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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2303824

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2303824

lundi 22 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2303824
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBOULEGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2305453/12-3 du 22 mars 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête, enregistrée le 14 mars de Mme B A.

Par cette requête enregistrée le 22 mars 2023, Mme B A représentée par Me Boulègue, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2022 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour et ce dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et ce en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, Me Boulègue s'engageant alors à renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, car fondée sur une décision portant refus de titre de séjour elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur matérielle et d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale, car fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier de la requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante angolaise née le 30 janvier 1998, soutient être entrée sur le territoire français en 2000. Le 6 octobre 2022, les services de police ont procédé à son interpellation pour des faits de tentative d'escroquerie et détention de faux documents administratifs. Par un arrêté du 7 octobre 2022 dont Mme A demande l'annulation, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 en portant application, et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme A, il y a lieu de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation d'une décision portant refus de séjour :

4. D'une part l'arrêté attaqué ne comporte aucun refus de séjour. D'autre part, la requérante en se bornant à faire valoir que sa demande de rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour a été rejetée le 14 février 2023 n'établit pas qu'un refus de séjour lui aurait été opposé.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit Mme A n'établit pas qu'un refus de séjour lui aurait été opposé. En tout état de cause, la demande de rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour dont se prévaut la requérante a été présentée postérieurement à la date de la décision attaquée et est par suite sans influence sur la légalité de la décision attaquée.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

7. Mme A ne justifie pas être entrée régulièrement en France et s'y est maintenue sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ni même avoir engagé des démarches pour se voir délivrer un tel titre. Elle entrait donc dans le cas prévu par les dispositions précitées du 1°) de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lequel le préfet peut faire obligation à l'étranger de quitter le territoire français. Par ailleurs, la requérante, célibataire et sans enfant n'établit pas disposer de liens suffisamment forts et anciens en France. Par ailleurs, elle a été interpellée pour des faits de tentative d'escroquerie et détention de faux documents administratifs le 6 octobre 2022 et ne produit aucun élément de nature à établir l'existence d'une véritable intégration en France. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de police a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une erreur de fait.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

8. Enfin, il résulte de ce qui a été dit plus haut que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et dirigé contre la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Boulègue et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.

Le président du tribunal,

signé

J-P. C La greffière,

signé

O. El Moctar La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 23038242

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