mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2304132 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CHARLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2023 et un mémoire du 29 avril 2024 qui n'a pas été communiqué, Mme B A, représentée par Me Charles, demande au tribunal :
1°) d'annuler le refus implicite du Préfet du Val-d'Oise en date du 30 mars 2022 de renouvellement de sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer une carte de séjour provisoire l'autorisant à travailler ;
3°) de condamner l'État à verser la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, laquelle sera versée au conseil de la requérante qui s'engage à renoncer à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 3 de la loi n°91-64 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision de refus implicite est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle méconnaît l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que la requérante s'est vu remettre une carte de séjour temporaire.
Par une décision du 4 septembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise, Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-64 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- Les observations de Me Charles, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 30 décembre 1992 et déclarant être entrée en France en 2002, a sollicité du préfet des Hauts-de-Seine le renouvellement de sa carte de résident le 22 juin 2021. Le 30 mars 2022, la préfecture du Val-d'Oise lui a délivré une carte de séjour temporaire. Mme A a estimé que cette délivrance révélait ainsi le refus implicite du préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de résident valable dix ans. Par la requête susvisée, Mme A demande au tribunal l'annulation de ce refus.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si le préfet du Val-d'Oise soulève en défense une exception de non-lieu à statuer au motif que Mme A s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire valable du 20 octobre 2023 au 19 octobre 2024, il ressort des pièces du dossier que Mme A demande la délivrance d'une carte de résident valable dix ans. Dès lors, la requête de Mme A n'a pas perdu son objet. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu soulevée par le préfet en défense ne peut être accueillie.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des dispositions des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ".
4. En l'espèce, il n'est pas contesté que Mme A a sollicité le renouvellement de sa carte de résident le 22 juin 2021 et que le dossier de sa demande était complet le 1er juillet 2021, soit avant l'expiration de sa carte le 7 juillet 2021. Par ailleurs, il n'est pas allégué que sa situation entrerait dans le champ d'application des articles L. 411-5 ou L. 432-3 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir qu'en lui refusant le renouvellement de sa carte de résident, le préfet du Val-d'Oise a méconnu les dispositions de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler la carte de résident de Mme A doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Eu égard aux motifs qui la fonde, l'annulation de la décision de refus de renouvellement de la carte de résident de Mme A implique nécessairement que soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à l'intéressée la carte de résident sollicitée, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de sept jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Charles, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Charles de la somme de 1 000 euros.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision implicite en date du 30 mars 2022 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler la carte de résident de Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à Mme A une carte de résident dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de sept jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Charles, avocat de Mme A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Charles renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à
Me Charles et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2304132
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026