Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2310433

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2310433
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, demandeur d'asile afghan, qui contestait le refus implicite de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. La juridiction a jugé la requête irrecevable, car M. B n'a pas justifié avoir formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant de saisir le tribunal. En conséquence, toutes les conclusions de la requête, y compris celles aux fins d'injonction et de frais de justice, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2023, M. C B, représenté par Me Père, avocat, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet implicite de son recours administratif préalable obligatoire, prévu par l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dan sa rédaction alors en vigueur, dirigé contre la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge en date du 18 octobre 2022 portant refus de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, née du silence gardé sur ce recours, en date du 21 octobre 2022, par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 18 octobre 2022, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros qui sera payée à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 juillet 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir :

- que la requête de M. B est irrecevable, dès lors que l'intéressé ne justifie pas de la réalité de l'envoi de son recours administratif préalable obligatoire en date du 21 octobre 2022 ;

- qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.

Par une décision en date du 26 février 2024, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Kelfani, président, a été entendu, au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision en date du 18 octobre 2022, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge a refusé d'accorder à M. B, demandeur d'asile de nationalité afghane, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. La requête enregistrée sous le n° 2310433 tend à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire, prévu par l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur, dirigé contre la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge en date du 18 octobre 2022, née du silence gardé sur ce recours, en date du 21 octobre 2022, que M. B aurait adressé au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

2. Aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. / Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. / Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. À défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée. ".

3. Le requérant a joint à sa requête la copie d'un courrier en date du 21 octobre 2022 qui peut être regardé comme présentant le caractère d'un recours administratif préalable obligatoire tendant à l'annulation de la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Montrouge en date du 18 octobre 2022. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce courrier aurait été adressé ou remis en main propre aux services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision de la directrice territoriale, intervenue le 18 octobre 2022 par remise en main propre à l'intéressé et qui précisait notamment que le recours administratif préalable obligatoire devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration devait être exercé " à peine d'irrecevabilité de tout recours contentieux ". Il suit de là que M. B ne justifie pas avoir formé devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions réglementaires précitées, avant de déposer la requête enregistrée sous le n° 2310433.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mmes A et Schneider, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

K. KELFANI

L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

signé

C. ALe greffier,

signé

D. HAUDE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.