jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2302963 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CHEVALLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés les 1er mars, 8 mars et 17 août 2023, ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 11 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Chevallier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 août 2022 par laquelle l'inspectrice du travail a retiré la décision implicite du 24 juillet 2022 et a autorisé sa mise à la retraite d'office, ensemble la décision implicite par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision de l'inspectrice du travail ;
2°) de refuser d'autoriser sa mise à la retraite d'office ;
3°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et de la société Electricité de France (EDF) la somme de 3 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la légalité externe :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- l'inspectrice du travail a statué ultra petita ;
- le ministre du travail n'a pas réalisé d'enquête ;
- la décision de l'inspectrice du travail est insuffisamment motivée dès lors qu'elle n'a pas visé l'ensemble des mandats du salarié, qu'elle n'a pas qualifié la faute de gravité suffisante, qu'elle a commis une erreur sur la qualification des faits et qu'elle n'a pas visé tous les textes applicables à la procédure disciplinaire.
S'agissant de la légalité interne :
- l'inspectrice du travail n'a pas contrôlé la régularité de la procédure disciplinaire ;
- la procédure disciplinaire méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que le rapporteur n'était pas impartial et que le rapporteur a été irrégulièrement nommé ;
- les droits de la défense ont été méconnus, dès lors qu'il n'a pas pu être représenté lors de la séance du CSP, qu'il n'a pas eu accès à toutes les pièces du dossier, qu'il a été privé de débat contradictoire, que la composition de la CSP était irrégulière, que les considérants n'ont pas été formulés individuellement, qu'aucun avis n'a été formulé, que le pouvoir disciplinaire était épuisé lors de la notification de la sanction, que la proposition de la CSP n'a pas été transmise à l'autorité compétente ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- les faits ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier la mise à la retraite d'office ;
- l'autorité de la chose jugée par le juge civil doit être respectée ;
- la demande d'autorisation de licenciement est insuffisamment motivée ;
- le motif du licenciement a été mal qualifié ;
- la décision est entachée d'une erreur de qualification des faits ;
- l'employeur a été déloyal dans les propositions de postes ;
- la demande de mise à la retraite d'office présente un lien avec les mandats exercés.
Par des mémoires enregistrés le 28 juin 2023 et le 5 avril 2024, la société EDF, représentée par Me Alonso, conclut au rejet de la requête et à ce que M. A lui verse la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 21 juillet 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourragué, rapporteur,
- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 16 mai 2022, reçu le 18 mai suivant, la société EDF a sollicité de l'unité territoriale des Hauts-de-Seine l'autorisation de mettre à la retraite d'office, pour motif disciplinaire, M. A, occupant les fonctions de " technicien comptable " et détenant le mandat de défenseur syndical. Par une décision du 24 août 2022, l'inspectrice du travail a retiré la décision implicite de rejet intervenue le 24 juillet 2022 et accordé l'autorisation sollicitée. Par un courrier du 13 septembre 2022, M. A a formé un recours hiérarchique contre cette décision auprès du ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion. Le silence du ministre a fait naître une décision implicite de rejet. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation:
2. D'une part, aux termes de l'article L. 1237-5 du code du travail : " La mise à la retraite s'entend de la possibilité donnée à l'employeur de rompre le contrat de travail d'un salarié ayant atteint l'âge mentionné au 1° de l'article L. 351-8 du code de la sécurité sociale sous réserve des septième à neuvième alinéas (). ". L'article R. 2421-5 du même code prévoit que : " La décision de l'inspecteur du travail est motivée. ".
3. D'autre part, en vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi. Ces principes s'appliquent également à la mise à la retraite d'office d'un salarié protégé.
4. Au cas particulier, l'inspectrice du travail s'est bornée à viser, dans sa décision, les motifs disciplinaires invoqués par la société EDF à l'appui de sa demande d'autorisation de mise à la retraite d'office et à indiquer " le caractère éventuellement fautif du refus de M. A est donc qualifié ", sans indiquer si les faits reprochés à l'intéressé étaient constitutifs d'une faute suffisamment grave pour justifier son licenciement. Par suite, la décision attaquée ne peut être regardée comme suffisamment motivée.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à solliciter l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 24 août 2022 et de la décision implicite par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a rejeté son recours hiérarchique.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société EDF demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat et de la société EDF le versement à M. A de la somme qu'il demande au titre des mêmes frais.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision de l'inspecteur du travail du 24 août 2022 autorisant la mise à la retraite d'office de M. A est annulée.
Article 2 : La décision implicite du ministre du travail rejetant le recours hiérarchique de M. A est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société EDF sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la société EDF.
Copie sera adressée, pour information, au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Bourragué La présidente,
signé
C. Bories La présidente,
C. Van Muylder La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026