vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2306109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RACINE STRASBOURG CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 avril et 25 juillet 2023, Mme C G et M. H F, représentés par Me Marceau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de permis de construire du 12 décembre 2022 par lequel la maire de la commune de Malakoff a délivré à Mme D un permis de construire, ensemble la décision en date du 22 février 2023 ayant rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Malakoff et de Mme D une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté de permis de construire a été signé par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas démontré que l'arrêté de délégation de compétence était exécutoire à la date de l'arrêté en litige et que son contenu était suffisamment précis ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet, en méconnaissance des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, dès lors que le plan de masse comporte d'une part des cotes erronées et d'autre part des contradictions en comparaison du plan de façade sud qui indique une implantation en débord de l'alignement ;
- l'arrêté de permis de construire a été pris suite à des consultations irrégulières ;
- il méconnait l'article UB6 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnait l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les façades du projet de construction implantées sur les limites séparatives latérales ne présentent pas une hauteur minimale de neuf mètres et comportent des baies ;
- il méconnait l'article UB9 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnait l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, la commune de Malakoff conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme G et M. F lui versent une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 12 juillet 2023 et le 23 avril 2024, Mme B D, représentée par Me Batot, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme G et M. F lui versent une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un intérêt pour agir et, à titre de subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chaufaux,
- les conclusions de Mme Garona, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marceau, représentant Mme G et M. F, et de Me Batot, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 12 décembre 2022, la maire de la commune de Malakoff a délivré à Mme D un permis de construire un bâtiment comprenant trois logements d'une superficie de 315,36 m2 de surface de plancher, après démolition des constructions existantes, sur un terrain sis au 6 rue Emile Zola à Malakoff. Par la présente requête, Mme G et M. F demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence du signataire de l'acte :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ".
3. Par un arrêté de la maire de Malakoff du 11 septembre 2020, M. E A, deuxième adjoint au maire délégué aux secteurs de l'urbanisme et de l'espace public, a reçu délégation pour signer, notamment, " les arrêtés () d'autorisation d'urbanisme ". Cet arrêté a été transmis au contrôle de légalité le 23 septembre 2020 et publié le même jour. Ainsi, cet arrêté de délégation de compétence, dont le contenu est suffisamment précis, était exécutoire le 12 décembre 2022, date de signature de l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 12 décembre 2022 manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le vice de procédure tiré de la consultation irrégulière des services intéressés par le projet :
4. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".
5. La circonstance que le pétitionnaire, sur la demande du service instructeur, a produit un certain nombre de pièces après que divers services ont rendu leur avis n'impose un renouvellement des consultations ainsi opérées que si ces nouvelles pièces sont de nature à exercer une influence sur les avis rendus.
6. Il ressort des pièces du dossier que des modifications ont été apportées au dossier de demande de permis de construire postérieurement aux avis de l'architecte des Bâtiments de France du 21 août 2022, de l'inspection générale des carrières du 29 août 2022, du gestionnaire de la voirie communale du 2 décembre 2022, de l'établissement public territorial Vallée Sud-Grand Paris du 14 septembre 2022 et de la société Véolia du 16 août 2022. Toutefois, dès lors que ni le descriptif des moyens mis en œuvre pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé, ni les documents d'insertion graphique n'ont été modifiés et que seule des précisions mineures ressortant de ces mêmes documents d'insertion graphique ont été apportées à la notice du projet architectural, une nouvelle consultation de l'architecte des Bâtiments de France n'était pas nécessaire. Il en est de même de l'inspection générale des carrières en l'absence de modification du rapport géotechnique, comme des services gestionnaires de réseaux à défaut de modification relative à la desserte par les réseaux d'eau potable, d'assainissement ou d'accès à la voirie. Ainsi, les modifications apportées au projet ne sont pas susceptibles d'avoir exercé une influence sur ces avis. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure du fait de la modification de pièces du dossier de demande de permis de construire postérieurement aux avis rendus par certains services et organismes consultés doit être écarté.
En ce qui concerne l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire :
7. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. " et aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".
8. Le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
9. En outre, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
10. D'une part, en se bornant à soutenir que le plan de masse comporte des cotes erronées, les requérants ne l'établissent pas. D'autre part, il ressort du plan de masse comme des plans de façade que le projet s'implante à l'alignement. La circonstance que certains plans représentent des façades en perspective n'a, en tout état de cause, pas été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur sur la conformité du projet à la réglementation applicable dès lors que ces plans, et notamment le plan de façade sud, figurent clairement la limite de propriété. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté en ses deux branches.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Malakoff :
11. En premier lieu, en vertu des dispositions de l'article UB6 relatif à l'implantation par rapport aux voies publiques et privées applicables sur le secteur, les constructions peuvent être implantées soit à l'alignement ou à la limite de fait de la voie, soit en retrait avec un minimum de 1 mètre.
12. Si les requérants soutiennent que le projet de construction s'implante en débord de l'alignement, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du plan de masse, des plans de coupe et des plans de façade, que celui-ci s'implante à l'alignement de la rue Emile Zola. Comme énoncé au point 10, si les plans de façade sud et façade nord figurent en perspective le bâtiment projeté, les plans identifient les limites de propriété de sorte qu'il résulte clairement de ces plans que le projet s'implante à l'alignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB6 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB7 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Implantation par rapport aux limites aboutissant aux voies (limites joignant l'alignement ou latérales) : / L'implantation sur les deux limites est obligatoire dans une bande de 15 mètres comptée à partir de l'alignement et sur une hauteur minimale de 9 mètres : / Avenue Augustin Dumont / Avenue Pierre Brossolette / Dans le reste de la zone, l'implantation sur au moins une des limites est obligatoire dans une bande de 15 mètres comptée à partir de l'alignement ou du reculement imposé sur une hauteur minimale de 9 mètres () Conditions d'implantation sur ces limites : / Les façades ou parties de façades implantées sur les limites ne doivent pas comporter de baies. () Les brise-soleils et les garde-corps ajourés à au moins 50% ainsi que les pare-vues translucides ne sont pas pris en compte pour la mesure des prospects. () ".
14. D'une part, il résulte de ces dispositions que si l'article UB7 prévoit que les pares-vues translucides ne sont pas pris en compte pour la mesure des règles de prospect, en revanche aucune disposition n'exclut ces derniers du calcul de la règle de hauteur minimale de neuf mètres mentionnée à l'article UB7 précité. Ainsi, et en l'absence de mention explicite contraire, il y a lieu de tenir compte des pare-vues translucides dans le calcul de la hauteur minimale de neuf mètres des façades implantées sur les limites aboutissant aux voies dans la bande de quinze mètres comptée par rapport à l'alignement. Or il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de façade sud et nord, que le projet de construction s'implante sur les deux limites séparatives latérales dans une bande de quinze mètres comptée à partir de l'alignement sur une hauteur minimale de 9 mètres.
15. D'autre part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier que les façades du projet de construction qui s'implantent sur les limites séparatives latérales sont aveugles et ne comportent aucune baie.
16. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en ses deux branches.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article UB9 relatif à l'emprise au sol : " () Coefficient maximal d'emprise au sol dans le reste de la zone : / L'emprise au sol des constructions ne pourra excéder : / Dans le secteur UB-A : / 60 % de la superficie du terrain pour l'habitation, l'hébergement hôtelier, les bureaux, l'industrie, les entrepôts. / 70% de la superficie du terrain pour le commerce, l'artisanat, les services publics ou d'intérêt collectif. ".
18. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice du projet architectural, que la superficie du terrain est de 347,8 m2 et que l'emprise au sol du projet de construction d'une surface de 99,16 m2 s'ajoutera à celle du bâtiment existant conservé pour une emprise au sol totale de 347,8 m2, soit un coefficient d'emprise au sol de 59,9% de la superficie du terrain, inférieur au coefficient d'emprise au sol maximal de 60%. Si les requérants contestent la superficie du terrain d'assiette déclarée par la pétitionnaire qui selon eux serait de seulement 343 m2, les photographies des mesures, réalisées par leurs soins sur les plans papier du dossier de demande de permis de construire, qu'ils produisent à l'instance, sont à elles seules insuffisantes pour remettre en cause la superficie du terrain figurant dans la notice du projet architectural et établie d'après les relevés effectués par un géomètre. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB9 manque en fait et doit être écarté.
19. En quatrième lieu, en vertu de l'article UB12 qui précise les caractéristiques des aires de stationnement, le stationnement des voitures doit prévoir un dégagement de 5 mètres. Par ailleurs, les places commandées ne sont pas autorisées.
20. D'une part, les requérants soutiennent que le projet prévoit des places commandées, c'est-à-dire des places qui ne sont pas directement accessibles. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit cinq places de stationnement dont une place PMR accessible directement depuis la voie publique et quatre places de stationnement aménagées en sous-sol dans un doubleur avec fosse et accessibles par un monte-voiture. Dans ces conditions, aucune des places de stationnement ne nécessitant le déplacement d'un autre véhicule pour être accessible, le projet ne prévoit pas de place commandée. D'autre part, il ressort du plan du R-1 que les places de stationnement des voitures bénéficient d'un dégagement de 5,33 mètres. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en ses deux branches.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du code de l'urbanisme :
21. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
22. Lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et règlementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
23. Les requérants invoquent les risques que l'accès parking prévu par le projet de construction présenterait pour la sécurité publique. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que les caractéristiques de l'accès aux cinq places de stationnement du projet présenteraient un risque pour la sécurité des usagers de la voie publique ou des personnes utilisant cet accès, ni que la rue Emile Zola, voie à sens unique, ne serait pas adaptée pour un tel accès. Par suite, l'existence de risques pour la sécurité publique n'est pas établie de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
24. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
25. Il résulte de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
26. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'implante sur une rue aux constructions hétérogènes et sans intérêt architectural particulier. Si, comme le font valoir les requérants, la rue Emilie Zola est majoritairement pavillonnaire, elle comporte toutefois quelques immeubles collectifs et notamment un immeuble en R+4, au sein duquel les requérants sont propriétaires d'un appartement, auquel le projet de construction également en R+4 mais d'une moindre hauteur viendra s'adosser, en remplacement de trois garages vétustes. Dans ces conditions, et alors que l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord au projet le 21 août 2022, le projet ne porte pas atteinte à l'intérêt architectural des lieux. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.
27. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de Mme G et M. F doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D et de la commune de Malakoff, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de Malakoff au même titre. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G et M. F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Malakoff présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Mme G et M. F verseront à Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C G et M. H F, à la commune de Malakoff et à Mme B D.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Beauvironnet, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteure,
E. Chaufaux
La présidente,
S. EdertLa greffière,
K. Nabunda
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026