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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2305535

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305535

mercredi 6 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2305535
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème Chambre
Avocat requérantSASITRA CONSULTING

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 21 avril 2023, 16 juin 2023 et 24 octobre 2023, M. D A, représenté par le cabinet d'avocats Itra Consulting, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler, d'une part, l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation sans délai de quitter le territoire français et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an et, d'autre part, l'arrêté du 4 avril 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de 45 jours ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation et dans l'attente de lui délivrer un récépissé de titre de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne les arrêtés attaqués :

- ils sont été signés par une autorité incompétente ;

- ils sont insuffisamment motivées.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les articles R. 433-1 et R. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle repose ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnait l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de plus de dix ans de présence continue en France et qu'il est parent d'enfants français.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle repose.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête de M. A.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Ouillon, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 25 décembre 1974, est entré régulièrement en France le 1er août 1999 et a obtenu un premier titre de séjour en qualité de parent d'enfant français valable du 8 décembre 2003 au 7 décembre 2004 puis des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter du 7 juillet 2006, régulièrement renouvelé dont le dernier était valable jusqu'au 23 avril 2020. Il a sollicité le 9 mars 2022 un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 9 mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation sans délai de quitter le territoire français et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 4 avril 2023 le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de 45 jours, renouvelable une fois. M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux deux arrêtés attaqués :

2. En premier lieu, l'arrêté du 9 mars 2023 portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. A, obligation sans délai de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an a été signé par M. Pascal Gauci, secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui disposait d'une délégation de signature, consentie par l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine n°2022-041 du 2 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine le même jour, aux fins de signer tous les arrêtés relevant des attributions de l'État dans le département au nombre desquels figurent les décisions contestées. L'arrêté du 4 avril 2023 portant assignation à résidence a été signé par Mme E, adjointe à la cheffe du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté PCI N° 2022-097 du 29 novembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 30 novembre 2022 accessible tant au juge qu'aux parties, d'une délégation à fin de signer les décisions d'assignation à résidence en cas d'absence ou d'empêchement Mme C, directrice des migrations et de l'intégration. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas soutenu que Mme C n'aurait pas été absente ou empêchée lorsque l'arrêté attaqué a été signé. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° () constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ". Et aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Et aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

4. D'une part, l'arrêté attaqué du 9 mars 2023 portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. A, obligation sans délai de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an vise notamment les articles L. 423-23 L. 611-1-3°, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et expose, avec suffisamment de précision, les éléments de la situation personnelle et familiale de l'intéressé. Cet arrêté, qui comporte ainsi de façon circonstanciée l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfait, dès lors, aux exigences de motivation prévues par les dispositions précitées de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et des articles L. 613-1 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. D'autre part, l'arrêté du 4 avril 2023 portant assignation à résidence qui vise notamment les articles L. 731-1, L. 732-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qui expose, avec suffisamment de précision, les éléments de la situation personnelle et familiale de l'intéressé est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des arrêtés en litige, doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article R. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite le renouvellement d'une carte de séjour temporaire présente à l'appui de sa demande les pièces prévues pour une première délivrance et justifiant qu'il continue de satisfaire aux conditions requises pour celle-ci ainsi, le cas échéant, que les pièces particulières requises à l'occasion du renouvellement du titre conformément à la liste fixée par arrêté annexé au présent code. ". Aux termes de l'article R. 433-4 du même code : " L'étranger qui sollicite la carte de séjour pluriannuelle sur le même fondement que celui au titre duquel lui a été délivrée la carte de séjour temporaire dont il est titulaire présente à l'appui de sa demande les pièces prévues pour une première délivrance de cette carte de séjour temporaire et justifiant qu'il continue de satisfaire aux conditions requises pour celle-ci ainsi, le cas échéant, que les pièces particulières requises conformément à la liste fixée par arrêté annexé au présent code. ".

7. Si M. A, qui a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se prévaut de son séjour régulier en France depuis le 7 juillet 2006 sous-couvert de titre séjour, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a demandé le renouvellement de son titre de séjour arrivé à terme le 23 avril 2020 que le 9 mars 2022, soit environ deux années après l'expiration de son précédent titre de séjour. Par ailleurs, si M. A indique être le père de trois enfants, dont un est mineur, et fait valoir être dans l'impossibilité de participer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, en raison de l'abandon par la mère du domicile familial, cette circonstance, qui est intervenue en 2007, n'explique pas l'absence de contribution à l'éducation et à l'entretien de ses enfants et n'établit pas qu'il n'était pas en mesure de justifier de la réalité de cette contribution. S'il se prévaut d'un contrat de travail à durée interminée intérimaire conclu le 28 septembre 2021 avec la société EGC, cette circonstance ne suffit pas à justifier d'une insertion professionnelle particulière en France. Il ressort des pièces du dossier qu'il a été interpellé le 23 décembre 2020 pour des faits de conduite en état d'ivresse et a fait à ce titre l'objet d'une condamnation à une amende de 200 euros prononcée par une ordonnance pénale du président du Tribunal judiciaire de Nanterre du 12 avril 2021. Il a fait l'objet également d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 23 décembre 2020 qu'il n'a pas exécuté. Enfin, l'intéressé n'établit pas être démuni d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles L. 423-23, R. 433-1 et R. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ".

9. Si le préfet, dans son arrêté, après un rappel des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué que M. A a fait l'objet d'une condamnation à une amende de 200 euros prononcée par une ordonnance pénale du président du Tribunal judiciaire de Nanterre du 12 avril 2021 pour des faits de conduite en état d'ivresse et refus de se soumettre aux vérifications tendant à établir l'état alcoolique, ces faits, pour répréhensible qu'ils soient, compte tenu de leur nature et de leur ancienneté, ne sont pas suffisants pour caractériser à eux seuls une menace réelle et actuelle à l'ordre public susceptible de justifier un refus de titre de séjour. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision de refus d'admission au séjour en retenant les seules circonstances liées à la vie privée, familiale et professionnelle de M. A, énoncées au point 7 du jugement.

10. En troisième lieu, Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; (). ". Si le préfet n'est tenu de saisir la commission que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par ces textes auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent, la circonstance que la présence de l'étranger constituerait une menace à l'ordre public ne le dispense pas de son obligation de saisine de la commission.

11. Pour les mêmes motifs exposés au point 7, M. A ne justifie pas remplir effectivement les conditions de délivrance du titre de séjour demandé sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas tenu de soumettre le cas de M. A à la commission du titre de séjour avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement. Le moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ne peut donc qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans (). ".

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 et dès lors que l'intéressé ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants mineurs, les moyens tirés du défaut de saisine de la commission du titre de séjour et de l'illégalité du refus de séjour, de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peuvent donc qu'être écartés.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retourner sur le territoire français :

14. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant interdiction de retourner sur le territoire français, doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français (). ".

16. Eu égard aux éléments, rappelés au point 7, de la situation personnelle de M. A, qui n'a pas bénéficié d'un délai de départ volontaire, et dès lors qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 23 décembre 2020 qu'il n'a pas exécuté, le préfet n'a ni méconnu l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis une erreur d'appréciation en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à un an.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

17. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision l'assignant à résidence, doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fis d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Ouillon, président,

M. Amazouz, premier conseiller

M. Dupin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023

Le président-rapporteur,

signé

S. OuillonL'assesseur le plus ancien,

signé

M. Amazouz seur le plus ancien,

signé

M. BLa présidente,

signé

C. Bories La greffière,

signé

M. F

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2305535

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