Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2308172
lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2308172 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juin 2023, M. A B, représentée par Me Baisecourt, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juin 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a implicitement refusé sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois courant à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros toutes taxes comprises sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que l'instruction de la demande de titre de séjour du requérant a été menée à son terme et que par suite la requête est devenue sans objet.
Vu, les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu les dispositions précitées en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent.
3. En l'espèce, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du 3 juin 2022 née du silence gardé par le préfet du Val-d'oise sur sa demande de titre de séjour déposée le 3 février 2022, doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 2 novembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi, qui s'est substitué à la première décision. Dans ces conditions, la requête de M. A n'a pas perdu son objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit, par suite, être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Ainsi qu'il a été rappelé ci-dessus, l'arrêté du 2 novembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi, s'est substitué à la décision implicite de rejet née du silence de l'administration. L'intéressé ne peut dès lors utilement contester cet arrêté au motif que l'administration aurait méconnu les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois.
5. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A, qui n'a présenté qu'un seul moyen inopérant tiré de ce que l'administration aurait méconnu les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration en ne lui communiquant pas les motifs de la décision implicite de rejet du 3 juin 2022 dans le délai d'un mois imparti, doivent être rejetées par application des dispositions de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy le 23 décembre 2024.
La présidente de la 9ème chambre,
signé
H. Le Griel
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour ampliation, le greffier
N°230817