lundi 24 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301225 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SAMBA |
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme L'Hermine, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant pakistanais, né le 5 juin 1983, est entré en France en 2007, démuni de tout visa, selon ses déclarations. Le 10 février 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 6 janvier 2023, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui () restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision de refus de délivrance du titre de séjour contestée vise les textes dont le préfet du Val-d'Oise a fait l'application, notamment les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet du Val-d'Oise précise à cet égard que M. A ne peut bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " dès lors que la promesse d'embauche dont il se prévaut n'a pas pu être authentifiée. Il relève également que M. A ne maîtrise pas la langue française en dépit de l'ancienneté de sa présence en France. En conséquence, la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ". Aux termes de l'article R. 432-14 du même code : " Devant la commission du titre de séjour, l'étranger fait valoir les motifs qu'il invoque à l'appui de sa demande d'octroi ou de renouvellement d'un titre de séjour. Un procès-verbal enregistrant ses explications est transmis au préfet avec l'avis motivé de la commission. L'avis de la commission est également communiqué à l'intéressé ".
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A était présent à la réunion de la commission du titre de séjour qui s'est déroulée le vendredi 9 décembre 2022, réunion au cours de laquelle, assisté d'un interprète, il a été entendu. L'avis motivé de la commission en date du 9 décembre 2022 figure sur le procès-verbal établi le même jour, lequel comporte également la signature du requérant. Dans ces conditions, l'absence de notification de cet avis à l'intéressé, à la supposer établie, n'a pu avoir d'influence, en l'espèce, sur le sens de la décision prise par le préfet du Val-d'Oise ni priver le requérant d'une garantie. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A et se serait cru en situation de compétence liée au regard de l'avis de la commission du titre de séjour. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
9. Dans l'hypothèse où il serait fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant des motifs exceptionnels exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger, ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
10. En l'espèce, M. A soutient qu'il vit en France depuis 2007 et qu'il est intégré professionnellement. Toutefois, la seule circonstance qu'il réside en France depuis cette date, à la supposer établie, est insuffisante pour être regardée comme un motif exceptionnel ou une considération humanitaire au sens des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, l'intéressé se prévaut seulement d'une première promesse d'embauche de la société France Elec Star du 20 janvier 2021 en qualité d'électricien, qui n'a, selon le préfet, pas été authentifiée d'une seconde promesse d'embauche de la société Le Concepte du 7 septembre 2022 en qualité d'aide plombier qu'il a remise à la commission du titre de séjour et d'une nouvelle promesse d'embauche de la société France Elec Star en date du 23 février 2023. Toutefois, il n'établit ni même n'allègue avoir effectivement travaillé pour l'une ou l'autre de ces deux sociétés. De plus, M. A, qui est célibataire et sans enfant à charge, n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident sa mère et ses deux frères et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge d'au moins vingt-trois ans. Dans ces conditions, en l'absence de tout élément de nature à établir une éventuelle expérience professionnelle de l'intéressé, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur des faits inexacts en ne tenant pas compte de la promesse d'embauche du 7 septembre 2022, celle-ci ayant été présentée à la commission du titre de séjour, et a entaché son appréciation d'une erreur manifeste au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou au regard de l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Il résulte de ces dispositions que la motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confond avec celle de la décision portant refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de mention spécifique pour respecter les exigences de motivation des actes administratifs.
12. Ainsi qu'il a été dit au point 3, la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
13. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
14. En troisième lieu, si M. A soutient qu'il n'a pas eu communication de l'avis de la commission du titre de séjour avant l'intervention de la décision portant obligation de quitter le territoire français et que le préfet du Val-d'Oise se serait cru lié par l'avis de cette commission pour l'obliger à quitter le territoire français, les dispositions précitées régissent la procédure d'admission exceptionnelle au séjour et non celle relative à l'édiction d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Ainsi, M. A ne peut utilement soutenir que le préfet du Val-d'Oise se serait cru lié par l'avis de cette commission pour prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire et que l'avis de la commission du titre de séjour aurait dû lui être communiqué avant l'édiction de cette décision. Les moyens tirés de l'erreur de droit du préfet du Val-d'Oise et du vice de procédure, inopérants, doivent dès lors être écartés.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
16. M. A soutient qu'il est arrivé en France en 2007, qu'il justifie de deux promesses d'embauche, qu'il maîtrise la langue française et dispose de toutes ses attaches privées et familiales en France. Toutefois, le requérant, par les pièces qu'il produit, ne justifie ni d'une intégration particulière, ni d'attaches personnelles en France ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 10. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise, qui a tenu compte des promesses d'embauche produites par le requérant, ne s'est pas fondé, en faisant obligation de quitter le territoire français à M. A, sur des faits inexacts et n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir qu'il remplirait les conditions pour obtenir de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni que le préfet du Val-d'Oise aurait entaché son appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé d'une erreur manifeste.
17. En cinquième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Ainsi, si M. A fait valoir notamment sa durée de séjour en France, sa maitrise de la langue française et la présence d'attaches privées et familiales sur le territoire français, il ne peut utilement soutenir, à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, qu'il serait susceptible de bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour dont l'attribution résulte de l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 ne peut être qu'écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination, qui vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose également, au cas particulier, que M. A, ressortissant pakistanais, pourra être reconduit d'office, à l'expiration du délai de départ volontaire de trente jours, à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays où il établirait être légalement admissible. Bien que succincte, cette motivation permet ainsi de connaître les motifs de droit et de fait sur lesquels le préfet du Val-d'Oise s'est appuyé pour fixer le pays de destination. Par suite, cette décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 14, M. A ne peut utilement soutenir que le préfet du Val-d'Oise se serait cru lié par l'avis de la commission du titre de séjour pour fixer le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration d'un délai de trente jours et que l'avis de la commission du titre de séjour aurait dû lui être communiqué avant l'édiction de cette décision. Les moyens tirés de l'erreur de droit du préfet du Val-d'Oise et du vice de procédure, inopérants, doivent dès lors être écartés.
20. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
21. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 16, le moyen d'erreur de fait ne peut qu'être écarté.
22. En cinquième lieu, si M. A soutient que la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit à l'expiration d'un délai de trente jours méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces moyens ne peuvent qu'être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 16 et 17.
23. En sixième lieu, M. A n'invoque aucun argument distinct de ceux énoncés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, à l'appui des moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de destination, aurait été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Dans ces conditions, ces moyens doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 16 et 17 du présent jugement.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
24. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
25. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
26. En premier lieu, la décision en litige vise les textes qui la fondent, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique les éléments de la situation personnelle de l'intéressé qui ont été pris en considération, notamment, sa durée de présence en France, la circonstance qu'il est célibataire, sans charge de famille, ne dispose pas de fortes attaches en France et qu'il a déjà fait l'objet de deux décisions portant obligation de quitter le territoire français des 9 juillet 2014 et 1er août 2018. Il est mentionné que la décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Cette motivation atteste de la prise en compte par le préfet de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
27. En deuxième lieu, M. A soutient que le préfet du Val-d'Oise aurait commis une erreur d'appréciation en lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans dès lors qu'il n'a plus d'attaches dans son pays d'origine et qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public. Toutefois, dès lors qu'il a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement les 9 juillet 2014 et 1er août 2018 et en l'absence d'attaches familiales d'une particulière intensité en France alors que sa mère et ses deux frère et sœur résident dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur d'appréciation en prenant la décision d'interdiction de retour sur le territoire français contestée.
28. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 16, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
29. En quatrième lieu, si le requérant excipe de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, il n'invoque par voie d'exception aucun autre moyen que ceux déjà développés, écartés par voie d'action.
Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de celle portant obligation de quitter le territoire français, soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, doit, dès lors, être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 janvier 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions accessoires :
31. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation de la requête, les conclusions de M. A aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente ;
Mme Garona, première conseillère ;
Mme L'Hermine, conseillère ;
assistées de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
M. L'Hermine
La présidente,
signé
E. Coblence La greffière,
signé
M. Galan
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026