lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2305583 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SOUSSAN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2300478 du 21 avril 2023, enregistrée au greffe du tribunal le même jour, le tribunal administratif de Paris a transmis la requête présentée par M. C.
Par cette requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 8 et 17 janvier, 20, 27 mars et 7 avril 2023, M. C, représenté par Me Soussan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2023 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans et a procédé à son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de Paris de renouveler son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à défaut de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il méconnait l'article L.412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- il méconnait les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 1er juin 2023, le préfet de Police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 18 septembre 2023 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Colin, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant colombien né le 20 mai 1995, est entré en France le 15 septembre 2017 selon ses déclarations. Le 20 mai 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté litigieux du 4 janvier 2023, le préfet de Police de Paris a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans et a procédé à son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ".
3. Lorsque l'administration oppose à un étranger, sur le fondement de l'article L. 412-5, le motif tiré de ce que sa présence constitue une menace pour l'ordre public, pour refuser de faire droit à sa demande, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure de refus de renouvellement du titre de séjour et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace pour l'ordre public.
4. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de police de Paris a refusé de faire droit à la demande de C tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " au seul motif que la présence de l'intéressée en France constituait une menace pour l'ordre public au sens des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet d'une condamnation, par un jugement du 9 mars 2021 du tribunal judiciaire de Pontoise, à une peine de 105 heures de travaux d'intérêt général à accomplir dans un délai d'un an et six mois pour des faits d'escroquerie commis du 28 novembre au 19 décembre 2020. Néanmoins, selon les mentions figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, M. C n'a fait l'objet d'aucune autre condamnation. Par ailleurs, il a effectué avec sérieux et implication les travaux d'intérêt général auxquels il avait été condamné, en se révélant particulièrement exemplaire, comme l'a relevé M. A, le chef du service habillement de la sous-direction logistique du musée du Louvres au sein duquel l'intéressé était affecté. Dans ces conditions, eu égard à leur caractère isolé, ces faits pour répréhensibles qu'ils soient, ne sont pas suffisants pour caractériser à eux seuls une menace réelle et actuelle à l'ordre public susceptible de justifier un refus de titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet de Police de Paris n'établit pas que la présence du requérant en France constitue une menace pour l'ordre public de telle sorte que M. C ne se trouvait pas dans une situation où, en application de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ne pouvait légalement, sans commettre d'erreur d'appréciation, décider de ne pas renouveler son titre de séjour.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2023 du préfet de Police de Paris en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Eu égard au motif retenu pour annuler l'arrêté en litige, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de Police de Paris ou le préfet territorialement compétent, procède au réexamen de la demande de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle de M. C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ainsi que l'efficacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 4 janvier 2023 du préfet de Police de Paris est annulé en toutes ses dispositions.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Police ou au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de M. C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à C et au préfet de Police de Paris.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Beaufaÿs, vice-président ;
Mme Colin, première conseillère ;
M. Jacquelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
C. Colin
Le président,
signé
F. Beaufaÿs
La greffière,
signé
H. Mofid
La République mande et ordonne au préfet de Police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2305583
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026