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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2301252

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2301252

mercredi 11 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2301252
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMENAGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 janvier et 11 août 2023, Mme D A, représentée par Me Menage, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a obligée à remettre son passeport à l'autorité administrative ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer un certificat de résidence algérien, ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans l'un ou l'autre des cas, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- n'est pas motivée ;

- est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas l'indication lisible de la qualité du signataire de la décision ;

- est entachée d'un vice de procédure ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- méconnait les stipulations du titre III du protocole de l'accord franco-algérien ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation ;

- méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien :

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas l'indication lisible de la qualité du signataire de la décision ;

- est entachée d'un vice de procédure ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;

La décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas l'indication lisible de la qualité du signataire de la décision ;

- est entachée d'un vice de procédure ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- méconnait les stipulations du titre III du protocole de l'accord franco-algérien ;

- méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;

La décision portant obligation de remise de passeport :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est disproportionnée ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 avril 2023.

Vu :

- les décisions attaquées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Garona, première conseillère,

- et les observations de Me Bert Lazli, pour Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A, ressortissante algérienne, née le 22 mars 1993, déclare être entrée en France le 17 juillet 2018, sous couvert d'un visa Schengen délivré par l'Espagne, valable 9 juillet au 7 août 2018. Le 23 juin 2022, elle a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant ", sur le fondement du titre III du protocole de l'accord franco-algérien. Par l'arrêté attaqué du 27 décembre 2022, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a obligée à remettre son passeport à l'autorité administrative.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par M. C B, directeur des migrations et de l'intégration, lequel avait reçu délégation du préfet du Val-d'Oise, par un arrêté n° 22-181 du 30 novembre 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'État du département du Val-d'Oise. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Si l'arrêté attaqué ne comporte pas l'indication complète de la qualité du signataire, ses nom et prénom ainsi que sa signature y figurent clairement, permettant de l'identifier par ces seules mentions. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. En troisième lieu, le moyen tiré du vice de procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle de Mme A n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux.

6. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

Sur les autres moyens soulevés contre la décision portant refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, la décision attaquée vise le titre III du protocole de l'accord franco-algérien, rappelle la situation administrative et personnelle de Mme A et mentionne que la requérante ne justifie pas de la production du visa de long séjour mentionné à l'article 9 de l'accord franco-algérien et qu'en conséquence, elle ne remplit pas les conditions prévues pour l'obtention d'un certificat de résidence " étudiant ". Par suite, la décision portant refus de titre de séjour comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée.

8. En deuxième lieu, aux termes du titre III du protocole de l'accord franco-algérien : " Établissement des étudiants, stagiaires, fonctionnaires et agents des organismes algériens, des travailleurs saisonniers, des malades / Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire " / () ". Aux termes de l'article 9 de l'accord franco-algérien : " () / Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, () et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent ".

9. Il ressort des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas contesté que Mme A ne disposait pas d'un visa de long séjour lors de son entrée sur le territoire français. De plus, la circonstance, à la supposer établie que Mme A dispose de moyens d'existence suffisants est sans incidence. Dès lors, le préfet a pu légalement, pour le seul motif tiré de l'absence de visa de long séjour, refuser la délivrance du titre de séjour " étudiant " sollicité. Le moyen tiré de la méconnaissance du titre III du protocole de l'accord franco-algérien ne peut dès lors qu'être écarté.

10. En troisième lieu, si la requérante soutient qu'elle est entrée régulièrement en France, qu'elle poursuit des études supérieures sur le territoire national depuis plus de quatre années avec assiduité et sérieux et possède sur le territoire national de nombreuses attaches notamment ses oncles et sa sœur, ces seules circonstances ne sont toutefois pas de nature à caractériser une erreur manifeste d'appréciation du préfet dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".

12. D'une part, si la requérante se prévaut de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, alors qu'elle n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement, il ressort de la décision attaquée que le préfet du Val-d'Oise a examiné sa demande de titre de séjour sur un tel fondement. Dès lors, elle peut utilement se prévaloir de leur méconnaissance.

13. D'autre part, si la requérante se prévaut de son entrée régulière sur le territoire national, de sa présence en France depuis le mois de juillet 2018, de son cursus universitaire et de l'existence d'attaches familiales, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle réside sur le territoire français de manière irrégulière depuis l'expiration de son visa de court séjour, le 8 août 2018. De plus, la requérante, célibataire et sans enfant, n'établit ni même n'allègue être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, l'Algérie, dans lequel elle a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans et où résident encore, à tout le moins, ses deux parents ainsi qu'une partie de sa fratrie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien doit être écarté.

14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle, doivent être écartés.

Sur les autres moyens soulevés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour (). ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Par l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise, qui a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A, a suffisamment motivé cette décision, ainsi qu'il a été dit au point 7. En vertu des dispositions précitées, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit dès lors être écarté.

16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, il n'y a pas lieu d'annuler par voie de conséquence la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

18. En dernier lieu, si Mme A soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français a pour conséquence d'interrompre inévitablement ses études, elle n'établit ni même n'allègue qu'elle ne pourrait les poursuivre dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et compte tenu de ce qui a été dit au point 13, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle doit être écarté.

Sur les autres moyens invoqués contre la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que la décision ne contrevient pas à ces stipulations. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.

20. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, il n'y a pas lieu d'annuler par voie de conséquence la décision fixant le pays de destination.

21. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations du titre III du protocole de l'accord franco-algérien et des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ne peuvent être utilement invoqués contre la décision fixant le pays de destination, laquelle n'a ni pour objet ni pour effet de refuser à l'intéressée la délivrance d'un titre de séjour et dès lors que ces dispositions n'ont vocation à régir que le droit au séjour des étrangers qui en remplissent les conditions. Il en va de même pour les mêmes motifs du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation.

22. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

23. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle doit être écarté.

Sur les autres moyens invoqués contre la décision portant obligation de remise du passeport :

24. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article R. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne l'octroi à Mme A, d'un délai de départ volontaire de trente jours. Elle comporte ainsi les considérations de fait et droit, qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.

25. En deuxième lieu, Mme A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision l'obligeant à remettre son passeport.

26. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ". Aux termes de l'article R. 721-7 du même code : " Lorsque l'autorité administrative prescrit à l'étranger la remise de son passeport ou de tout document d'identité ou de voyage en sa possession, en application de l'article L. 721-8, elle lui remet en échange un récépissé valant justification d'identité. () ".

27. Au regard du pouvoir d'appréciation dont dispose l'autorité administrative, aux termes de la loi, pour apprécier la nécessité d'imposer une obligation de remise de passeport sur le fondement des dispositions citées au point précédent, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste tant dans sa décision de recourir à cette mesure que dans le choix des modalités de celle-ci.

28. Mme A ne se prévaut d'aucune sujétion ou difficulté particulière l'empêchant de se conformer à l'obligation qui lui a été faite de remettre son passeport afin de justifier de sa diligence dans la préparation de son départ. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la mesure l'obligeant à remettre son passeport, prise en vue d'assurer l'exécution de la mesure d'éloignement édictée à son encontre, est manifestement disproportionnée, ni entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 décembre 2022 doivent être rejetées et, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président,

Mme Garona, première conseillère,

Mme L'Hermine, conseillère,

Assistés par Mme Pradeau, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

E. Garona

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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