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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2302344

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2302344

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2302344
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBULAJIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 février 2023, le 24 mai 2024 et le 5 juin 2024, M. B A, représenté par Me Bulajic, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, ou de réexaminer sa situation et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de trente jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure, dès lors que le préfet n'établit que la composition de la commission du titre de séjour, qui a émis un avis défavorable le 20 janvier 2023, aurait été régulière ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bories ;

- et les observations de Me Bulajic, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant pakistanais né le 22 janvier 1985, déclare être entré en France le 1er mai 2010. Le 29 janvier 2021, il a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 10 février 2023, le préfet du Val-d'Oise a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La commission du titre de séjour est composée : 1° D'un maire ou de son suppléant désignés par le président de l'association des maires du département ou, lorsqu'il y a plusieurs associations de maires dans le département, par le préfet en concertation avec celles-ci () ; / 2° De deux personnalités qualifiées désignées par le préfet (). / Le président de la commission du titre de séjour est désigné, parmi ses membres, par le préfet () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la commission du titre de séjour était composée, conformément à l'arrêté préfectoral n° 2022-003 du 29 août 2022 portant nomination de ses membres, de M. D E, désigné par le président de l'union des maires du Val-d'Oise, empêché et ayant donné procuration à Mme I, personnalité qualifiée désignée présidente de la commission, et d'une seconde personnalité qualifiée, M. G C, capitaine de police, ainsi que de M. F H, adjoint au chef de bureau du séjour à la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise. Par suite, le moyen tiré de la composition irrégulière de cette commission doit être écarté, sans que le requérant puisse utilement se prévaloir de l'absence au dossier de la procuration établie par M. E.

4. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

5. M. A se prévaut de sa présence en France depuis 2010 et de son intégration sociale et professionnelle qui serait induite, selon lui, par cette durée de présence. Les pièces qu'il produit pour en justifier, consistant en des relevés bancaires et des avis d'imposition sur le revenu, ne démontrent toutefois pas une insertion professionnelle intense et durable. Par ailleurs la durée de présence en France du requérant ne justifie pas, à elle seule, son admission exceptionnelle au séjour. Enfin, le requérant ne conteste pas les mentions de l'arrêté attaqué selon lesquelles il est célibataire, sans charge de famille, et non dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise a pu, sans méconnaître les dispositions précitées, rejeter la demande de titre de séjour en considérant que M. A ne justifiait pas de motifs exceptionnels justifiant une admission au séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté contesté. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Bourragué, premier conseiller,

Mme Goudenèche, conseillère,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

La présidente-rapporteur,

signé

C. Bories

L'assesseur le plus ancien,

signé

S. BourraguéLa greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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