vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309375 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VRIONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2023, M. B C demande au Tribunal d'annuler l'arrêté en date du 27 juin 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné son transfert aux autorités suisses, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
M. C soutient qu'il ne peut pas retourner en Suisse, qui l'a déjà renvoyé au Sri Lanka où il a, de nouveau, été gravement maltraité, et qu'un retour au Sri Lanka le condamnerait à mort.
Le préfet du Val-d'Oise a transmis les pièces constitutives du dossier de M. C, enregistrées le 26 juillet 2023, et informé le Tribunal qu'il confirmait sa décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Prost, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prost, magistrat désigné ;
- les observations de Me Vrioni, avocate désignée d'office, qui :
- rappelle la situation du requérant, qui est demeuré trois ans en Suisse avant de retourner au Sri Lanka le 22 février 2022 ;
- ajoute que la décision attaquée est insuffisamment motivée, est entachée d'un défaut sérieux de la situation de M. C, méconnaît les dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013, dès lors qu'il a de la famille en France, et les dispositions de l'article 19 de ce même règlement, dès lors qu'il a quitté la Suisse et l'Europe pour retourner dans son pays, plus de trois mois, avant de revenir en France ;
- demande à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation ;
- et les observations de M. C, assisté de Mme A, interprète en langue tamoule, qui confirme ses écritures et indique qu'il a des cousins en France et que ses parents, sa sœur et son épouse résident au Sri Lanka.
Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant sri-lankais né le 21 janvier 1991, a demandé l'asile en France le 23 mai 2023. Concomitamment à l'introduction de sa demande d'asile, la consultation du fichier " Eurodac " a révélé que l'intéressé avait précédemment présenté une demande d'asile auprès des autorités suisses. Une demande de reprise en charge a, par conséquent, été adressée à ces autorités, le 24 mai 2023. Les autorités suisses ont fait connaître leur accord le 25 mai 2023. Par la présente requête, M. C demande au Tribunal d'annuler l'arrêté, en date du 27 juin 2023, par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné son transfert aux autorités suisses, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.
3. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant.
4. Aux termes de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 : " 1. Lorsque, du fait d'une grossesse, d'un enfant nouveau-né, d'une maladie grave, d'un handicap grave ou de la vieillesse, le demandeur est dépendant de l'assistance de son enfant, de ses frères ou sœurs, ou de son père ou de sa mère résidant légalement dans un des États membres, ou lorsque son enfant, son frère ou sa sœur, ou son père ou sa mère, qui réside légalement dans un État membre est dépendant de l'assistance du demandeur, les États membres laissent généralement ensemble ou rapprochent le demandeur et cet enfant, ce frère ou cette sœur, ou ce père ou cette mère, à condition que les liens familiaux aient existé dans le pays d'origine, que l'enfant, le frère ou la sœur, ou le père ou la mère ou le demandeur soit capable de prendre soin de la personne à charge et que les personnes concernées en aient exprimé le souhait par écrit () ". Pour se prévaloir de ces dispositions pour la détermination de l'Etat responsable du traitement de la demande d'asile d'un ressortissant étranger, il faut que celui-ci puisse justifier de la présence en France d'un membre de famille y résidant légalement, ainsi que de la dépendance de ce membre de famille à son égard.
5. Il ressort de ses propres observations à l'audience que M. C déclare avoir des cousins en France. Dans ces conditions, il n'établit être dans une des situations visées à l'article 16 du règlement n° 604/2013 susvisé. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise aurait méconnu les dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n°604/2013 précitées.
6. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
7. M. C soutient que sa demande d'asile a été rejetée par les autorités suisses et qu'en cas d'exécution de la mesure de transfert contesté, il risque d'être renvoyé vers le Sri Lanka. Toutefois, s'il ressort du courrier des autorités suisses en date du 10 novembre 2021, produit par le préfet du Val-d'Oise, que les autorités suisses ont accepté de reprendre en charge le requérant sur le fondement du d) du paragraphe 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, qui concerne le demandeur d'asile dont la demande a été rejetée, la décision de transfert contestée n'a ni pour objet ni pour effet d'éloigner l'intéressé vers son pays d'origine, mais seulement de prononcer son transfert aux autorités suisses. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa demande d'asile serait exposée à un risque de ne pas être traitée par ces autorités dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, notamment en terme de recours effectif, ou qu'il ne serait pas en mesure de faire valoir devant ces mêmes autorités, responsables de l'examen de sa demande d'asile, ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Aux termes du 2. de l'article 19 du règlement (UE) n°604/2013 : " Les obligations prévues à l'article 18, paragraphe 1, cessent si l'État membre responsable peut établir, lorsqu'il lui est demandé de prendre ou reprendre en charge un demandeur ou une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), que la personne concernée a quitté le territoire des États membres pendant une durée d'au moins trois mois, à moins qu'elle ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité délivré par l'État membre responsable. / Toute demande introduite après la période d'absence visée au premier alinéa est considérée comme une nouvelle demande donnant lieu à une nouvelle procédure de détermination de l'État membre responsable ".
9. Si le requérant soutient qu'il a quitté la Suisse pour retourner au Sri Lanka le 22 février 2022, il n'établit pas, par les pièces produites, qu'il aurait quitté le territoire des Etats membres pour une durée d'au moins trois mois. Par suite, le préfet du Val-d'Oise était fondé à considérer que la situation de l'intéressé relevait des autorités suisses et n'a pas méconnu les dispositions de l'article 19 du règlement (UE) n°604/2013 précitées.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C ne peuvent qu'être rejetées, ainsi, que par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
F.-X. Prost
La greffière,
signé
C. Phu
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026