mercredi 26 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2308044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BEN REHOUMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2023, M. A C demande au Tribunal d'annuler l'arrêté, en date du 8 juin 2023, par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office.
M. C soutient que l'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen sérieux de situation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet du Val-d'Oise a produit des pièces, enregistrées le 24 juillet 2023, et informé le Tribunal qu'il confirmait sa décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Prost, premier conseiller, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prost, magistrat désigné ;
- les observations de Me Ben Rehouma, avocate commis d'office, qui formule :
- des conclusions nouvelles tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de M. C, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant ce réexamen ;
- des moyens nouveaux : la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- et les observations de M. C, assisté de Mme C, interprète en penjabi, qui indique qu'un nouveau mandat d'arrêt a été émis à son encontre au Pakistan, qu'il n'a pas de famille en France, sa femme et ses cinq enfants demeurant au pays, qu'il veut s'insérer et travaille pour envoyer de l'argent à sa famille.
Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise a obligé M. C, ressortissant pakistanais né le 1er octobre 1969, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Par la présente requête, le requérant demande au Tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.
3. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant.
4. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () 2° Lorsque le demandeur : () b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement; / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen () ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et en particulier des mentions de la fiche " Telemofpra " concernant le requérant produite par le préfet du Val-d'Oise en défense, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. C a présenté une première demande de réexamen de sa demande d'asile qui a été rejetée, le 27 juillet 2017 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, décision notifiée le 4 août 2017, puis confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 17 août 2017 et notifiée le 10 octobre 2017. Sa deuxième demande de réexamen a été rejetée pour irrecevabilité par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 juin 2021 et notifiée le 3 juillet 2021. Enfin, M. C a présenté une troisième demande de réexamen le 5 juillet 2023, postérieurement à l'arrêté attaqué, qui a été rejetée le 10 juillet 2023. Dans ces conditions, en application des dispositions précitées le préfet du Val-d'Oise a pu, sans commettre d'erreur de droit, considérer que le droit de se maintenir sur le territoire français du requérant avait pris fin à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen doit être écarté, quand bien même l'intéressé a présenté, le 5 juillet 2023, postérieurement à l'arrêté attaqué, une troisième demande de réexamen, qu'il entend contester, ainsi qu'il le soutient à l'audience, devant la Cour nationale du droit d'asile.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
7. Il ressort des pièces du dossier et des déclarations de M. C à l'audience que le requérant n'a pas de famille en France et que son épouse et ses cinq enfants résident au Pakistan. S'il indique travailler sur des " chantiers " et se prévaut de son arrivée sur le territoire français en 2015, il ne produit aucune pièce à même de justifier d'une insertion sociale ou professionnelle en France. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
9. Si M. C soutient qu'il a fait l'objet d'un nouveau mandat d'arrêt au Pakistan et qu'il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine, il ne verse aucun élément probant de nature à établir la réalité de ses observations et notamment la réalité et la nature des menaces auxquelles il serait personnellement soumis dans ce pays. Au demeurant, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa première demande de réexamen de sa demande d'asile, par une décision en date du 27 juillet 2017, notifiée le 4 août 2017, et que cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile, par une décision en date du 17 août 2017, notifiée le 10 octobre 2017. Enfin, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a déclaré irrecevable sa deuxième demande de réexamen, par une décision en date du 25 juin 2021, notifiée le 3 juillet 2021, ainsi que sa troisième demande de réexamen, le 10 juillet 2013, comme le précise la fiche " TelemOfpra " produite par le préfet du Val-d'Oise en défense. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui n'est opérant qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
F.-X. Prost
La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026