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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2301521

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2301521

lundi 25 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2301521
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPole Social (JU)
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 22 février 2023, Mme B A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a confirmé, après le recours préalable qu'elle a formé le 23 mai 2022, qu'elle ne pouvait plus bénéficier d'une aide personnalisée au logement (APL) ;

3°) d'enjoindre à la CAF du Val-d'Oise de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la CAF du Val-d'Oise la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que la décision procède à une inexacte applications des dispositions des articles R. 824-23 et R. 824-26 du code de la construction et de l'habitation, dès lors qu'elle est propriétaire de sa résidence principale pour laquelle elle rembourse un prêt immobilier et qu'elle est situation de surendettement depuis le 13 juillet 2021, ce qui la rend éligible au maintien du versement des APL.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2023, la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- la décision du 24 avril 2023 par laquelle Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par laquelle le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 septembre 2021, Mme A, propriétaire de son logement acheté avec un crédit immobilier, a sollicité auprès de la CAF du Val-d'Oise, le versement d'une aide personnalisée au logement (APL) en se prévalant de ce que la Banque de France avait jugé recevable sa situation de surendettement. Par une décision du 23 mars 2022, la CAF a refusé de faire droit à cette demande. Après que Mme A a formé un recours administratif préalable le 23 mai 2022 contre cette décision, la CAF du Val-d'Oise a rejeté ce recours par une décision du 21 juillet 2022 qui doit être regardée comme la décision attaquée.

Sur les conclusions d'annulation :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

3. Aux termes de l'article L. 831-1 du code de la sécurité sociale: " Une allocation de logement est versée aux personnes de nationalité française mentionnées à l'article L. 831-2 en vue de réduire à un niveau compatible avec leurs ressources la charge de loyer afférente au logement qu'elles occupent à titre de résidence principale en France métropolitaine () ". Aux termes de l'article R. 832-5 du code de la construction et de l'habitation : " L'aide personnalisée au logement est accordée au propriétaire qui est titulaire et supporte les charges correspondantes d'un : 1° Prêt aidé par l'Etat pour la construction, l'acquisition et l'amélioration des logements en accession à la propriété défini à l'article D. 331-32 ; 2° Prêt conventionné défini à l'article D. 331-63, dans les conditions précisées par l'article D. 331-64 ". Aux termes de l'article R.351-2 du code de la construction et de l'habitation : " L'aide personnalisée est accordée au propriétaire qui est titulaire de l'un des prêts définis par les articles R. 331-32 et suivants et qui supporte les charges afférentes à ce prêt () ". Aux termes de l'article R. 824-23 du même code : " Lorsqu'une procédure de surendettement a été engagée devant la commission prévue à l'article L. 712-1 du code de la consommation, préalablement ou parallèlement à l'engagement des procédures prévues aux sous-sections 1 à 4 et à la sous-section 6 de la présente section, le versement de l'aide personnelle au logement est maintenu pendant le délai prévu à l'article R. 721-4 du code de la consommation pour décider de l'orientation du dossier de surendettement ". Aux termes de l'article R. 824-26 : " A réception des plans, mesures ou jugements mettant fin à la procédure, l'organisme payeur maintient le versement de l'aide personnelle au logement, sous réserve de la reprise du paiement du loyer et du respect des conditions prévues par la commission de surendettement, par le plan conventionnel ou par le jugement ".

4. D'une part, il résulte de l'instruction et n'est pas sérieusement contesté par Mme A, qui est propriétaire avec son époux, de sa résidence principale, qu'elle ne bénéficiait plus d'aucune aide au logement depuis 2012, soit depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Dès lors, elle n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article R. 824-23, d'un quelconque droit au maintien d'une allocation dont elle n'était pas bénéficiaire.

5. D'autre part et en tout état de cause, la seule circonstance que Mme A soit surendettée n'ouvre pas droit par elle-même au versement des APL, alors qu'elle n'établit, ni n'allègue supporter effectivement une charge de logement pour sa résidence principale, en l'espèce le remboursement de son crédit immobilier, et que la procédure de surendettement, jugée recevable le 13 juillet 2021 par la Banque de France, a suspendu pour vingt-quatre mois le remboursement de son crédit immobilier.

6. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée ayant refusé à Mme A le bénéfice des APL n'est entachée d'aucune erreur de droit, ni d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

8. Le présent jugement rejetant l'ensemble des conclusions présentées par Mme A, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne pourront par voie de conséquence qu'être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Desfarges et à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.

La magistrate désignée,

signé

M. MonteagleLa greffière,

signé

C. Mas

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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