vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301589 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP SARTORIO LONQUEUE SAGALOVITSCH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 février 2023, le 22 juin 2023 et le 22 août 2023, M. A C et Mme D C, représentés par Me de Cosnac, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle la commune d'Issy-les-Moulineaux à délivré à la SCCV Villa Coutures un permis de démolir les constructions situées sur la parcelle cadastrée S 105 sise 9 rue Roger Salengro à Issy-les-Moulineaux, ensemble la décision du 7 décembre 2022 ayant rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- la SCCV Villa Coutures n'avait pas qualité pour déposer la demande de permis de démolir dès lors qu'elle n'est pas propriétaire du terrain objet du permis de démolir en litige et qu'elle n'a jamais justifié bénéficier d'une autorisation des actuels propriétaires pour déposer un permis de démolir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2023, la commune d'Issy-les-Moulineaux, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé par M. et Mme C n'est pas fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 février et 19 juillet 2023, la SCCV Villa Coutures, représentée par Me Gras, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, les requérants étant dépourvus d'un intérêt à agir ;
- le moyen soulevé par M. et Mme C n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chaufaux,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- et les observations de Me Santangelo, substituant Me Rivoire, représentant la commune d'Issy-les-Moulineaux, et de Me Gras, représentant la SCCV Villa Coutures.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile de construction vente (SCCV) Villa Coutures a déposé le 28 décembre 2021 une demande de permis de démolir portant sur la démolition totale des constructions situées sur la parcelle cadastrée S 105 sise 9 rue Roger Salengro à Issy-les-Moulineaux. En l'absence de réponse du maire d'Issy-les-Moulineaux, la SCCV Villa Coutures est devenue titulaire d'un permis de démolir tacite le 28 février 2022. M. A C et Mme D C ont formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, recours implicitement rejeté par le maire d'Issy-les-Moulineaux. Par la présente requête, M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler le permis de démolir du 28 février 2022, ensemble la décision implicite du 7 décembre 2022 ayant rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de démolir doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande de permis de démolir vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B, représentant la SCCV Villa Coutures, a attesté, en signant le cadre 6 de la demande de permis de démolir déposée le 28 décembre 2021, remplir les conditions définies à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme précitées. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ce que cette société ne justifie pas disposer d'une autorisation du propriétaire du terrain pour solliciter le permis litigieux. Dès lors, en application des principes énoncés au point précédent, en l'absence de toute fraude invoquée par les requérants, la demande doit être regardée comme ayant été déposée par une personne disposant de la qualité pour ce faire. Par suite, le moyen des requérants doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la SCCV Villa Coutures, que les conclusions tendant à l'annulation des décisions des 28 février 2022 et 7 décembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux et de la SCCV Villa Coutures, qui ne sont pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme C la somme demandée par la commune d'Issy-les-Moulineaux au même titre. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme C une somme de 500 euros au titre des frais exposés par la SCCV Villa Coutures et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Issy-les-Moulineaux présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : M. et Mme C verseront à la SCCV Villa Coutures une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme D C, à la commune d'Issy-les-Moulineaux et à la SCCV Villa Coutures.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La rapporteure,
signé
E. Chaufaux
La présidente,
signé
S. EdertLe greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026