jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2307619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | HAIK |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 mai 2023, enregistrée au greffe du tribunal le 7 juin 2023, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal la requête présentée par M. A I.
Par cette requête, enregistrée le 19 mai 2023, M. J A I, représenté par Me Haik, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines ou au préfet territorialement compétent, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou " salarié ", ou à défaut de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, l'autorisant à travailler, dans l'un et l'autre des cas, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence du respect de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;
La décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a fait application du règlement (CE) n°1987/2006, qui a été abrogé ;
- est disproportionnée.
Le préfet des Yvelines n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé des pièces, enregistrées le 24 mai 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 11 juillet 2023, ont été entendus :
- le rapport de Mme Garona, magistrate désignée,
- et les observations de Me Prestidge, substituant Me Haik, pour M. A I,
- le préfet des Yvelines n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A I, ressortissant brésilien, né le 23 décembre 1989, déclare être entré irrégulièrement en France en 2018. Le 17 mai 2023, il a été interpellé par les services de police de Conflans-Sainte-Honorine alors qu'il conduisait un véhicule, puis placé en garde à vue pour des faits de conduite sans permis de conduire et usage d'un faux document. Par l'arrêté attaqué du 17 mai 2023, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Par arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet des Yvelines a donné délégation à
M. H D, adjoint à la cheffe de bureau de l'éloignement et du contentieux, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C G, directeur des migrations et de
Mme B E, cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, à l'effet de signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision vise le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. A I ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Elle comporte ainsi les motifs de fait et de droit qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, M. A I soutient qu'il n'a pas été mis en mesure, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne de bénéficier de son droit d'être entendu avant le prononcé de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Toutefois, le droit d'être entendu doit être interprété en ce sens qu'il ne s'oppose pas à ce qu'une autorité nationale n'entende pas le ressortissant d'un pays tiers spécifiquement au sujet d'une décision d'éloignement lorsque, après avoir constaté le caractère irrégulier de son séjour sur le territoire national à l'issue d'une procédure ayant pleinement respecté son droit d'être entendu, elle envisage de prendre à son égard une telle décision, que cette décision d'éloignement soit consécutive ou non à un refus de titre de séjour. Il ressort du procès-verbal d'audition de l'intéressé par les services de police du
17 mai 2023 que M. A I a été entendu et a pu présenter des observations notamment en ce qui concerne sa situation administrative vis-à-vis de ses conditions de séjour en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu préalablement à l'édiction de la décision litigieuse manque en fait et doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'a pas procéder à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Il ressort des pièces du dossier que si M. A I justifie de sa présence en France depuis 2018 et travailler depuis le mois de juin 2018, il se maintient en situation irrégulière depuis son entrée en France. En outre, s'il soutient vivre en concubinage avec Mme F, avec laquelle il a eu un enfant au mois de juin 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière réside en situation régulière sur le territoire national. Dès lors, et compte tenu du jeune âge de son fils, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans son pays d'origine, le Brésil, dès lors qu'il ressort de son audition par les services de police que le requérant ne dispose d'aucune attache familiale sur le territoire national et n'établit ni même n'allègue être dépourvu de tout lien dans son pays d'origine, où il a vécu, à tout le moins, jusqu'à l'âge de 29 ans. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, la décision vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant est entré en France en 2018 selon ses déclarations, qu'il vit en concubinage avec Mme F et est père d'un enfant, qu'il ne justifie d'aucune circonstance humanitaire et qu'il n'est pas isolé dans son pays d'origine. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.
8. En deuxième lieu, si le requérant soutient que le préfet a fait application du règlement (CE) n°1987/2006, en signalant le requérant aux fins de non admission dans le système Schengen, qui a été abrogé, ce moyen est inopérant contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français régie par les dispositions des articles L. 612-6 à L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A I n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. A I au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A I est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. J A I et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La magistrate désignée,
Signé
E. Garona
La greffière,
Signé
S. Hervé Agbodjan
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2307619
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026