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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2309588

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2309588

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2309588
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET AUGUST & DEBOUZY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés 7 juillet 2023, le 26 avril 2024, et le 23 mai 2024, M. B A, représenté par Me Mihoubi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mai 2023 par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a retiré sa décision implicite du 14 mars 2023, annulé la décision de l'inspecteur du travail du 21 septembre 2022 et autorisé son licenciement pour motif économique ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision méconnaît les dispositions de l'article R. 2422-1 du code du travail ;

- le ministre a commis une erreur d'appréciation quant au périmètre du reclassement ;

- l'obligation de reclassement a été méconnue ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 1233-5 du code du travail, dès lors que les critères d'ordre des licenciements n'ont pas été respectés ;

- le motif économique du licenciement n'est pas établi.

Par un mémoire enregistré le 3 mai 2024, la ministre du travail, de la santé et des solidarités a conclu au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 10 mai 2024, la société Clear channel France, représentée par la SCP August et Debouzy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourragué, rapporteur,

- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,

- les observations de Me Mihoubi, représentant M. A,

- et les observations de Me Wasser, représentant la société Clear channel France.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a été recruté par la société Clear channel France en contrat à durée indéterminée à compter du 18 avril 2006 en qualité d'attaché technico-commercial, et occupait en dernier lieu le poste de directeur de clientèle local. Il exerçait le mandat de délégué syndical. La société Clear channel France a sollicité de l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. A pour motif économique le 19 juillet 2022. Par une décision du 21 septembre 2022, l'inspecteur du travail a refusé d'autoriser le licenciement de M. A. La société requérante a formé un recours hiérarchique contre cette décision le 10 novembre 2022, rejeté implicitement par le ministre du travail. Par une décision du 23 mai 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a retiré sa décision implicite née le 14 mars 2023, a annulé la décision de l'inspecteur du travail du 21 septembre 2021 et autorisé le licenciement de M. A. M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ". L'article L. 110-1 du même code prévoit que : " Sont considérées comme des demandes au sens du présent code les demandes et les réclamations, y compris les recours gracieux et hiérarchiques, adressés à l'administration ".

3. Par ailleurs, l'article R. 2422-1 du code du travail prévoit que : " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet. / Ce recours est introduit dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de l'inspecteur. / Le silence gardé pendant plus de quatre mois sur ce recours vaut décision de rejet. ".

4. Nonobstant la nature de droit commun du recours hiérarchique, dont l'article R. 2422-1 du code du travail fixe seulement les conditions dans lesquelles à la fois ce recours doit être introduit et nait une décision implicite de rejet, et la circonstance que le refus de licenciement par l'inspecteur du travail soit créateur de droits pour le salarié, l'expiration du délai de quatre mois à l'issue duquel est intervenue une décision implicite de rejet, elle-même créatrice de droits pour le salarié, ne fait pas obstacle à ce que, en application des dispositions des articles L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, le ministre, dans le délai de quatre mois qui suit la naissance de sa décision implicite de rejet du recours hiérarchique dont il est saisi, retire de sa propre initiative cette décision et procède au retrait de la décision initiale créatrice de droits, dès lors qu'elles sont l'une et l'autre entachées d'illégalité.

5. Il ressort des pièces du dossier qu'une décision implicite du ministre du travail portant rejet du recours hiérarchique formé le 14 novembre 2022 par la société Clear channel France contre la décision de l'inspecteur du travail du 21 septembre 2022, est née le 14 mars 2023. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le ministre pouvait, sur le fondement des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration prendre l'initiative de retirer la décision de l'inspecteur du travail jusqu'au 14 juillet 2023. Ainsi, la décision du ministre du travail du 23 mai 2023, qui procède au retrait de la décision implicite rejetant le recours hiérarchique de la société Clear channel France contre la décision de l'inspecteur du travail du 21 septembre 2022 refusant d'autoriser le licenciement de M. A, est intervenue dans les délais légaux. Dès lors, le ministre pouvait également, par cette même décision intervenue dans ce même délai, annuler la décision de l'inspecteur du travail du 21 septembre 2022 sous réserve de l'illégalité de cette décision. Il résulte de ce qui vient d'être dit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 2422-1 du code du travail doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1233-3 du code du travail : " Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment : 1° A des difficultés économiques caractérisées soit par l'évolution significative d'au moins un indicateur économique tel qu'une baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, des pertes d'exploitation ou une dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation, soit par tout autre élément de nature à justifier de ces difficultés. Une baisse significative des commandes ou du chiffre d'affaires est constituée dès lors que la durée de cette baisse est, en comparaison avec la même période de l'année précédente, au moins égale à : a) Un trimestre pour une entreprise de moins de onze salariés ; b) Deux trimestres consécutifs pour une entreprise d'au moins onze salariés et de moins de cinquante salariés ; c) Trois trimestres consécutifs pour une entreprise d'au moins cinquante salariés et de moins de trois cents salariés ; d) Quatre trimestres consécutifs pour une entreprise de trois cents salariés et plus ; (); 3° A une réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ; () Les difficultés économiques, les mutations technologiques ou la nécessité de sauvegarder la compétitivité de l'entreprise s'apprécient au niveau de cette entreprise si elle n'appartient pas à un groupe et, dans le cas contraire, au niveau du secteur d'activité commun à cette entreprise et aux entreprises du groupe auquel elle appartient, établies sur le territoire national, sauf fraude. / Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. / Le secteur d'activité permettant d'apprécier la cause économique du licenciement est caractérisé, notamment, par la nature des produits biens ou services délivrés, la clientèle ciblée, ainsi que les réseaux et modes de distribution, se rapportant à un même marché. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables à toute rupture du contrat de travail résultant de l'une des causes énoncées au présent article, à l'exclusion de la rupture conventionnelle visée aux articles L. 1237-11 et suivants et de la rupture d'un commun accord dans le cadre d'un accord collectif visée aux articles L. 1237-17 et suivants. ".

7. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande d'autorisation de licenciement présentée par l'employeur est fondée sur un motif de caractère économique, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si la situation de l'entreprise justifie le licenciement du salarié, en tenant compte notamment de la nécessité des réductions envisagées d'effectifs et de la possibilité d'assurer le reclassement du salarié dans l'entreprise ou au sein du groupe auquel appartient cette dernière. S'il n'appartient pas à l'administration, saisie d'une telle demande, de vérifier le bien-fondé des options de gestion décidées par l'entreprise dans le cadre de sa réorganisation, elle est toutefois tenue de s'assurer du bien-fondé du motif économique invoqué pour justifier le licenciement du salarié protégé par l'examen de la situation de l'ensemble des entreprises du groupe intervenant dans le même secteur d'activité.

8. D'une part, le requérant soutient que l'autorité administrative n'a pas effectué un contrôle de la réalité et du sérieux du motif économique dans le périmètre adéquat, dès lors qu'elle n'a pas pris en compte les sociétés Clear channel european holding, Clear channel Monaco et Street channel. Il ressort toutefois des pièces du dossier et des termes de la décision attaquée que la réalité du motif économique a été examinée au regard du groupe Clear channel european holding, dont dépendant toutes les sociétés précitées, et dont dépend la société Clear channel France qui employait M. A. Par ailleurs, si le requérant soutient que la société Clear channel France aurait créé une filiale en 2020, il ne l'établit pas. Par suite, le moyen doit être écarté.

9. D'autre part, pour prendre la décision attaquée l'autorité administrative s'est fondée sur trois indicateurs économiques à savoir l'évolution du résultat opérationnel avant amortissement, la trésorerie et les pertes de la société. Il ressort des pièces du dossier, tel que cela est énoncé dans la décision attaquée, que ces trois indicateurs, bien qu'en hausse entre les années 2021 et 2022, reste tous les trois à des niveaux négatifs, de sorte que les difficultés économiques fondant le motif de la demande d'autorisation de licencier sont justifiées, ainsi que leurs conséquences sur l'emploi du requérant. Par ailleurs, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la hausse du chiffre d'affaires de l'entreprise, dès lors que ses résultats restent fortement négatifs, de l'absence de risque pour sa compétitivité, du coût du déménagement, du poids des charges externes, des recrutements postérieurs à la décision attaquée, des aides de l'Etat et de tout autre choix stratégique de l'entreprise. Par suite, le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1233-4 du code du travail, dans sa rédaction alors applicable : " Le licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré dans l'entreprise ou dans les entreprises du groupe auquel l'entreprise appartient. / Le reclassement du salarié s'effectue sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi équivalent assorti d'une rémunération équivalente. A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, le reclassement s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure. / Les offres de reclassement proposées au salarié sont écrites et précises ".L'article D. 1233-2-1 du même code prévoit que : " I.- Pour l'application de l'article L. 1233-4, l'employeur adresse des offres de reclassement de manière personnalisée ou communique la liste des offres disponibles aux salariés, et le cas échéant l'actualisation de celle-ci, par tout moyen permettant de conférer date certaine. (). ".

11. Pour apprécier si l'employeur a satisfait à son obligation en matière de reclassement, l'autorité administrative doit s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, qu'il a procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement du salarié, au sein de l'entreprise puis dans les entreprises du groupe auquel elle appartient, ce dernier étant entendu comme comportant les entreprises dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation permettent, en raison des relations qui existent avec elles, d'y effectuer la permutation de tout ou partie de son personnel. L'employeur doit s'efforcer de proposer au salarié des offres de reclassement écrites, précises et personnalisées, portant, si possible, sur un emploi équivalent.

12. M. A soutient que son employeur a méconnu l'obligation de reclassement, dès lors qu'il n'a pas pris en compte le périmètre pertinent et dès lors qu'il n'a pas été destinataire des listes actualisées de postes, que l'obligation de reclassement a été méconnue postérieurement à la décision du 21 septembre 2022, que l'effort de reclassement a été déloyal dès lors que les postes proposés n'étaient pas équivalent au sien, que la liste des postes ouverts ne précisait pas les critères de départage entre les salariés en cas de candidatures multiples et que les compétences exigées et les informations sur les postes proposés au reclassement n'ont pas été transmis avec la liste de poste.

13. Toutefois, d'une part, ainsi que cela a été dit au point 8, le périmètre retenu par l'inspecteur du travail et par le ministre englobe l'ensemble des sociétés pertinentes, y compris pour la recherche du reclassement de M. A. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'employeur de M. A lui a fait parvenir la liste actualisée des postes disponibles les 21 et 28 juin 2022, les 11 et 19 juillet 2022, les 25 et 31 août 2022 et le 8 septembre 2022 par courriel. Ces listes mentionnaient les critères de départage ainsi que les délais dont disposaient les salariés pour présenter leur candidature. En outre, l'employeur a communiqué aux salariés la procédure à suivre pour consulter, via l'intranet, les fiches de postes correspondants aux offres disponibles. Il est constant que M. A n'a candidaté sur aucun poste. La circonstance que M. A a reçu une partie des listes de postes sur son adresse électronique professionnelle, adresse qu'il ne consultait pas en raison de son inactivité, est sans incidence sur la légalité de l'effort de reclassement, dès lors que M. A avait accès à ses courriels et qu'il n'établit pas avoir eu des difficultés à consulter ses correspondances électroniques professionnelles, alors qu'au demeurant, il est établi qu'il a pris connaissance d'échanges électroniques au cours de la procédure qui le concerne.

14. Par ailleurs, les possibilités de reclassement doivent être appréciées à compter du moment où le licenciement est envisagé et jusqu'à la date à laquelle l'inspecteur du travail statue sur la demande d'autorisation de licenciement. Le ministre saisi d'un recours hiérarchique doit, lorsqu'il statue sur la légalité de la décision de l'inspecteur du travail, apprécier le sérieux des recherches de reclassement jusqu'à la date de cette décision. Dès lors, M. A ayant reçu les listes de postes actualisées sur toute la période entre le 24 juin 2022, date de son entretien préalable et le 21 septembre 2022, date à laquelle l'inspecteur du travail a statué sur la demande de la société Clear channel France, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de reclassement aurait été méconnue sur ce point.

15. Enfin, contrairement à ce que soutient le requérant, les propositions de modification du contrat de travail qui sont à l'origine de la demande d'autorisation de licenciement ne peuvent être considérées comme des propositions de poste au titre du reclassement dans le cadre du licenciement envisagé.

16. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de ce que la société Clear channel France n'a pas satisfait sérieusement à son obligation de recherche de reclassement doit être écarté.

17. En quatrième lieu, le moyen tiré de ce que les critères déterminant l'ordre des licenciements applicables dans l'entreprise n'ont pas été respectés ne saurait être utilement invoqué à l'encontre de la décision par laquelle l'autorité administrative autorise un licenciement, dès lors que le requérant ne soutient ni même n'allègue qu'il aurait fait l'objet d'une discrimination ou que l'application des critères d'ordre aurait été guidée par ses fonctions représentatives. Par suite, le moyen doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise sur leur fondement à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme réclamée par la société Clear channel France au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société Clear channel France au titre des frais liés à l'instance sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société Clear channel France et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Bourragué, premier conseiller,

Mme Goudenèche, conseillère,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

Le rapporteur,

signé

S. Bourragué La présidente,

signé

C. Bories La présidente,

C. Van Muylder

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2309588

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