mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2308566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL CHEYSSON MARCHADIER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2023, la société Koala Propreté, représentée par le cabinet Richer et Associés, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation du marché public de la commune de Meudon portant sur les missions de mise en propreté des locaux et espaces des bâtiments municipaux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Meudon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la procédure de passation du marché en litige révèle un manquement aux obligations de mise en concurrence prévues par l'article L3 du code de la commande publique, dès lors que six des neuf annexes jointes à son offre, plus de deux heures avant la limite de dépôt des candidatures, n'ont pas été prises en compte en raison d'une défaillance technique de la plateforme dédiée de la commune de Meudon, qui, outre qu'elle n'a pas émis de message d'erreur, n'a pas voulu y remédier malgré le ticket adressé au support technique de ses services.
Par un courrier du 30 juin 2023, le tribunal a informé la commune de Meudon de ce que ses observations en défense étaient attendues pour le 12 juillet 2023 à 17 heures au plus tard.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2023, la commune de Meudon, représentée par Me Simonnet, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute d'être signée par son auteur ;
- elle n'est pas fondée, dès lors que la société Koala Propreté, qui a manqué de diligence, ne justifie pas que la plateforme Maximilien a subi un dysfonctionnement lorsqu'elle a déposé son offre, ni que son propre matériel informatique n'était pas lui-même défectueux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative,
le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 551-1 et L. 551-13 de ce même code.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 17 juillet 2023 à 9 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Oriol, juge des référés,
- les observations de Me Mme A, représentant la société Koala Propreté, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et fait valoir qu'aucune turpitude ne saurait lui être reprochée ;
- et les observations de Me Simonet, représentant la commune de Meudon, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et insiste sur le manque de diligences de la société Koala Propreté.
La clôture de l'instruction a été fixée après l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à la concurrence du 17 mars 2023, la commune de Meudon a lancé une procédure d'appel d'offres ouvert pour la passation d'un marché public portant sur des missions de mise en propreté des locaux et espaces des bâtiments municipaux, sous forme d'un accord-cadre à bons de commande. La société Koala Propreté a déposé une offre le 24 avril 2023 à 9 heures 32, sur la plateforme électronique dédiée, Maximilien, mise en place par la commune, la date limite de dépôt des offres étant fixée ce même jour à 12 heures. Dans le cadre du suivi de sa candidature, la société Koala Propreté s'est rendu compte que six des neuf annexes produites n'avaient pas été prises en compte par la plateforme. Le 23 mai 2023, elle a alors émis un ticket de réclamation auprès de la commune de Meudon, qui lui a indiqué qu'il n'était pas possible de revenir sur les pièces déposées et que son offre serait donc examinée au regard des trois annexes prises en compte par la plateforme. Par la présente requête, la société Koala Propreté, estimant que la commune a ainsi manqué à ses obligations de mise en concurrence, demande à la juge des référés précontractuels, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, l'annulation de la procédure de passation du marché public en litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". Selon l'article L. 551-2 du même code : " I.-Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations () ". Enfin, l'article L. 551-10 du code de justice administrative dispose que : " Les personnes habilitées à engager les recours prévus aux articles L. 551-1 et L. 551-5 sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué () ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
4. Aux termes de l'article L3 du code de la commande publique : " Les acheteurs et les autorités concédantes respectent le principe d'égalité de traitement des candidats à l'attribution d'un contrat de la commande publique. Ils mettent en œuvre les principes de liberté d'accès et de transparence des procédures, dans les conditions définies dans le présent code. / Ces principes permettent d'assurer l'efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics. ".
5. D'une part, aux termes de l'article R. 2151-5 du code de la commande publique : " Les offres reçues hors délai sont éliminées. ". D'autre part, selon l'article R. 2132 7 du même code : " Les communications et les échanges d'informations lors de la passation d'un marché en application du présent livre ont lieu par voie électronique. ". L'article R. 2132-9 du même code dispose que : " L'acheteur assure la confidentialité et la sécurité des transactions sur un réseau informatique accessible selon des modalités figurant dans un arrêté du ministre chargé de l'économie figurant en annexe au présent code. ". Enfin, selon son article R. 2132-11 : " Les candidats et soumissionnaires qui transmettent leurs documents par voie électronique peuvent adresser à l'acheteur, sur support papier ou sur support physique électronique, une copie de sauvegarde de ces documents. ".
6. Si les dispositions précitées de l'article R. 2151-5 du code de la commande publique prévoient que les offres reçues hors délai sont éliminées, l'acheteur public ne saurait toutefois rejeter une offre remise par voie électronique comme tardive lorsque le soumissionnaire, qui n'a pu déposer celle-ci dans le délai sur le réseau informatique mentionné à l'article R. 2132-9 du même code, établit, d'une part, qu'il a accompli en temps utile les diligences normales attendues d'un candidat pour le téléchargement de son offre et, d'autre part, que le fonctionnement de son équipement informatique était normal.
7. Il résulte de l'instruction qu'alors que l'article 9.1 du règlement de la consultation du marché en litige exigeait des candidats qu'ils tiennent compte des aléas électroniques et s'assurent des délais nécessaires à la transmission électronique de leur pli avant la date et l'heure limite de dépôt des offres, la société Koala Propreté a attendu 9 heures 32 le 24 avril 2023, jour limite de dépôt des offres à 12 heures, pour déposer la sienne. Il résulte également de l'instruction que la plateforme Maximilien de dépôt des offres a généré un accusé de réception des pièces produites, que la société Koala Propreté n'a pas consulté le jour même, ce qui lui aurait permis de constater que les annexes à ses pièces n'étaient pas complètes. Elle n'a donc pas accompli les diligences normales attendues d'un candidat pour assurer le dépôt intégral de son offre. Il ne résulte pas davantage de l'instruction, au vu notamment du compte rendu du support technique de la plateforme versé à l'instance par la commune de Meudon, que celle-ci aurait connu un dysfonctionnement le 24 avril 2023, alors par ailleurs que les autres candidats à l'attribution du marché litigieux n'ont rencontré aucune difficulté pour déposer leurs offres et procéder au téléchargement des pièces pertinentes versées à leur appui. Enfin, la société Koala Propreté ne justifie pas que les difficultés de téléchargement dont elle se prévaut ne seraient pas dus à ses propres dysfonctionnements internes. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que la procédure de passation du marché en litige révèle un manquement aux obligations de mise en concurrence prévues par l'article L3 du code de la commande publique.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Meudon en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Koala Propreté doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. La commune de Meudon n'étant pas la partie perdante à l'instance, il y lieu de rejeter les conclusions de la société Koala Propreté présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a en revanche lieu de mettre 1 000 euros à la charge de la société sur le même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Koala Propreté est rejetée.
Article 2 : La société Koala Propreté versera la somme de 1 000 euros à la commune de Meudon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Koala Propreté et à la commune de Meudon.
Fait, à Cergy-Pontoise, le 18 juillet 2023.
La juge des référés,
signé
C. Oriol
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026