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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2305761

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305761

mercredi 31 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2305761
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème Chambre
Avocat requérantOTTOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, M. C B, représenté par Me Ottou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, a édicté à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et, toute hypothèse de le supprimer dans le ficher du système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros hors taxe à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, lequel renoncera à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- la décision en litige est signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée et atteste d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée ;

- elle méconnaît les articles L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 47 du code civil ;

- elle méconnaît l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour qui en constitue le fondement ;

- elle est signée par une autorité incompétente ;

-elle est insuffisamment motivée et atteste d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et st entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'obligation de présentation :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour qui en constitue le fondement ;

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'obligation de restitution du passeport :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour qui en constitue le fondement ;

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle atteste d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement dont elle tire son fondement ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et produit les pièces utiles au dossier.

Par une ordonnance en date du 10 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 juillet 2023.

Par une décision du 11 septembre 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code civil,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Dupin,

- et les observations de Me Ottou, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant malien qui serait né le 25 mars 2004, serait entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 24 avril 2019 démuni de tout visa. Par une demande en date du 3 février 2022, il a sollicité auprès du préfet des Hauts-de-Seine la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 avril 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à cette demande, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. Par un arrêté PCI n°2022-073 du 21 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture des Hauts-de-Seine du même jour, M. H F, attaché d'administration de l'État, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, disposait d'une délégation de signature à cette fin, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme G D, directrice des migrations et de l'intégration et de Mme E A, chef du bureau. En outre, il n'est ni établi ni même allégué que celles-ci n'étaient ni absentes, ni empêchées à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En second lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Et l'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. ".

4. Il résulte de l'examen de l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressé, que le préfet a mentionné les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation du requérant, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et a rappelé les éléments de sa situation administrative, familiale et personnelle notamment sa nationalité, les conditions de son entrée sur le territoire français, et l'impossibilité d'attester de son état civil dans les conditions dont dispose l'article 47 du code civil. L'arrêté contesté mentionne en outre que l'intéressé est célibataire, sans charge de famille, qu'il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et que les mesures en litige, notamment l'interdiction de retour sur le territoire français, ne portent pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il ne ressort enfin ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres éléments du dossier que le préfet aurait procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. B. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen particulier de sa situation doivent être écartés.

En ce qui concerne le refus de séjour :

5. En premier lieu, M. B fait valoir qu'en édictant l'acte en litige, le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu l'autorité de la chose jugée en ne déférant pas à l'ordonnance du 12 avril 2023 par laquelle le juge des référés tribunal administratif de Cergy-Pontoise a suspendu la décision implicite de refus de titre de séjour et par laquelle il lui a été enjoint de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'une autorisation provisoire de séjour a été délivrée à l'intéressé le 26 mai 2023 et le préfet des Hauts-de-Seine a ainsi exécuté l'ordonnance en cause. Par ailleurs, la suspension de la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour présentée par l'intéressée ne faisait pas par elle-même obstacle à ce que le préfet se prononce explicitement sur la demande de titre de séjour du requérant. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de la chose jugée ne peut qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente, à l'appui de sa demande, les documents justifiants de son état civil.

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. ". Selon l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Enfin, l'article 1 du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger dispose que : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet. Dans le délai prévu à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité administrative informe par tout moyen l'intéressé de l'engagement de ces vérifications. ". Enfin, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. "

8. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger et pour écarter la présomption d'authenticité dont bénéficie un tel acte, l'autorité administrative procède aux vérifications utiles. Si l'article 47 du code civil pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays, il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve, par tout moyen, du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. En revanche, l'autorité administrative n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre Etat afin d'établir qu'un acte d'état civil présenté comme émanant de cet Etat est dépourvu d'authenticité, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont elle dispose sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié. En outre, en cas de contestation, par l'administration, de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

9. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Hauts-de-Seine a estimé, sur le fondement d'un avis défavorable rendu le 2 mars 2022 par les services de direction centrale de la police aux frontières des Yvelines, que les documents d'identité produits n'étaient pas probants au regard des dispositions de l'article 47 du code civil, notamment dès lors que l'acte de naissance rédigé les 23 et 24 décembre 2021 présentent des irrégularités et des incohérences tenant à l'usage d'un papier ordinaire non sécurisé, contrairement aux dispositions de l'article 106 du code civil malien. Si pour contester cette appréciation l'intéressé produit une carte consulaire délivrée par l'ambassade du Mali en France, cette pièce, postérieure à l'acte produit initialement, n'apparait pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les services spécialisés de la police de l'air et des frontières dans leur rapport du 2 mars 2022 produit à l'instance. Dès lors, M. B n'établit pas être mineur au moment de son placement auprès de l'aide sociale à l'enfance, et c'est par suite sans erreur d'appréciation au regard des dispositions citées au point 8 du présent jugement que le préfet des Hauts-de-Seine a pu refuser la délivrance du titre de séjour demandé. Les moyens qui en sont tirés ne peuvent donc qu'être écartés.

10. En dernier lieu, si M. B fait valoir son intégration sur le territoire français, notamment en ce qu'il justifie avoir suivi une formation qualifiante dans le cadre d'un CAP boulangerie, obtenu en juin 2022, et avoir été intégré au dispositif " Propulse " des Apprentis d'Auteuil entre 2019 et 2021, ces éléments à eux seuls ne suffisent pas à caractériser l'intensité des liens tissés sur le territoire français, dès lors qu'il n'est pas contesté que son séjour est récent, qu'il demeure célibataire, sans charge de famille et ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. En tout état de cause, faute de pouvoir justifier de son état civil, il n'apparaît pas fondé à regarder le préfet des Hauts-de-Seine comme ayant commis, dans la décision contestée, une erreur manifeste d'appréciation relative à sa situation personnelle.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, la décision de refus de séjour en litige n'étant pas illégale, le moyen dirigé contre la décision portant l'obligation de quitter le territoire français par la voie de l'exception d'illégalité manque en fait et ne peut qu'être écarté.

12. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

13. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, et pour les mêmes motifs, que le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas méconnu les stipulations précitées en édictant la décision contestée. Pour les mêmes motifs, il n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'obligation de présentation :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, la décision de refus de séjour en litige n'étant pas illégale, le moyen dirigé contre la décision portant l'obligation de présentation par la voie de l'exception d'illégalité manque en fait et ne peut qu'être écarté.

15. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, et pour les mêmes motifs, que le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en édictant la décision contestée.

En ce qui concerne l'obligation de restitution du passeport :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, la décision de refus de séjour en litige n'étant pas illégale, le moyen dirigé contre la décision portant l'obligation de restitution du passeport par la voie de l'exception d'illégalité manque en fait et ne peut qu'être écarté.

17. En second lieu, si M. B fait valoir qu'étant dépourvu de passeport, la décision en litige atteste d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, cette circonstance apparaît sans incidence sur la légalité de l'acte contesté au regard des dispositions de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le moyen qui en est tiré ne peut donc qu'être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la mesure d'éloignement contestée n'étant nullement illégale, l'exception d'illégalité soulevée contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écartée.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code dispose : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

20. D'une part, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet a pris la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en considération, d'une part, de la circonstance que M. B ne justifiait d'aucune circonstance particulière, d'autre part, qu'il est célibataire, et qu'il ne démontre pas être chargé de famille ni dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où réside notamment sa mère. Dans ces conditions, la décision litigieuse atteste de la prise en compte par le préfet, au vu de la situation de l'intéressé, des critères prévus par la loi. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

21. D'autre part, M. B ne fait état d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour. Compte tenu des éléments de sa situation personnelle énoncés au point 11 du présent jugement, le préfet des Hauts-de-Seine, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, n'a pas méconnu l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2023 pris par le préfet du Val-d'Oise.

Sur les conclusions à fins d'injonction et celles relatives aux frais du litige :

23. Les conclusions à fin d'annulation de la présente requête devant être rejetées, il en va de même, par voie de conséquence, de celles à fin d'injonction et de celles relatives aux frais du litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Ottou et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ouillon, président,

Mme Saïh, première conseillère,

M. Dupin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2024.

Le rapporteur,

signé

F. DUPIN

Le président,

signé

S. OUILLONLa greffière,

signé

M-J. AMBROISE

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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