jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2303472 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CHILOT- RAOUL CATHERINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Melun le 18 février 2023, et transmise au tribunal administratif de Cergy-Pontoise par une ordonnance du 15 mars 2023, M. E, représenté par Me Chilot-Raoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 février 2023 par lequel le préfet du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, et de lui délivrer soit une carte de résident algérien, soit une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à défaut d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait l'article 7 bis de la convention franco-algérienne du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnait l'article L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision lui refusant le délai de départ volontaire :
- elle méconnait l'article 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet entraîne l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet entraîne l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. Dupin, magistrat désigné, qui informe les parties que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public, relevé d'office, par lequel la base légale de l'arrêté contesté peut faire l'objet d'une substitution ;
- Les observations de Me. Chilot-Raoul, avocate, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C E, ressortissant algérien né 7 novembre 1987 à Tizi Ouzou (Algérie) est entré en France le 11 août 2015, sous couvert d'un visa de type C. Par un arrêté du 16 février 2023, dont M. E demande l'annulation, le préfet du Val de Marne lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaqué :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-2671 du 25 juillet 2022 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne n° 23, la préfète du Val-de-Marne a donné à Mme D A, attachée de l'administration de l'Etat, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écartée comme manquant en fait.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées dans délai des motifs des décisions individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques, ou de manière générale, constituent une mesure de police (). " Aux termes de l'article L.211-5 du même code, " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. L'arrêté contesté vise les textes dont il fait application, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne également les circonstances de faits propres à la situation personnelle et familiale de M. E, dont les éléments sur lesquels le préfet du Val de Marne s'est fondé pour prendre l'arrêté contesté. Dès lors, la décision portant obligation de quitter le territoire, celle lui refusant le délai de départ volontaire, celle fixant le pays à destination et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans sont suffisamment motivées au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il suit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées. ".
6. M. E soulève être rentré régulièrement en France, le 11 août 2015 et produit, à l'appui de sa requête deux fiches paie de décembre 2022 et de janvier 2023 ainsi que des avis d'impôt sur les revenus couvrant la période de 2019 à 2022. Toutefois, la circonstance tirée de ce que l'accord franco-algérien accorde, à M. E, le droit de se voir délivrer un certificat de résidence de dix ans est sans incidence sur l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français dès lors que ce dernier ne conteste pas un refus de titre de séjour. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
8. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés et leur durée de validité, et font ainsi obstacle à l'application de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces mêmes stipulations ne s'opposent pas à ce que le préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose, puisse apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
9. En l'espèce, le moyen tiré de ce que le requérant peut prétendre à l'obtention d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " dès lors qu'il occupe un emploi de serveur, est sans incidence sur l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français dès lors que ce dernier ne conteste pas un refus de titre de séjour ainsi qu'il a été précisé au point 6. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
11. M. E soutient qu'il réside de façon régulière et ininterrompue en France depuis 8 ans, où il est hébergé chez sa sœur, de nationalité française et son beau-frère et que l'ensemble de ses liens familiaux sont établis. Il est également titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée signé le 1er décembre 2022. Toutefois, il n'est pas contesté qu'il est célibataire et sans charge de famille. En outre, il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans et où vivent ses parents. Le préfet du Val de Marne n'a donc pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant en édictant la mesure attaquée. Le moyen qui en est tiré doit donc être écarté
En ce qui concerne la décision lui refusant le délai de départ volontaire :
12. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cad suivant : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ().
13. Pour refuser à M. E un délai de départ volontaire, le préfet du Val de Marne s'est fondé sur la circonstance qu'il existe un risque que ce dernier se soustrait à la mesure d'obligation dès lors que qu'il, n'est pas en mesure de justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour.
14. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
15. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. E est entré sur le territoire français le 11 août 2015 sous couverts d'un visa court séjour valable du 12 mars 2015 au 7 septembre 2015, et qu'il s'y est maintenu jusqu'à ce jour. Dès lors, il est au nombre des étrangers visés par les dispositions du 2° des l'articles L. 611-1 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent être substitué au 1° des mêmes articles, dès lors que cette substitution de base légale ne prive l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
16. Ainsi qu'il a été précisé au point 15 le requérant s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa et il ne ressort pas des pièces du dossier que ce dernier aurait tenté de régulariser sa situation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit plus haut que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et dirigé contre la décision fixant le pays de renvoi ne peut qu'être écarté.
18. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. M. E soutient qu'il est venu en France en 2015 pour y solliciter une protection internationale car il craignait pour sa vie dans son pays d'origine. Toutefois, M. E ne produit, à l'appui de son moyen, aucun élément de nature à établir le caractère réel et actuel des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine, et d'apporte guère davantage de précision. Par ailleurs, M. E précise que sa demande d'asile a été rejeté par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en 2015. Pour ces motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant la décision litigieuse, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit plus haut que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et dirigé contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.
21. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
22. En l'espèce, le préfet du Val de Marne a prononcé à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans aux motifs que ce dernier était sans charge de famille, qu'il ne justifie ni d'une activité professionnelle, ni de ressources propres, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables, notamment eu égard à sa date d'entrée en France le 11 août 2015. Toutefois, le requérant est présent de manière continue en France depuis août 2015. En outre, le requérant justifie exercer une activité professionnelle dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée signé le 1er décembre 2022, fait état de plusieurs fiches de paie dont la dernière date de février 2023 et d'une attestation de son employeur attestant du sérieux et de la fiabilité de M. E. Il ne ressort donc pas des pièces du dossier que la présence de M. E constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, en prenant à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée deux ans, le préfet du Val de Marne a porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du requérant au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. E est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision du préfet du Val de Marne du 16 février 2023 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
24. Le présent jugement, qui n'annule l'arrêté du 16 février 2023 qu'en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. E doivent donc être rejetées.
Sur les frais du litige :
25. Dans les circonstances de l'espèce, il y n'a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. E au titre de ces dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : L'arrêté du préfet du Val de Marne du 16 février 2023 est annulé en tant qu'il prononce à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet du Val de Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
Le magistrat désigné,
signé
F. BLe greffier,
signé
O. El-Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val de Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026