Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2301937

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2301937
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantKEUFAK TAMEZE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B C, ressortissant géorgien, qui contestait la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 26 janvier 2023 mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée au regard de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que le requérant n'avait pas apporté de preuves de sa vulnérabilité particulière. Les moyens tirés d'une atteinte au droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation ont été écartés. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et d'astreinte ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 février 2023, M. B C, représenté par Me Tameze, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2023 par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, à titre rétroactif, dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle constitue une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile qui est une liberté fondamentale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur leur situation personnelle, dès lors qu'ils se trouvent dans une situation de grande vulnérabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bertoncini a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant géorgien, né le 26 aout 1976, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 13 octobre 2022 et a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le même jour. Par décision du 26 janvier 2023, la directrice territoriale de Montrouge de l'OFII a mis fin a à son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, la décision contestée vise les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. Dès lors, la décision attaquée est suffisamment motivée en droit et en fait alors que l'exigence de motivation n'implique pas qu'elle mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

3. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait une " atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile " n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant en apprécier le bien-fondé.

4. En dernier lieu, si le requérant, parent d'un enfant en bas âge, soutient qu'il vit dans la rue dépourvu de ressources, il n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de ses allégations, ni d'éléments susceptible de démontrer que son foyer se trouve dans une situation de vulnérabilité particulière. Ainsi, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation, que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu mettre fin aux conditions matérielles d'accueil des intéressés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C à fin d'annulation de la décision refusant de rétablir les conditions matérielles d'accueil à son bénéfice doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Tameze et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saih, premier conseiller,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Signé

Z. Saïh

La greffière,

Signé

N. Magen

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.