mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MONCONDUIT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 février et 12 septembre 2023, Mme C Née A, M. D A et Mme B F, représentés par Me Bourhis, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°)d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le maire de la commune de Mériel a fait opposition à leur déclaration préalable de division foncière d'un terrain situé 52 rue de l'Abbaye du Val dans la commune ;
2°)de mettre à la charge de la commune de Mériel une somme globale de 2 000 euros par application de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
Ils soutiennent que :
-le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal, dès lors que leur propriété dispose d'un portail sur la voie publique et qu'ils disposent en tant que riverains, d'un droit de libre accès à cette voie ;
-le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est illégal, dès lors que le projet de division de leur terrain en vue d'y bâtir une maison d'habitation n'est pas de nature à porter atteinte aux lieux avoisinants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2023, la commune de Mériel, représentée par Me Monconduit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Elle soutient que :
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé ;
- le motif tiré que ce que la création d'un accès sur la voierie ne pourra qu'être refusée dès lors qu'il méconnaitrait le plan Arbres du plan local d'urbanisme et présentera des risques pour la sécurité de la circulation routière peut être substitué aux autres motifs de la décision.
Par ordonnance du 28 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Baude, rapporteur,
-les conclusions de M. Louvel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1.Les requérants sont propriétaires à Mériel d'une parcelle cadastrée AI 104 située 52 rue de l'Abbaye du Val et donnant au sud sur la sente des Carrières. La parcelle AI 104 est d'une superficie totale de 1866 m2 et se situe en zone urbaine (" UB ") du plan de zonage du plan local d'urbanisme. Les requérants ont pour projet de diviser cette parcelle, sur laquelle est édifiée une construction, en deux lots afin de permettre la construction d'une maison individuelle au sud. Le 17 novembre 2022 les requérants ont déposé auprès du maire de Mériel une déclaration préalable en vue de la division de la parcelle AI 104. Par arrêté du 15 décembre 2022, le maire de Mériel s'est opposé à la déclaration préalable de division parcellaire. Les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2.Aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mériel : " Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées, dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles à édifier, notamment en ce qui concerne la commodité, la sécurité de la circulation et des accès, ainsi que les moyens d'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie. ACCÈS. Pour être constructible, tout terrain doit présenter un accès sur une voie publique ou privée présentant les caractéristiques suivantes : Une largeur et une hauteur minimum de 3,50 m. Les accès doivent être adaptés au type d'occupation ou d'utilisation du sol envisagés et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique. Toutes dispositions assurant la sécurité des usagers des voies publiques et celle des personnes utilisant les accès créés doivent être prises pour le débouché des véhicules sur la voie publique ou privée (visibilité, position, configuration, et pente) ".
3.Il ressort des pièces du dossier que la propriété des requérants jouxte, au sud du terrain à détacher de l'unité foncière, une dépendance du domaine public à usage d'espace vert communal et que les requérants ne justifiaient pas, à la date de la décision attaquée être autorisés à utiliser le domaine public pour accéder à la voie publique. Ils étaient ainsi dépourvus d'accès à cette voie au sens des dispositions précitées. Par suite le maire de la commune pouvait, comme il l'a fait s'opposer à la déclaration au motif que leur terrain ne présentait pas d'accès carrossé sur la voie publique conforme aux dispositions de l'article UB3 du règlement. La circonstance qu'ils puissent bénéficier d'un tel accès en qualité de riverains de la voie publique, étant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
4.Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
5.Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet de division est situé en zone UB, réservée principalement aux habitations individuelles, correspondant au tissu identitaire de la commune, et s'inscrit dans un environnement pavillonnaire arboré et végétalisé. L'unité foncière à détacher a vocation à accueillir une construction neuve dans une zone de constructibilité, matérialisée dans le plan de division, éloignée de plusieurs mètres de la limite séparative avec l'espace vert public qui le borde au sud. Cette unité foncière est voisine de plusieurs propriétés bâties à l'est et à l'ouest, desservies par la sente des Carrières. Par suite, alors qu'au stade de la déclaration préalable les caractéristiques de la construction envisagée et son implantation exacte n'étaient pas encore connues, le maire ne pouvait regarder le projet comme portant atteinte aux lieux avoisinants au seul motif que cette unité foncière, pourtant constructible, était située face à un espace boisé classé et jouxtait un espace vert de protection des lisières de cet espace. Par suite le moyen tiré de l'illégalité du motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-27 doit être accueilli.
6. Si le maire de la commune de Mériel fait valoir qu'aucun accès à la voie ne pourra être aménagé sur le domaine public compte tenu de la présence d'un arbre à planter devant la parcelle à diviser et qu'un tel accès présenterait des risques pour la sécurité, il ne ressort pas de la décision attaquée qu'elle porterait refus d'autorisation d'occupation du domaine public. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à la substitution de motifs sollicitée.
7.Il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Mériel aurait pris la même décision s'il s'était seulement fondé sur le motif tiré de la méconnaissance de l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Par suite il y a lieu de rejeter les conclusions tendant à l'annulation de la décision du l5 décembre 2022.
Sur les frais liés au litige :
8.Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Mériel, qui n'est pas la partie perdante, la somme que les requérants réclament sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants les sommes que la commune de Mériel demande au même titre.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de Mme C et autres est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par la commune de Mériel au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme E C Née A et à la commune de Mériel.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
M. Baude, premier conseiller,
Mme Chaufaux, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
F. -E. BaudeLa présidente,
signé
S. Edert
Le greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026