vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2307100 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TISLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 et 30 mai 2023, M. A C, représenté par Me Tisler, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de 45 jours, renouvelable une fois ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable depuis le 2 mai 2023 ;
4°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au retrait de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté du 31 mars 2023 :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'incompétence de leur auteur ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elles sont entachées d'une erreur matérielle ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente aucune menace à l'ordre public, qu'il est pleinement intégré à la société française et qu'il est voué à effectuer une carrière professionnelle réussie.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision retirant l'attestation de prolongation d'instruction de la demande de titre de séjour :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de l'arrêté du 7 avril 2023 :
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robert comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 30 mai 2023 :
- le rapport de M. Robert, magistrat désigné ;
- les observations de Me Tisler, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et fait valoir, en outre, que les faits reprochés à son client sont anciens puisqu'ils se sont déroulés quelques jours après son entrée sur le territoire français en août 2019, qu'il a immédiatement reconnu les faits, qu'il a suivi le stage de responsabilisation prévu par l'ordonnance d'homologation pénale du 17 avril 2022, laquelle prévoit explicitement une absence d'inscription de M. C au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles au regard de la nature des faits, de leur ancienneté et de l'absence de réitération ;
- les observations de M. C, qui précise qu'il regrette les faits précités, qu'il a toujours reconnu sa responsabilité, qu'il a poursuivi ses études avec succès depuis 2019, que l'assignation à résidence l'empêche de poursuivre son contrat d'apprentissage au sein de la société C, que l'interdiction de retour sur le territoire français et son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen lui poseront des difficultés sur le plan professionnel ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain né le 27 novembre 1999, M. C est entré en France le 19 août 2019 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS/TS) mention " étudiant " et a bénéficié de plusieurs titres de séjour sur le même fondement dont le dernier expirait le 9 novembre 2022. Le 8 octobre 2022, l'intéressé a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 31 mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouvelé son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un second arrêté du 7 avril 2023, le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de 45 jours, renouvelable une fois. M. C demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence () / (), lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. () ".
3. L'obligation de quitter le territoire français adoptée à l'encontre de M. C est fondé sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, en application de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il doit être statué sur la décision relative au séjour l'accompagnant dans les conditions prévues à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à la
sous-section 1 de la section 2 du chapitre VI du titre VII du livre VII du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de renvoyer, à une formation collégiale du tribunal, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus de renouvellement du titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de l'arrêté du 31 mars 2023 :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
4. En premier lieu, d'une part, l'arrêté du 31 mars 2023 a été signé par M. Pascal Gauci, secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui disposait d'une délégation de signature aux fins de signer tous les arrêtés relevant des attributions de l'État dans le département, consentie par l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine n° 2022-041 du 2 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine le même jour accessible tant aux juges qu'aux parties.
5. En deuxième lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Et l'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
6. En l'espèce, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celui des relations entre le public et l'administration. Il vise également les circonstances de faits propres à la situation de M. C notamment qu'il est entré en France le 19 août 2019 sous couvert d'un VLS/TS mention " étudiant ", qu'il a bénéficié de plusieurs titres de séjour sur le même fondement dont le dernier expirait le 9 novembre 2022, qu'il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour le 8 octobre 2022, mais que les dispositions de l'article L. 412-5 du code précité prévoit que la circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire ou de la carte de séjour pluriannuelle et que, en l'espèce, M. C a été condamné pour des faits d'agression sexuelle le 17 avril 2022 par le tribunal judiciaire de Nancy à l'obligation d'accomplir un stage de responsabilisation pour la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple et sexistes. L'arrêté attaqué précise également que ces faits justifient qu'il soit obligé de quitter le territoire, que le requérant est célibataire, sans enfant, qu'il est étudiant, qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans, et qu'il ne peut donc pas invoquer la protection contre l'éloignement prévue par l'article L. 611-3 du code précité. En outre, l'arrêté mentionne que, de par ses antécédents judiciaires, le comportement du requérant est de nature à troubler l'ordre public, qu'il y a donc lieu de lui refuser le délai de départ volontaire de 30 jours. De surcroit, l'arrêté attaqué précise que M. C ne justifie pas d'une ancienneté de séjour régulier importante et de liens privés et familiaux en France, qu'il a été condamné pour des faits d'atteinte à la personne durant la validité de son dernier titre de séjour et que la durée de l'interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Enfin, l'arrêté attaqué précise qu'il ne contrevient pas aux stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, l'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé, avant son édiction, à l'examen particulier de la situation personnelle de M. C.
8. En quatrième lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur matérielle et d'une erreur de droit ne sont pas assortis des précisions permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
10. M. C soutient que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance d'homologation du 17 avril 2022, le tribunal judiciaire de Nancy a reconnu le requérant coupable d'une agression sexuelle commise le 30 août 2019 et l'a condamné à accomplir un stage de responsabilisation pour la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple et sexistes. Si M. C semble exprimer des regrets sincères concernant les faits commis dans un contexte festif quelques jours après son entrée sur le territoire français, qu'il a reconnu sa responsabilité, qu'il n'a jamais fait l'objet d'autres condamnations et que l'ordonnance pénale prévoit explicitement une absence d'inscription au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles, il n'en demeure pas moins que les faits commis sont constitutifs d'une atteinte à la personne. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet des Hauts-de-Seine a pu estimer que la présence du requérant en France constituait une menace à l'ordre public.
11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. M. C soutient qu'il réside en France depuis août 2019, qu'il justifie du sérieux et de la progression de ses études et qu'il est pleinement intégré à la société française. Toutefois, le requérant a résidé en France sous couvert de titres de séjour mention " étudiant " qui ne lui donnaient pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. En outre, s'il démontre posséder un réseau amical et professionnel sur le territoire national, il ressort des pièces du dossier qu'il est sans enfant et n'est pas dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans. Par suite, la décision attaquée ne porte pas au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire
13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; (..) ".
14. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. C, le préfet des Hauts-de-Seine a considéré que, en raison de ses antécédents judiciaires, le comportement du requérant constituait une menace pour l'ordre public. Toutefois, si, comme exposé au point n°10, les faits commis par le requérant le 30 août 2019 sont constitutifs d'une atteinte à la personne, ces faits ont eu lieu près de quatre années avant la date d'édiction de la décision attachée. En outre, le requérant a immédiatement reconnu sa responsabilité et l'ordonnance d'homologation pénale prévoit explicitement une absence d'inscription de M. C au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles " au regard des faits et de leur ancienneté, et de la non-réitération de ceux-ci depuis le 30 août 2019 ". Dans ces circonstances, et en l'absence d'éléments produits par le préfet des Hauts-de-Seine qui seraient de nature à démontrer une dangerosité actuelle de M. C, la menace à l'ordre public que constituerait son comportement n'apparaît pas suffisamment actuelle pour justifier le refus de délai de départ volontaire. Au surplus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui possède un domicile identifié, achève son année universitaire et exerce une activité professionnelle, présente un risque de suite. Ainsi, M. C est fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et qu'elle doit, par suite, être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
15. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
17 Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle il se serait soustrait, justifie avoir sérieusement suivi quatre années d'études supérieures dans le domaine du luxe au terme desquelles il bénéficie actuellement d'un contrat d'apprentissage au sein d'une entreprise située à Paris. En outre, il n'est pas dépourvu d'attaches privées sur le territoire français et, comme exposé au point n°14, s'il a commis des faits constitutifs d'une atteinte à la personne le 30 août 2019, il n'a pas réitéré depuis. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle doit, par suite, être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision.
18. Il résulte de ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2023 en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français.
S'agissant de l'arrêté du 7 avril 2023 :
19. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
20. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour assigner M. C a résidence, le préfet des Hauts-de-Seine a considéré que celui-ci " est dépourvu de document d'identité et de voyage, ce qui ne permet pas l'exécution d'office et immédiate de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ; qu'il est nécessaire d'obtenir un laissez-passer consulaire et de prévoir l'organisation matérielle du départ ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C est titulaire d'un passeport en cours de validité. Au demeurant, le préfet a nécessairement eu une copie de ce passeport au soutien de la demande de renouvellement de titre de séjour qui avait été déposée le 7 octobre 2022. Par suite, M. C est fondé à soutenir que l'arrêté l'assignant à résidence est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
21. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 7 avril 2023 portant assignation à résidence doit être annulé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte
22. En premier lieu, l'annulation des décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français n'implique pas que soit délivrée à M. C une attestation de prolongation d'instruction, ni que soit réexaminée sa situation.
23. En second lieu, l'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder sans délai à l'effacement du signalement de M. C dans le système d'information Schengen
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
24. Dans les circonstances de l'espèce, l'État n'étant pas la partie perdante au principal, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme sollicitée par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. C dirigées contre la décision lui refusant le renouvellement d'un titre de séjour sont renvoyées devant une formation collégiale.
Article 2 : L'arrêté du 31 mars 2023 est annulé en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français.
Article 3 : L'arrêté du 7 avril 2023 est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder sans délai à l'effacement du signalement de M. C dans le système d'information Schengen.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des
Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
D. Robert Le greffier,
Signé
M. B La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 23071002
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026