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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2305537

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305537

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2305537
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCHABANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 avril et 4 mai 2023, M. A B, représenté par Me Chabane, avocate désignée d'office, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé son transfert aux autorités autrichiennes ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demande d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il ne se sent pas en sécurité en Autriche ;

- sa vie est en danger dans son pays d'origine ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il méconnait le principe du contradictoire et les droits de la défense ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 29 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 23 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 23 de la décision (UE) 2015/1601 du

22 septembre 2015 instituant des mesures provisoires en matière de protection internationale au profit de l'Italie et de la Grèce ;

- le préfet méconnait les critères de désignation du pays responsable de sa demande d'asile ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun moyen soulevé n'est fondé et communique les pièces constitutives du dossier du requérant.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 9 mai 2023, ont été entendus :

- le rapport de M. Poyet, magistrat désigné ;

- et les observations orales de Me Chabane, avocate désignée d'office, représentant M. B, non présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient, en outre, que le préfet aurait pu traiter sa demande d'asile.

- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant pakistanais né le 2 janvier 2000, est entré irrégulièrement sur le territoire français. Le 6 janvier 2023, une attestation de demande d'asile en procédure Dublin lui a été remis. La consultation du fichier " Eurodac " a révélé que ses empreintes avaient été préalablement enregistrées par les autorités italiennes et autrichiennes respectivement les 29 mars et 13 avril 2022. La demande de reprise en charge adressée aux autorités de ces pays, le 10 janvier 2023 a donné lieu à un refus des autorités italiennes en date du 23 janvier 2023 et à un accord implicite des autorités autrichiennes le 25 janvier 2023. Par l'arrêté attaqué du 12 avril 2023, le préfet du Val-d'Oise a prononcé son transfert aux autorités autrichiennes.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce et aux délais dans lesquels le juge du contentieux de l'éloignement doit se prononcer, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Mme D E, cheffe de la section asile/titre de voyage, disposant d'une délégation du préfet du Val-d'Oise à cet effet par l'arrêté n°23-014 du 22 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, M. B fait valoir que l'arrêté attaqué méconnait le principe du contradictoire et viole le droit de la défense dès lors que le préfet du Val-d'Oise ne produit pas les pièces relatives à la procédure. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet a bien produit les pièces constitutives du dossier et relatives à la procédure de M. B. Il suit de là, que le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire et de la violation du droit de la défense ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits (). 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

7. Il ressort des pièces du dossier que les brochures dites " A " et " B ", intitulées " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", qui comprennent l'ensemble des informations devant être communiquées en vertu des dispositions précitées, ont été remises à M. B, le 6 janvier 2023, en ourdou, langue dans laquelle s'est déroulé son entretien individuel ayant eu lieu le même jour. Il ressort également des mentions portées sur ces documents que le requérant a bénéficié d'une traduction orale du contenu de ces brochures en langue ourdou, réalisée par un interprète de l'organisme agréé ISM interprétariat. Ainsi, M. B a reçu en temps utile l'ensemble des informations requises lui permettant de faire valoir ses observations avant que ne soit prise la décision en litige, dans une langue qu'il comprend. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas disposé des informations dont il devait bénéficier en application des dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du

26 juin 2013, doit être écarté.

8. En quatrième lieu, l'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des États membres relevant du régime européen d'asile commun. La méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles l'État français refuse l'admission provisoire au séjour à un demandeur d'asile et remet celui-ci aux autorités compétentes pour examiner sa demande. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté comme inopérant.

9. En cinquième lieu, aux termes l'article 23 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Lorsqu'un État membre auprès duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), a introduit une nouvelle demande de protection internationale estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne. / 2. Une requête aux fins de reprise en charge est formulée aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai de deux mois à compter de la réception du résultat positif Eurodac ("hit"), en vertu de l'article 9, paragraphe 5, du règlement (UE) no 603/2013 () / 3. Lorsque la requête aux fins de reprise en charge n'est pas formulée dans les délais fixés au paragraphe 2, c'est l'État membre auprès duquel la nouvelle demande est introduite qui est responsable de l'examen de la demande de protection internationale () ".

10. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que la consultation du fichier " Eurodac " qui a permis de constater que les empreintes digitales de M. B avaient précédemment été enregistrées par les autorités autrichiennes et italiennes, a été effectuée le

6 janvier 2023. D'autre part, le préfet du Val-d'Oise produit la requête aux fins de reprise en charge adressée aux autorités italiennes, qu'elles ont rejeté le 23 janvier 2023. Il produit en outre la requête aux fins de reprise en charge adressée aux autorités autrichiennes dont elles ont accusé réception le 10 janvier 2023 par une réponse automatique en provenance de l'adresse électronique atdub@nap01.at.dub.testa.eu et qui a donné naissance, en l'absence de réponse de ces autorités, à un accord implicite. Il en résulte que le préfet du Val-d'Oise établit la régularité de la procédure de reprise en charge qu'il a initiée conformément aux dispositions de l'article 23 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de reprise en charge de l'intéressé par les autorités autrichiennes, doit ainsi être écarté.

11. En sixième lieu, M. B ne peut utilement soutenir que l'arrêté aurait été pris en méconnaissance de l'article 23 de la décision (UE) 2015/1601 du 22 septembre 2015 instituant des mesures provisoires en matière de protection internationale au profit de l'Italie et de la Grèce, ce moyen étant inopérant dès lors que l'arrêté vise à le transférer aux autorités autrichiennes. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

12. En septième lieu, aux termes de l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013 précité : " Entrée et/ou séjour / 1. Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) no 603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière. () ". Il résulte de ces dispositions que la détermination de l'État membre responsable de l'examen de la demande de protection internationale s'effectue à l'occasion de la première demande d'asile, au vu de la situation prévalant à cette date.

13. M. B soutient qu'un seul E´tat est responsable de l'examen d'une demande d'asile et qu'il n'est pas possible de vérifier que le préfet a fait une application correcte des crite`res pre´vus au chapitre III du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté, que les empreintes décadactylaires de M. B ont été relevées d'abord par les autorités autrichiennes le 29 mars 2022, puis les autorités italiennes le 13 avril 2022. Par la suite, il est entré en France et a présenté une autre demande d'asile, le 6 janvier 2023, auprès des services de la préfecture du Val-d'Oise. Ainsi, à la date de l'arrêté contesté, l'Autriche était demeurée responsable de la première demande d'asile et a, par une décision du 25 janvier 2023, implicitement accepté la prise en charge de l'intéressé sur le fondement des dispositions de l'article 18-1 du règlement (UE) n° 604/2013 précité. Par suite, le préfet du Val-d'Oise a pu, en application des dispositions précitées de l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 décider de son transfert aux autorités autrichiennes. Par suite, ce moyen doit être écarté.

14. En huitième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. D'une part, si M. B soutient qu'il existe en Autriche des défaillances dans la procédure d'asile et dans les conditions d'accueil des demandeurs, ses allégations particulièrement évasives qui ne sont assorties d'aucune pièce justificative, ne suffisent ni à fonder des doutes sérieux sur l'existence en Autriche, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile à la date de l'arrêté attaqué, ni à établir qu'en cas de transfert vers ce pays, il existerait un risque qu'il ne bénéficie pas d'un examen de sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile ou encore qu'il serait susceptible d'être exposé à des traitements prohibés par les stipulations de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. D'autre part, si M. B soutient qu'il ne peut retourner sans crainte au Pakistan, la décision attaquée, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a décidé de son transfert aux autorités autrichiennes, n'a ni pour objet ni pour effet de renvoyer le requérant vers son pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté.

16. En neuvième et dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE)

n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement / / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". La faculté laissée par ces dispositions à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

17. M. B fait valoir que le préfet aurait pu traiter sa demande d'asile. Toutefois, le règlement du 26 juin 2013, qui a pour objet de garantir aux ressortissants étrangers un examen circonstancié de leur demande d'asile, ne leur permet pas de choisir, parmi les Etats membres, celui qui sera responsable de cet examen. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 précité. Ce moyen ne peut ainsi qu'être écarté.

18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

Le magistrat désigné,

signé

M. CLa greffière,

signé

O. El Moctar

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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