au sein de l'académie de Créteil. En 2015, il a été affecté à l'académie de Versailles, et il exerçait en dernier lieu au lycée professionnel d'Ermont. A compter du 25 novembre 2019, il a été placé en congé de longue durée. M. A a demandé que le syndrome anxio-dépressif dont il souffre soit reconnu comme imputable au service. Par une décision du 16 juin 2022, la directrice académique des services de l'Education nationale du Val-d'Oise a rejeté sa demande de reconnaissance du caractère imputable au service de sa maladie professionnelle. Le silence gardé par l'administration sur le recours gracieux formé par M. A le 26 juillet 2022 a fait naître une décision implicite de rejet. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat.".
3. Le syndrome anxio-dépressif réactionnel à l'origine des arrêts de travail prescrits à M. A n'est pas mentionné par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Par suite, pour être reconnu imputable au service, il doit être susceptible d'entraîner un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) d'au moins 25%, et doit présenter un lien direct et essentiel avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'au cours des années 2004 à 2015, M. A a exercé ses fonctions d'enseignants au sein d'établissements relevant des zones d'éducation prioritaires (ZEP), dans des conditions particulièrement difficiles. Il fait valoir qu'il a subi au cours de sa carrière en ZEP des menaces, des insultes, des dégradations de son véhicule personnel, et qu'il a été confronté à un milieu violent et à des élèves particulièrement indisciplinés. Il soutient enfin avoir été peu soutenu et mal accompagné face aux difficultés rencontrées dans l'exercice de ses fonctions, avec un sentiment d'abandon de la part de ses supérieurs hiérarchiques. Il ressort notamment du certificat médical du 20 janvier 2022, rédigé par un expert psychiatre auprès des tribunaux judiciaires, que le symptôme anxio-dépressif majeur du requérant est directement lié aux conditions de travail qu'il a eu à connaître au cours de sa carrière. Le certificat médical rédigé le 3 février 2022 par le responsable de l'unité psychiatrique de l'hôpital Cochin conclut dans le même sens que " compte tenu de la chronologie des évènements et de l'évolution de l'état de M. A, on doit établir un lien entre ses difficultés professionnelles et sa décompensation () Le lien entre ses conditions de travail et sa maladie est direct et essentiel. L'invalidation est importante et l'incapacité permanente prévisible est de 40% ". Un troisième médecin conclut de manière identique le 9 mai 2022. Dans ces conditions, en dépit de l'expertise réalisée le 21 octobre 2021 par un psychiatre agréé à la demande du rectorat, laquelle récuse l'imputabilité au service, le syndrome dépressif dont souffre M. A doit être regardé comme étant en lien direct avec l'exercice de ses fonctions ou avec ses conditions de travail au sein des différents établissements dans lesquels il a exercé ses fonctions. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la survenance ou l'aggravation de la maladie de M. A serait imputable à un fait personnel de celui-ci ou à toute autre circonstance particulière conduisant à détacher sa maladie du service.
5. Il résulte de toute ce qui précède que la décision du 16 juin 2022 rejetant la demande de M. A tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa dépression ainsi que la décision implicite née du silence de l'administration sur son recours gracieux du 26 juillet 2022 doivent être annulées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
6. Le motif d'annulation de ces décisions impliquent nécessairement qu'il soit enjoint au recteur de l'académie de Versailles de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de M. A à compter du 28 janvier 2019 et d'en tirer toutes les conséquences sur sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État au bénéfice de M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision du 16 juin 2022 par laquelle la directrice académique des services de l'Education nationale du Val-d'Oise a refusé de reconnaitre comme imputable au service la maladie de M. A, ensemble la décision du 26 septembre 2022 rejetant son recours gracieux, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Versailles de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de M. A à compter du 28 janvier 2019 et d'en tirer toutes les conséquences sur sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au recteur de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
Le rapporteur,
signé
S. BourraguéLa présidente,
signé
C. BoriesLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301207
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026