jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2304057 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | UHRY D'ORIA GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 mars et 30 avril 2023, 30 avril et 29 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Claoue-Heylliard, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en présence de la société La Poste, qui aura notamment pour mission de déterminer si son état de santé est consolidé et permet sa reprise du travail ou si elle doit être maintenue en congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
2°) d'enjoindre à la société La Poste de surseoir à toute décision en attente les conclusions de l'expertise ;
3°) de mettre à la charge de la société La Poste la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a subi un accident le 15 octobre 2015 reconnu imputable au service et a été placée en congés maladie jusqu'au 2 novembre 2021 ;
- elle conteste la date du 2 novembre 2021 retenue à tort comme date de consolidation de son état de santé ;
- la contre-expertise réalisée par le SMF présente des conclusions contradictoires sur son aptitude à reprendre ou non le service ;
- elle a également été victime d'agissements de harcèlement moral à partir de la mi-septembre 2013 de la part de sa supérieure hiérarchique directe ;
- eu égard aux pièces médicales contradictoires sur son état de santé, la mesure d'expertise est utile pour organiser une procédure impartiale te contradictoire d'examen de son état de santé ;
- la mesure d'expertise est utile dans la perspective de futurs contentieux.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 avril 2023 et 17 mai 2024, la société La Poste, représentée par Me Bellanger, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'une somme de 3000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la demande de l'intéressée, introduite préalablement devant le tribunal administratif de Paris, n'a eu pour objet que de faire obstacle à la réunion de la commission de réforme du 31 janvier 2023 ;
- la commission de réforme a toutefois confirmé les conclusions du 28 novembre 2022 du médecin ayant examiné Mme A lorsqu'elle a examiné la situation de la requérante le 30 janvier 2023 ;
- la mesure d'expertise n'est pas utile dès lors que l'intéressée dispose de nombreux avis médicaux circonstanciés et concordants sur la date de consolidation de son accident de service et son aptitude à reprendre le travail ;
- aucune irrégularité n'entache l'expertise réalisée par le Dr C ;
- aucun élément au dossier ne permet d'estimer que Mme A aurait été victime de harcèlement moral de la part de sa supérieure hiérarchique ;
- l'expert ne saurait donner la qualification juridique de harcèlement moral aux faits.
Vu :
- l'ordonnance du 19 avril 2023 par laquelle le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de Mme B A, représentée par Me Grenier, enregistrée le 30 janvier 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".
2. Il résulte de l'instruction que Mme A, fonctionnaire titulaire de la société La Poste, responsable développement de l'équipe fonctionnelle territoriale courrier - commerciale de Nanterre dans les Hauts-de-Seine, a été victime, le 15 octobre 2015, d'un accident de service qui a été reconnu imputable au service. Le 31 janvier 2023, la commission de réforme a retenu le 2 novembre 2021 comme date de consolidation de l'accident de service et a également estimé qu'il devait être mis fin au congé d'invalidité temporaire imputable au service à compter de cette date. Par une décision du 2 octobre 2023, dont Mme A demande l'annulation par une requête n° 2316309 enregistrée au greffe du tribunal le 5 décembre 2023, la société La Poste a fixé au 2 novembre 2021 la fin de sa prise en charge au titre du congé pour invalidité temporaire imputable au service. Par la présente instance, Mme A demande au tribunal la désignation d'un expert avec mission de déterminer si son état de santé, en lien avec son accident de service, est consolidé et s'il permet sa reprise du travail.
3. En premier lieu, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
4. S'il résulte de l'article R. 626-1 du code de justice administrative qu'il peut, le cas échéant, être fait application des dispositions de l'article R. 532-1 de ce code, alors même qu'une requête à fin d'annulation est en cours d'instruction, il appartient au juge des référés d'apprécier l'utilité de la mesure demandée sur ce fondement. En l'espèce, aucune circonstance particulière ne confèrerait à la mesure qu'il est ainsi demandé au juge des référés d'ordonner un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge de l'excès de pouvoir, saisi de la requête à fin d'annulation, pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. En particulier, Mme A ne fournit au juge des référés aucun élément de nature à justifier qu'il fasse usage du pouvoir qu'il tient de ces dispositions sans attendre que la formation chargée de l'instruction de cette requête ait pu elle-même en apprécier l'utilité.
5. En second lieu, si Mme A soumet au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral, il n'appartient pas à l'expert désigné en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de se prononcer sur la qualification juridique des éléments de fait ainsi soumis, mais au juge du fond, éventuellement saisi d'une requête, d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, au vu des échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la mesure demandée par Mme A, qui est dépourvue d'utilité, doit être rejetée.
Sur les conclusions à fins de sursis à statuer :
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins de sursis à statuer présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société La Poste, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société La Poste présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société La Poste au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la société La Poste.
Fait à Cergy-Pontoise, le 24 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026