Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2302622
vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2302622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2023, M. A B, représenté par Me Pacheco, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en " procédure normale " et a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise à titre principal, d'enregistrer sa demande d'asile en " procédure normale ", dans le délai de trois jours ouvrés à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ainsi que le formulaire de demande d'asile afin qu'il puisse introduire sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
-elle méconnait l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le préfet n'établit pas que les autorités italiennes ont été informées de la prolongation du délai de transfert ;
- il ne peut être caractérisé une situation de fuite ;
Par un mémoire, enregistré le 25 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise, conclut au non-lieu à statuer. Il fait valoir qu'il a procédé à l'enregistrement de la demande d'asile de M. B et lui a délivré le document sollicité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement UE n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Edert a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 26 avril 1973, a sollicité le bénéfice d'une protection internationale et s'est vu délivrer par le préfet du Val-d'Oise, le 28 avril 2022, une attestation de demande d'asile portant la mention " procédure Dublin ". Par un arrêté du 30 mai 2022, le préfet du Val-d'Oise a décidé son transfert aux autorités italiennes, désignées comme responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un courriel du 23 décembre 2022, M. B a demandé au préfet du Val-d'Oise que lui soit délivrée une attestation de demande d'asile portant la mention " procédure normale " afin qu'il puisse saisir l'OFPRA. Le préfet du Val-d'Oise ayant gardé le silence pendant plus de deux mois, une décision implicite de rejet est née. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise en date du 27 février 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis provisoirement à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions en annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de sa requête, M. B a obtenu la délivrance d'une attestation de demande d'asile en procédure accélérée et que sa demande a été examinée par l'OFRPA le 17 juillet 2024 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 8 septembre 2024. Il s'ensuit que les conclusions de la requête de M. B aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, d'injonction doivent être regardées comme ayant perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais de l'instance :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire de M. B.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. B.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Pacheco et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
S. Edert L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
E. Chaufaux
La greffière,
S. Le Gueux La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.