Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2303557

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2303557
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre
Avocat requérantHENAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2023, M. A B, représenté par Me Henault, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 février 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays d'éloignement.

Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il réside en France depuis plus de dix ans et qu'il y travaille.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une décision du 29 janvier 2024, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Ouillon, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant pakistanais né le 28 juillet 1987, serait entré en France le 11 octobre 2013 sous couvert d'un visa de type " D ", selon ses déclarations. Il a sollicité le 18 janvier 2022 son admission au séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 10 février 2023, le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement. M. B demande l'annulation de cet arrêté du 10 février 2023.

2. Si M. B soutient qu'il réside en France depuis l'année 2013, il n'en justifie pas par les seules pièces versées au dossier. De même, s'il produit des fiches de paie pour les mois de mai 2021, de juin à novembre 2022 et de janvier à mars 2023, émises par la société Phone Tech, ainsi que son avis d'impôt sur le revenu de l'année 2021 faisant mention de salaires perçus pour un montant de 10 111 euros, il ne démontre pas travailler de manière continue depuis 2016, comme il le soutient et ne justifie pas d'une expérience professionnelle stable et ancienne suffisante pour justifier son admission au séjour. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans charge de famille, qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement prise à son encontre le 10 novembre 2017 par le préfet du Val-d'Oise et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie comme il ressort des mentions non contredites de l'arrêté attaqué. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

3. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Henaut et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ouillon, président,

Mme Charlery, première conseillère,

Mme Fabas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024

Le président-rapporteur,

signé

S. Ouillon

L'assesseure la plus ancienne,

signé

C. Charlery

La greffière,

signé

M-J. Ambroise

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2303557