mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2306850 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MIKEB SAAD KUTEF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 mai 2023 et 28 novembre 2023, M. E, représenté par Me Biaou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de le munir dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaissent l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, d'une part, elles ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière à défaut de saisine de la commission du titre de séjour, d'autre part, elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 novembre 2023, la clôture de l'instruction est fixée au 18 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Ouillon, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant capverdien né le 12 novembre 1970, serait entré en France au mois de mai 2012, muni d'un visa Schengen valable jusqu'au 5 juillet 2012, selon ses déclarations. Il a sollicité le 21 décembre 2022 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 19 avril 2023 dont il demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ".
3. D'une part, M. C soutient qu'il est entré en France au mois de mai 2012 et qu'il y réside de manière continue depuis lors, soit depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué, alors que le préfet du Val-d'Oise a contesté la réalité de sa résidence habituelle en France pour la période antérieure à mai 2015. Le requérant n'établit pas, par les pièces versées au dossier, sa résidence habituelle en France au cours de l'année 2014. En effet, les pièces produites sont insuffisantes pour l'établir et n'attestent que d'une présence ponctuelle en France. Il en va ainsi du compte rendu médical daté du 27 février 2014 du chef clinique assistant du service ophtalmologique de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière, des courriers de cet hôpital des 25 mars et 13 octobre confirmant les rendez-vous de M. C les 26 avril et 23 décembre 2024, sans que ce dernier établisse s'ils ont été honorés, ainsi que d'un avis d'imposition émis le 29 avril 2016 mentionnant un montant d'impôt nul au titre de l'année 2014. Dans ces conditions, M. C ne justifie pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué. Le préfet n'était donc pas tenu de soumettre la demande de l'intéressé pour avis à la commission du titre de séjour avant de prendre l'arrêté contesté.
4. D'autre part, la circonstance que M. C résiderait sur le territoire français depuis 2012 est en elle-même insuffisante pour prétendre à une admission exceptionnelle au séjour. En tout état de cause, le requérant ne démontre pas sa présence en France depuis cette date, en particulier pour les années 2012 et 2014. Par ailleurs, si l'intéressé fait valoir que sa fratrie séjourne sur le territoire français, M. C n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son épouse et ses deux enfants, et où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 41 ans. En outre, le fait qu'il ait bénéficié de titres de séjour en qualité de malade ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement en France. De plus, les bulletins de paie produits par l'intéressé en qualité d'agent de services au sein de la société Prestige Facilities pour une activité exercée à temps partiel pendant deux mois et deux semaines en 2016, de la société Labrenne propreté au mois d'août de la même année, puis en tant que coffreur au sein de la société intérimaire actual agence emploi pour une semaine au mois de mai 2018 et enfin pour le compte de la société STL TP où il a travaillé comme chauffeurs poids lourds en juillet 2019 puis entre février 2020 et janvier 2021 sont insuffisants pour prétendre à une admission exceptionnelle au séjour en tant que salarié. Ainsi, M. C, qui ne justifie d'aucune activité professionnelle à la date de l'arrêté en litige, n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard des dispositions précitées. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, uniquement opérant à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, ne peut qu'être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouillon, président,
Mme A, première conseiller ;
Mme Richard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024
Le président-rapporteur,
signé
S. Ouillon
L'assesseure la plus ancienne,
signé
C. A La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026