mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2306342 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | GERIGNY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 mai 2023, 19 juillet et 25 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Dallois Segura, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 10 février 2023 est entaché d'une erreur de fait ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations des articles 7 bis et 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle eu égard au pouvoir discrétionnaire de régularisation du préfet.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 28 mai 2024, la clôture d'instruction, initialement fixée au 5 juin 2024, a été reportée au 29 juillet 2024.
Par un courrier du 18 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de prononcer d'office une injonction à la délivrance d'un certificat de résidence algérien à Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courtois, rapporteure,
- et les observations de Me Dallois-Segura, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 15 janvier 1952, entrée en France le 20 janvier 2022, munie d'un visa Schengen " ascendant non à charge " valable du 20 janvier au 17 juillet 2022, a sollicité le 4 août 2022 une admission exceptionnelle au séjour. Par une décision du 10 février 2023, dont Mme A demande l'annulation au tribunal, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Ces dispositions sont relatives aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale. Ces conditions sont cependant régies de manière exclusive, en ce qui concerne les ressortissants algériens, par l'accord du 27 décembre 1968. Un ressortissant algérien ne saurait dès lors utilement invoquer les dispositions précitées de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
3. En l'espèce, pour refuser d'admettre au séjour Mme A, en vertu de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, le préfet du Val-d'Oise a retenu qu'eu égard à la brièveté de son séjour, aux conditions de ce dernier en France et à la circonstance qu'elle n'était pas isolée dans son pays d'origine, elle ne pouvait être regardée comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à permettre la régularisation de sa situation au titre de la vie privée et familiale. Pourtant, si Mme A a en effet six enfants dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 70 ans, elle établit, en versant à l'instance deux certificats médicaux des 15 et 22 janvier 2024, souffrir de nombreuses pathologies, son état de santé nécessitant un suivi spécialisé au long cours compte tenu de sa très grande perte d'autonomie alors que ses enfants habitant en Algérie, éloignés géographiquement de leur mère, attestent ne pas disposer des ressources financières pour la prendre en charge et s'occuper d'elle régulièrement ainsi que l'exige son état de santé dégénératif. Il ressort en outre des pièces du dossier que Mme A a trois enfants, de nationalité française, qui vivent en France et que l'un d'eux dispose des ressources financières pour la prendre intégralement en charge et l'héberger ainsi qu'en attestent son contrat de travail à durée indéterminée, ses bulletins de paie et son avis d'imposition. Dans ces conditions, compte tenu de la présence en France de trois de ses enfants ayant la nationalité française, de la circonstance que l'un d'eux dispose des ressources pour la prendre en charge alors que son état de santé le nécessite et alors même qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales en Algérie, le préfet du Val-d'Oise a, en estimant que Mme A ne faisait pas état de motifs justifiant une admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale, entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 10 février 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le motif d'annulation retenu par le présent jugement implique nécessairement que l'autorité compétente délivre un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " à Mme A. Il y a lieu, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent compte-tenu du lieu de résidence actuel de l'intéressée, de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du préfet du Val-d'Oise en date du 10 février 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet compétent au regard de son lieu de résidence actuel, de délivrer à Mme A un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Drevon-Coblence, présidente,
Mme C et Mme Courtois, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
La rapporteure,
signé
M-A Courtois
La présidente,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026