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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2306577

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2306577

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2306577
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantBOAMAH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 mai 2023, M. A B, représenté par Me Boamah, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a retiré son certificat de résidence algérien valable jusqu'au 13 août 2025 ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'une erreur de droit au regard de l'article R. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'un défaut de base légale ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code pénal ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Cuisinier-Heissler a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien, né le 20 avril 1991, est entré en France le 6 avril 2013 et a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien " conjoint algérien de français " valable jusqu'au 13 août 2025. Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre le 14 septembre 2022 à 18 mois d'emprisonnement dont 6 mois avec sursis probatoire pendant 3 ans et à une interdiction du territoire français pour une durée de dix ans pour violence par une personne en état d'ivresse manifeste suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à huit jours et menace de mort matérialisée par écrit, image ou autre objet. Par un arrêté du 9 mars 2023 dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine lui a retiré son certificat de résidence algérien.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant retrait du titre de séjour :

2. Aux termes de l'article 131-30 du code pénal : " Lorsqu'elle est prévue par la loi, la peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime ou d'un délit. L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion. () ". Aux termes de l'article R. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des dispositions des articles R. 421-36, R. 421-37, R. 421-40 et R. 424-4, le titre de séjour est retiré dans les cas suivants : () / 2o L'étranger titulaire du titre de séjour fait l'objet d'une décision judiciaire d'interdiction du territoire ; ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'administration est tenue de pourvoir à l'exécution de la décision judiciaire d'interdiction du territoire français, devenue définitive, en procédant au retrait du titre de séjour ou de la carte de résident de l'intéressé. Par ailleurs, aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de la peine complémentaire que constitue l'interdiction judiciaire du territoire, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution.

4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine a retiré le certificat de résidence algérien de M. B au motif qu'il a fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire français d'une durée de dix ans. L'intéressé n'établit ni n'allègue avoir présenté une requête en relèvement de cette interdiction ni n'avoir pas terminé sa détention à la date de la notification de l'arrêté contesté. Ainsi, le préfet des Hauts-de-Seine était en situation de compétence liée pour procéder, sur le fondement des dispositions de l'article R. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au retrait du certificat de résidence algérien dont l'intéressé était titulaire. Il suit de là que les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation personnelle, de l'erreur de droit, du défaut de base légale et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales invoqués à l'encontre de l'arrêté contestée du 8 mars 2023 sont inopérants et doivent être écartés pour ce motif.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté portant retrait de son certificat de résidence algérien. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent également être rejetées, ensemble celles présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

S. Cuisinier-HeisslerLe président,

Signé

T. BertonciniLa greffière,

Signé

N. Magen

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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