lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2306739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2023, Mme A C, épouse B, représentée par Me Cacciapaglia, avocate, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 21 mars 2023, par laquelle la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2°) d'enjoindre au département du Val-d'Oise de procéder à sa réintégration dans les effectifs dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département du Val-d'Oise la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C, épouse B soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle ne peut plus exercer son activité professionnelle, ce qui la place dans une situation de précarité financière ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui :
* a été prise par un autorité incompétente ;
* est entachée d'un défaut de motivation, dès lors qu'elle ne vise aucune disposition légale et ne présente aucune motivation circonstanciée, que l'incident lié à son déplacement au Maroc ayant déjà été sanctionné par un blâme il ne peut pas être sanctionné de nouveau par un licenciement ;
* méconnaît les dispositions de l'article L. 423-35 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que le département du Val-d'Oise ne démontre pas que la convocation à l'entretien préalable a été notifiée au moins cinq jours ouvrables avant l'entretien préalable au licenciement ;
* a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense prévus par l'article 6, paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle n'a pas pu assurer utilement sa défense ;
* méconnaît les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles, dès lors qu'elle ne formule aucun grief précis et que les faits reprochés ne sont pas avérés ;
* est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2023, le département du Val-d'Oise, représenté par Me Cazin, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C, épouse B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département du Val-d'Oise fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que Mme C, épouse B ne démontre pas que la décision de licenciement préjudicie de façon grave et immédiate à sa situation financière de façon telle qu'elle ne peut plus faire face à des charges incompressibles, et qu'elle n'a saisi le juge des référés que trois jours avant l'expiration du délai de recours contentieux ;
- aucun des moyens invoqués par la requérante n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, qui :
* a été prise par une autorité dont la compétence est établie en vertu d'un arrêté en date du 16 février 2023 portant délégation de fonctions à la cheffe du service départemental d'accueil en famille ;
* ne méconnaît pas l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que l'énonciation des motifs est suffisamment précise et les griefs sont matériellement vérifiables, que le licenciement sanctionne la persistance du comportement de la requérante, que la procédure de licenciement a été respectée ;
* ne méconnaît pas les droits de la défense prévus par l'article 6, paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que ces dispositions ne sont pas applicables au contentieux de la fonction publique et au décisions émanant d'autorités administratives qui n'ont pas le statut de juridiction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2306740, enregistrée le 20 mai 2023, par laquelle Mme C, épouse B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 9 juin 2023 à 9 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière :
- le rapport de M. Kelfani, juge des référés ;
- les observations de Me Afonso, avocate, substituant Me Cacciapaglia et de Mme C, épouse B ;
- et les observations de Me Benmerad, avocate, substituant Me Cazin.
Mme C, épouse B, représentée par Me Cacciapaglia, a produit des pièces, enregistrées le 10 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, épouse B, a été recrutée par le département du Val-d'Oise en qualité d'assistante familiale par un contrat de travail à durée indéterminée en date du 10 mars 2022. Par une décision en date du 21 mars 2023, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a prononcé le licenciement de Mme C, épouse B pour insuffisance professionnelle. Mme C, épouse B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. La décision litigieuse a pour effet de priver le foyer de Mme C, épouse B des revenus résultant de l'activité d'assistante familiale que l'intéressée exerçait et dont le montant mensuel net s'élevait jusqu'au mois de février 2023 à 1 700 euros. Il est, par ailleurs, constant que cette perte de revenus ne sera que partiellement et temporairement compensée par une indemnité de chômage. En outre, si l'époux de la requérante occupe un emploi et perçoit à ce titre un salaire mensuel net compris entre 2 500 et 3 000 euros, le couple a trois enfants à charge. Ainsi, la décision contestée porte aux intérêts de Mme C, épouse B une atteinte suffisamment grave et immédiate. Il suit de là que la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite, alors même que la requérante a présenté sa demande de suspension de la décision contestée, qui lui a été notifiée le 23 mars 2023, le 20 mai 2023.
5. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par Mme C, épouse B et tirés de ce que la décision dont elle demande la suspension de l'exécution n'est pas suffisamment motivée et de ce qu'en prononçant son licenciement pour insuffisance professionnelle, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a, en l'absence de motif réel et sérieux, fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles et commis une erreur d'appréciation, paraissent susceptibles de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en date du 21 mars 2023.
6. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions auxquelles les dispositions, rappelées au point 2, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent le prononcé d'une mesure de suspension sont réunies. Dès lors, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 21 mars 2023, par laquelle la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a prononcé le licenciement de Mme Mme C, épouse B pour insuffisance professionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. La suspension de l'exécution de la décision de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise en date du 21 mars 2023 implique nécessairement que Mme C, épouse B soit réintégrée dans ses fonctions d'assistante familiale, à titre provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision. Il y a lieu d'enjoindre au département du Val-d'Oise de procéder à l'exécution de cette mesure, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Val-d'Oise la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de Mme C, épouse B, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision, en date du 21 mars 2023, par laquelle la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a prononcé le licenciement de Mme C, épouse B est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au département du Val-d'Oise de procéder à la réintégration de Mme C, épouse B dans ses fonctions d'assistante familiale, à titre provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision en date du 21 mars 2023, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le département du Val-d'Oise versera à Mme C, épouse B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C, épouse B et les conclusions du département du Val-d'Oise présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, épouse B et au département du Val-d'Oise.
Fait, à Cergy-Pontoise, le 12 juin 2023.
Le juge des référés,
Signé
K. Kelfani
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026