vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2310050 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Avocat requérant | ORIER RISSER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2023 sous le n° 2310050, le préfet des Hauts de Seine, représenté par Me Orier, demande au juge des référés, d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en vue de déterminer l'origine et les causes d'une surconsommation d'eau glacée affectant les installations du centre administratif départemental de Nanterre en présence de la société Axima Concept (Equans), de la société Idex la Défense, et de la société So.co.ner.
Il soutient que :
- il a été constaté une surconsommation de 65% de la consommation glacée des installations du centre administratif départemental qui peut engager la responsabilité de la société Axima Concept (Equans) responsable de la maintenance des installations thermiques du centre administratif départemental de Nanterre ;
- cette dernière invoquant la défaillance d'une vanne qui serait située sur le réseau primaire de chauffage dont la maintenance incombe à la société Idex la Défense, la mesure d'expertise est utile afin de déterminer les responsabilités encourues.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 août et 5 avril 2024 et une lettre du 10 avril 2024, la société Axima Concept (Equans), représentée par Me Thorrignac, dans le dernier état de ses écritures, ne s'oppose pas à la demande d'expertise, formule les protestations et réserves d'usage et conclut à ce que les dépens soient réservés.
La requête a été communiquée à la société Idex la Défense, à la société So.co.ner qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".
2. Il résulte de l'instruction que le 8 octobre 2020, un marché public de service a été conclu entre le préfet des Hauts de Seine et la société Axima Concept (Equans) en vue de de l'exploitation et la maintenance des installations thermiques du centre administratif départemental de Nanterre. Le cahier des clauses techniques particulières de ce marché prévoyait à son article 4.10 un objectif d'amélioration de la performance énergétique et économique et une obligation d'alerte en cas de surconsommation. Le préfet des Hauts de Seine a confié à la société Soconer une mission d'audit qui a conclu en mai 2022 a un surcoût moyen de la frigorie de 65% par rapport à la période 2016-2019, une perte due à la mauvaise régulation du système à hauteur de 170 164,62 euros et un manquement dans la prestation de maintenance par la société Axima Concept (Equans). Par un courrier en date du 15 mars 2022, la société Axima Concept (Equans) a contestée les pénalités prises à son encontre relevant que les consommations volumétriques d'eau glacée n'étaient pas imputables aux installations qu'elle exploite mais relatives à une défaillance d'une vanne située sur le réseau primaire de chauffage dont la maintenance incombe à la société Idex la Défense. Compte tenu de la nécessité de déterminer la responsabilité du désordre, l'expertise contradictoire sollicitée par le préfet des Hauts de Seine entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il convient, en conséquence, d'y faire droit et et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les réserves exprimées :
3. Il n'appartient pas au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions citées au point 1 de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions présentées en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
4. Aux termes de l'article R. 761-4 du code de justice administrative : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise () est faite par ordonnance du président de la juridiction, () ".
5. Il ressort de ces dispositions, que, dans le cas d'une expertise ordonnée en référé, il appartient au seul président du Tribunal de désigner, par ordonnance, la partie qui assumera la charge des frais et honoraires en application du premier alinéa de l'article R. 621-3 du code de justice administrative. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B, exerçant 83 rue de Reuilly à Paris (75012), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
- se rendre sur les lieux, centre administratif départemental de Nanterre, 167-177 avenue Joliot Curie à Nanterre (92000) ;
- procéder aux constatations et relevé précis et détaillé de l'état des installations en se faisant communiquer ou en recherchant tous éléments qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
- donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres invoqués, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien des installations concernées et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
- faire toutes autres constatations nécessaires, enregistrer les observations et tout sachant et annexer à son rapport tout document utile ;
- décrire et chiffrer les préjudices subis par l'État ;
- d'une façon générale, recueillir tous éléments techniques et de fait et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis en cas de saisine au fond de la juridiction
Article 2 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence du préfet des Hauts de Seine, de la société Axima Concept (Equans), de la société Idex la Défense, de la société So.co.ner.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet des Hauts de Seine, à la société Axima Concept (Equans), à la société Idex la Défense, à la société So.co.ner et M. B, expert.
Fait à Cergy, le 31 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. BEAUFAŸS
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026