mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2306828 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | AMRAM |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 mai 2023, enregistrée le même jour, la présidente de la 1ière section du tribunal administratif de Paris, a transmis au tribunal la requête de M. C
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris, M. D C, représenté par Me Amram, demande au tribunal :
1°) d'abroger l'arrêté du 25 février 2022 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant algérien né le 26 mai 1975, est entré en France, selon ses déclarations, en 2015. Par un arrêté du 25 février 2022 devenu définitif, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par courrier du 6 janvier 2023, M. C a déposé une demande d'abrogation de l'arrêté au préfet de police qui, par décision du 30 janvier 2023 a rejeté sa demande. Le requérant doit être regardé comme demandant l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, il ressort de l'examen de la décision attaquée que, pour refuser la demande d'abrogation de l'arrêté du 25 février 2022, le préfet de police a fait valoir que les éléments transmis par M. C n'étaient pas de nature à modifier ledit arrêté. Dès lors que la demande était fondée sur un changement dans la situation de fait de M. C, et que la décision initiale était motivée en droit et en fait, cette motivation doit en l'espèce être regardée comme suffisante. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes du deuxième aliéna de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. " Il résulte de ces dispositions que l'administration n'est tenue de faire droit à une demande d'abrogation d'une décision portant obligation de quitter le territoire français que si l'illégalité de cette décision résulte de circonstances de droit ou de fait qui lui sont postérieures et susceptibles d'avoir une incidence sur le maintien de cette obligation. Lorsqu'il n'est pas justifié d'un tel changement, le préfet est en droit, pour cette seule raison, de refuser l'abrogation ainsi demandée. Il est également loisible au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier l'opportunité d'abroger la mesure d'éloignement, notamment en vue de régulariser la situation de l'étranger. Lorsqu'au contraire, il est justifié d'un tel changement, rendant illégal le maintien de cette mesure d'éloignement, le préfet est tenu de l'abroger.
5. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
6. M. C soutient qu'il est en France depuis 2015, qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 23 juillet 2020 et qu'il est marié avec Mme A B ressortissante française. Il se prévaut ainsi de sa durée de séjour sur le territoire français, de son insertion sociale et professionnelle et de ses liens affectifs forts en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ces éléments ne sont pas postérieurs à l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français du 25 février 2022. En outre, le requérant ne soutient ni même n'allègue avoir été empêché de les porter à la connaissance du préfet de police. Il s'ensuit que M. C ne justifie pas d'éléments nouveaux de nature à modifier l'appréciation portée par le préfet de police sur son droit au respect de la vie privée et familiale. Dans ces circonstances, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
7 En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de police n'aurait pas, avant de prendre l'arrêté contesté, procédé à un examen particulier et complet de la situation de M. C au regard des éléments qui avaient été portés à sa connaissance. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de police a refusé d'abroger l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 25 février 2022, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
S. Cuisinier-HeisslerLe président,
Signé
T. BertonciniLa greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2306828
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026