vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309399 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2022 sous le n° 2216293, M. A C B, représenté par Me Levy, a demandé au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande d'abrogation de l'arrêté du 10 juin 2022 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour pour une durée de deux ans.
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation, dans un délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1
du code de justice administrative.
Il soutient que :
- dès lors que le préfet ne lui pas communiqué les motifs de la décision implicite de rejet dans le délai d'un mois prévu par les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, il a méconnu l'obligation de motivation prévue par l'article L. 211-2 de ce code ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- compte tenu de son insertion en France, cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- de même cette décision, notamment en ce qu'elle porte interdiction de retour en France, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par une ordonnance n° 2216293 du 18 janvier 2023, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté cette requête.
Par un arrêt n° 23VE00435 du 11 juillet 2023, la cour administrative d'appel de Versailles, saisie par M. C B, a annulé l'ordonnance n° 2216293 du 18 janvier 2023 en tant qu'elle a rejeté les conclusions de M. C B tendant à l'annulation de la décision implicite du préfet du Val-d'Oise refusant d'abroger l'arrêté du 10 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays à destination, et a renvoyé, dans cette mesure, l'affaire au tribunal, où elle a été réenregistrée sous le n° 2309399.
Procédure après renvoi :
M. C B n'a pas produit de nouvelles écritures, suite au renvoi de la Cour administrative d'appel de Versailles.
Par un courrier du 21 juillet 2023, le dossier de la requête a été communiqué au préfet du Val-d'Oise, qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Par une ordonnance du 21 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 octobre 2023.
Un mémoire présenté par le préfet du Val-d'Oise a été enregistré le 8 mars 2024, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 10 juin 2022, le préfet du Val-d'Oise a obligé M. C B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée de deux ans. L'intéressé a demandé l'annulation de la décision implicite de rejet, née du silence gardé par l'administration sur sa demande du 7 juillet 2022, reçue le 28 juillet suivant, tendant à l'annulation dudit arrêté. Par une ordonnance n° 2216293 du 18 janvier 2023, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté cette requête comme irrecevable. Par un arrêt n° 23VE00435 du 11 juillet 2023, la cour administrative d'appel de Versailles a annulé cette ordonnance en tant qu'elle a rejeté les conclusions de M. C B tendant à l'annulation de la décision implicite du préfet du Val-d'Oise refusant d'abroger l'arrêté du 10 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays à destination, et a renvoyé, dans cette mesure, l'affaire au tribunal, où elle a été réenregistrée sous le n° 2309399.
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".
3. Le refus implicite qui a été opposé par le préfet du Val-d'Oise à la demande de M. C B d'abrogation de la décision l'arrêté du 10 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination constitue une mesure de police qui doit être motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 5 octobre 2022, réceptionné le 10 octobre suivant par les services de la préfecture, M. C B, par l'intermédiaire de son conseil, a présenté dans le délai de recours contentieux une demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet de sa demande et que l'administration n'a pas communiqué les motifs dans le délai d'un mois prévu par les dispositions précitées de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le requérant est fondé à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande d'abrogation de l'arrêté du 10 juin 2022 en tant qu'elle porte sur l'obligation de quitter le territoire français sans délai et la décision de fixation du pays de destination dont il a fait l'objet.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de M. C B, dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme réclamée par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de M. C B tendant à l'abrogation de l'arrêté du 10 juin 2022 est annulée en tant que cette décision emporte refus d'abrogation des décisions, contenues dans cet arrêté, portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de M. C B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2309399
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026