Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2306341

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2306341
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, demandeur d'asile russe, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de rétablir ses conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que la décision de l'OFII était suffisamment motivée et que l'administration avait procédé à un examen particulier de sa situation. Il a estimé que les moyens soulevés par M. B, notamment le défaut de motivation, l'absence d'examen de sa vulnérabilité et l'erreur de fait, n'étaient pas fondés. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 551-16 et L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2023, M. A B, représenté par Me Pluchet, avocate, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision, en date du 11 avril 2023, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge a rejeté sa demande tendant au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, avec effet depuis leur cessation, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à Me Pluchet, qui sera autorisée à en percevoir directement le recouvrement.

M. B soutient que la décision contestée :

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- est illégale, dès lors que sa demande d'asile a été enregistrée en procédure " normale " par les autorités françaises ;

- est intervenue sur une procédure irrégulière, compte tenu de l'absence de prise en considération de sa vulnérabilité ;

- est intervenue sur une procédure irrégulière, compte tenu de l'absence de formation spécifique de l'agent ayant mené l'entretien de vulnérabilité ;

- est illégale, dès lors que le contenu du questionnaire fixé par l'arrêté du 23 octobre 2015 est lui-même illégal ;

- est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il n'a pas manqué à ses obligations de présentation aux autorités ;

- est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il a quitté spontanément le territoire français ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la modulation du degré de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par M. B n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile prévu à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Kelfani, président, a été entendu, au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, demandeur d'asile de nationalité russe, conteste la décision, en date du 11 avril 2023, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge a rejeté sa demande tendant au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ".

3. La décision dont l'annulation est demandée vise notamment l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et indique que M. B a fait l'objet d'une décision de cessation des conditions matérielles d'accueil le 12 juin 2019 au motif qu'il n'avait pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités. Dès lors, elle comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée.

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation du requérant avant de prendre la décision contestée.

5. Aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " À la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables () ". Aux termes de l'article L. 522-2 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. ". Enfin, l'article L. 522-3 du code précité dispose : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".

6. D'une part, l'Office français de l'immigration et de l'intégration expose que le requérant a bénéficié, le 11 février 2019, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile, d'un entretien effectué par un de ses agents et avec le concours d'un interprète, durant lequel sa situation a été évaluée. L'Office ajoute que cette évaluation n'a pas mis en lumière d'éléments particuliers de vulnérabilité et que, sur une échelle de 0 à 3, la vulnérabilité de M. B a été évaluée à 1. En outre, le 24 août 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a procédé à un nouvel entretien personnel d'évaluation de vulnérabilité avec le requérant, en présence d'un interprète en langue russe. Il ressort de la fiche d'évaluation de vulnérabilité, rédigée à cette occasion, produite par l'Office, que le requérant a alors indiqué qu'il n'était pas hébergé, fait état spontanément d'un problème de santé et n'a pas déposé de documents à caractère médical sous pli confidentiel. Toutefois, s'il en ressort également qu'un certificat médical vierge pour avis " Medzo " lui a été remis, afin qu'il le fasse remplir par un médecin, l'Office français de l'immigration et de l'intégration soutient, sans être contredit, que le requérant n'a pas retourné de certificat médical et n'a, ainsi, pas donné suite à cette procédure. Enfin, M. B a bénéficié d'un dernier entretien personnel d'évaluation de vulnérabilité le 4 avril 2023, soit sept jours avant l'intervention de la décision contestée, avec un auditeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et en présence d'un interprète en langue russe. La fiche d'évaluation versée au dossier établit qu'il n'a, à cette occasion, fait état spontanément d'aucun problème de santé, pas déposé de documents à caractère médical sous pli confidentiel et qu'aucun certificat médical vierge pour avis " Medzo " ne lui a été remis.

7. D'autre part, M. B, qui est né le 3 juillet 1994, n'a joint aucun document médical à sa requête. Il n'en avait pas davantage produit à l'appui de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil en date du 29 mars 2023.

8. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celui tiré de ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas pris en compte la vulnérabilité de M. B doivent être écartés.

9. Aucune pièce du dossier ne permet de tenir pour établi que les entretiens d'évaluation de vulnérabilité mentionnés au point 6, notamment ceux des 24 août 2022 et 4 avril 2023, n'auraient pas été conduits par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin, ainsi que le prescrit l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'Office français de l'immigration et de l'intégration fait, par ailleurs, valoir que la fonction des auditeurs " asile ", dont l'une des missions consiste à évaluer la vulnérabilité des demandeurs d'asile, reçoivent, dès leur recrutement, une formation adaptée à leurs missions.

10. Aux termes de l'article R. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application des articles L. 522-1 à L. 522-4, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. ".

11. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. Le requérant ne saurait, dès lors, utilement exciper de l'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile prévu à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pris en application des dispositions rappelées ci-dessus, la décision attaquée n'ayant pas été prise pour son application et n'en constituant pas la base légale.

12. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté en date du 1er avril 2019, le préfet de la Haute-Garonne a ordonné le transfert de M. B aux autorités autrichiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, et que la requête formée par l'intéressé et dirigée contre cet arrêté a été rejetée par un jugement du magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Toulouse du 24 mai 2019, confirmé par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Bordeaux du 9 juillet 2020. Il est constant que M. B ne s'est pas présenté aux autorités françaises en vue de l'exécution de l'arrêté de transfert du 1er avril 2019. Dans ces conditions, le requérant doit être regardé comme n'ayant pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment celle de se présenter à toutes les convocations de l'administration, obligations auxquelles il avait consenti, le 11 février 2019, lorsqu'il a accepté de bénéficier des conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Ce manquement pouvait justifier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile rappelées au point 2, une décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. En outre, si le requérant soutient qu'il a quitté spontanément la France pour l'Autriche, avant de rejoindre la Russie le 11 mars 2020, puis de revenir en France le 13 août 2022, il n'établit pas ni même n'allègue que les autorités autrichiennes auraient refusé d'examiner sa demande d'asile.

13. Si les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et acceptées initialement par le demandeur d'asile peuvent être modifiées, en fonction notamment de la situation de celui-ci ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'obligation de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil acceptées initialement. La circonstance que la demande d'asile de M. B a été enregistrée en procédure dite " normale " par le préfet des Yvelines le 24 octobre 2022 est donc sans incidence sur la légalité de la décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil dont l'annulation est demandée.

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à ce qui a été dit aux points 6 et 7, que M. B se trouvait, lorsqu'il a présenté sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, dans une situation d'une particulière vulnérabilité, qui justifierait l'annulation de la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge en date du 11 avril 2023 pour erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

15. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : / a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; ou / b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national ; ou / c) a introduit une demande ultérieure telle que définie à l'article 2, point q), de la directive 2013/32/UE. / En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. / 2. Les États membres peuvent aussi limiter les conditions matérielles d'accueil lorsqu'ils peuvent attester que le demandeur, sans raison valable, n'a pas introduit de demande de protection internationale dès qu'il pouvait raisonnablement le faire après son arrivée dans l'État membre. / 3. Les États membres peuvent limiter ou retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur a dissimulé ses ressources financières et a donc indûment bénéficié de conditions matérielles d'accueil () 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. / 6. Les États membres veillent à ce que les conditions matérielles d'accueil ne soient pas retirées ou réduites avant qu'une décision soit prise conformément au paragraphe 5. ".

16. La circonstance qu'un demandeur d'asile puisse se voir opposer une décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, dans les hypothèses visées au 3°) de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas incompatible avec les dispositions précitées de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, qui permettent bien l'édiction d'une telle mesure, sous diverses réserves, notamment celles énoncées au paragraphe 5. de cet article. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquelles la décision attaquée a été prise, méconnaissent les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013.

17. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'en décidant d'opter pour un refus total, comme le permet l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non partiel, de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont M. B avait bénéficié, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge aurait commis une erreur d'appréciation.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

19. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête de M. B ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, en tout état de cause, celles de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024 à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

K. KELFANI

La conseillère,

signé

M. LOUAZELLa greffière,

Signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.