Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2301549
mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 février 2023, Mme C F D, représentée par sa représentante légale, Mme B E A, et ayant pour avocate Me Fauveau Ivanovic, demande au Tribunal :
1°) de l'admette, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite portant rejet de sa demande tendant à se voir accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, née du silence gardé sur cette demande, présentée par une lettre de son conseil en date du 28 novembre 2022, par la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration à Montrouge ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre principal, de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser rétroactivement l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 8 avril 2022, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation personnelle et ses droits.
5°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros qui sera payée à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
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Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Par des lettres en date du 15 avril 2024, le président de la formation de jugement a informé les parties, conformément à l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation de la requête, qui doivent être regardées comme dirigées contre la décision en date du 11 avril 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge a refusé d'accorder à Mme D le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, faute pour la requérante d'avoir formé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 16 avril 2024, Mme D, représentée par sa représentante légale, Mme B E A, et ayant pour avocate Me Fauveau Ivanovic, a répondu au moyen d'ordre public et déclaré maintenir les conclusions de sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide de l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Kelfani, président, a été entendu, au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante nigériane née à Paris le 16 mars 2021, représentée par sa mère et compatriote, Mme A, a présenté à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration à Montrouge, par une lettre de son conseil en date du 28 novembre 2022, reçue par sa destinataire le 30 novembre 2022, une demande tendant à se voir accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. La requête enregistrée sous le n° 2301549 tend à l'annulation de la décision implicite de rejet de cette demande née du silence gardé sur celle-ci par la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge. Il ressort, toutefois, des pièces jointes au mémoire en défense que, par une décision en date du 11 avril 2023, la même autorité a refusé d'accorder à Mme D le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au visa de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et au motif que sa demande était tardive. Mme D doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. /Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. /Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. À défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée. ".
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D aurait formé devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions réglementaires précitées, avant de déposer la requête enregistrée sous le n° 2301549.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme D sont manifestement irrecevables et que leur irrecevabilité n'est pas susceptible d'être couverte en cours d'instance. Elles ne peuvent, par suite, qu'être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que toutes les autres conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2301549.
5. Enfin, aux termes du II. de l'article 51 du décret du 28 décembre 2020 : " Sans préjudice de l'application des dispositions relatives à l'admission provisoire, la juridiction avisée du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle sursoit à statuer dans l'attente de la décision relative à cette demande. / Il en est de même lorsqu'elle est saisie d'une telle demande, qu'elle transmet sans délai au bureau d'aide juridictionnelle compétent. / Les dispositions des alinéas précédents ne sont pas applicables en cas d'irrecevabilité manifeste de l'action du demandeur, insusceptible d'être couverte en cours d'instance. ". Il résulte de ce qui a été dit au point 4 qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par Mme D.
D É C I D E :
Article 1er : Mme D n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, représentée par Mme B E A, et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024 à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
K. KELFANI
La conseillère,
signé
M. LOUAZELLa greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.