Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305844

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2305844
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCHABANE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B d’un recours en excès de pouvoir contre la décision du préfet du Val-d’Oise du 17 mars 2023 lui retirant sa carte de séjour « étudiant ». En cours d’instance, le préfet a délivré à M. B une carte de séjour « salarié » valable jusqu’en février 2025, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Le tribunal a donc prononcé un non-lieu à statuer sur ces chefs de demande. Il a en revanche condamné l’État à verser 1 000 euros à M. B au titre des frais de justice, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 avril 2023, M. B, représenté par Me Chabane, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 mars 2023 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a procédé au retrait de sa carte de séjour " étudiant " ;

2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est viciée dès lors que la procédure contradictoire n'a pas été respectée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 18 juillet 2023 et le 27 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 17 mai 2024, M. B demande à titre subsidiaire de prononcer un non-lieu à statuer sur ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, en faisant valoir qu'il s'est vu délivrer un titre de séjour mention " salarié " valable jusqu'au 8 février 2025, et maintient ses autres conclusions.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Froc, conseillère ;

- et les observations de Me Chabane représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant sénégalais, s'est vu remettre par la sous-préfecture de Sarcelles une carte de séjour " étudiant " valable du 25 novembre 2022 au 24 novembre 2023. Par un arrêté en date du 17 mars 2023, le préfet du Val-d'Oise a procédé au retrait de cette carte de séjour. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Par une décision du 2 février 2024, intervenue postérieurement à l'introduction du recours de M. B, le préfet du Val-d'Oise a remis au requérant une carte de séjour portant la mention " salarié ", valable jusqu'au 8 février 2025. Dès lors, les conclusions dudit recours tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être regardées comme devenues dépourvues d'objet. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur ces conclusions ni, par voie de conséquence, sur les conclusions, à fin d'injonction présentées par M. B.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État au profit de M. B une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : L'État versera la somme de 1 000 euros à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

Mme Richard, première conseillère ;

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,

signé

E. FROC Le président,

signé

C. HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2305844