jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309714 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JASPER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Battais, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge par le centre hospitalier de Beaujon localisé à Clichy, à la suite de la séance de radiofréquence sous anesthésie générale en radiologie interventionnelle effectuée le 23 juin 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'assistance publique - hôpitaux de Paris la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- une carence dans l'assistance médicale de l'unité de soins a concouru à une chute depuis la table d'opération dont elle n'a pas été informée ;
- depuis cette opération, elle se plaint de douleurs aux deux genoux ainsi qu'à la hanche gauche ;
- malgré ses démarches, aucun début d'enquête n'a été initié ;
- la mesure d'expertise sollicitée est utile car elle doit permettre d'évaluer l'indemnisation des préjudices qu'elle allègue avoir subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, représenté l'AARPI Jasper avocats, formule les protestations et réserves d'usage et conclut :
1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la mission de l'expert soit complété ;
3°) à ce qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport ;
4°) à ce que les dépens soient réservés ;
5°) à la mise à la charge de la partie perdante les entiers dépens.
Il fait valoir que :
- les dommages invoqués par la requérante et issus d'un accident post opératoire n'ont pas pour origine un accident médical en lien direct, exclusif et certain avec un acte de soin ou une infection nosocomiale ;
- les dommages ont été causés par une faute de l'établissement de santé qui en est par conséquent pleinement responsable.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2023, l'assistance publique - hôpitaux de Paris ne s'oppose pas à la demande d'expertise, formule les protestations et réserves d'usage et conclut :
1°) à la mise hors de cause de l'hôpital Beaujon ;
2°) à ce un expert spécialisé en chirurgie orthopédique soit désigné ;
3°) à ce que la mission d'expertise soit complétée ;
4°) à ce qu'il soit enjoint aux organismes sociaux de produire leur créance détaillée ;
5°) au rejet des conclusions relatives aux dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'hôpital Beaujon, qui relève de l'assistance publique - hôpitaux de Paris doit être mis hors de cause ;
- l'expert devra se prononcer sur la stricte imputabilité des débours exposés par les organismes sociaux.
La requête a été transmise à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris qui n'a pas produit d'observation.
Par une décision 9 mai 2022, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste, en l'état de l'instruction, de fait générateur, de préjudice ou de lien de causalité entre celui-ci et le fait générateur.
3. Il résulte de l'instruction que Mme A a été hospitalisée le 23 juin 2015 pour une radiofréquence sous anesthésie générale programmée en radiologie interventionnelle à l'hôpital Beaujon à Clichy (92110). Lors de la phase de réveil post anesthésique, elle a chuté au sol depuis la table d'opération après s'être retournée soudainement. Les scanners crâniens et du rachis cervical et les radiographies de la hanche et du genou droit, réalisés immédiatement après cette chute, n'ont révélé aucune lésion. Une ecchymose au genou droit a été constatée. A la suite d'une réclamation effectuée auprès du service des réclamations de l'hôpital Beaujon en 2019, le chef du département de la médiation, de la responsabilité hospitalière et du contentieux des séjours lui a répondu, le 18 septembre 2019, qu'une enquête médicale approfondie allait être diligentée. En l'absence de réponse, Mme A demande au juge des référés d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer les préjudices qu'elle a subis du fait de cet incident.
4. Au soutien de sa demande, l'intéressée produit des photographies de ses blessures au genou droit, une radiographie du 5 juin 2023 et deux comptes rendus d'IRM des 5 et 24 juin 2023 de deux genoux. Les deux comptes rendus et la radiographie de juin 2023, s'ils relèvent des arthroses fémorotibiale médiale bilatérale et tri compartimentale avec remaniement dégénératif du ménisque médial et latéral, soulignent l'absence de lésion ligamentaire et osseuse, d'anomalie tendineuse et d'épanchement intra-articulaire. Par suite, en l'état de l'instruction, le lien de causalité entre les constatations de ces IRM et la chute de Mme A le 23 juin 2015 n'est manifestement pas établi.
5. Par voie de conséquence et alors que la réalisation d'une expertise judiciaire plus de 9 ans après les faits n'est pas susceptible d'apporter plus de précisions sur les dommages et les préjudices subis par Mme A, la demande d'expertise de la requérante ne peut être regardée comme présentant une utilité au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et doit, par suite, être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les conclusions présentées par l'assistance publique - hôpitaux de Paris tendant à la mise hors de cause de l'hôpital Beaujon ni sur celles présentées par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux tendant à sa mise hors de cause.
Sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint aux organismes sociaux de produire leur créance détaillée :
6. Eu égard au rejet de la demande d'expertise présentée par Mme A, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'assistance publique - hôpitaux de Paris tendant à ce qu'il soit enjoint aux organismes sociaux de produire leur créance détaillée.
Sur les dépens :
7. En l'absence de dépens, les conclusions de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux relatives aux dépens doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'assistance publique - hôpitaux de Paris, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par [lui] et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par l'assistance publique - hôpitaux de Paris et l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à l'assistance publique - hôpitaux de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Fait à Cergy-Pontoise, le 10 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026