Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2310670

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2310670
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme E, ressortissante iranienne, qui contestait le refus du préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident " résident de longue durée - UE ". Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation. Surtout, il a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en appliquant l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car Mme E ne justifiait pas de ressources stables et suffisantes sur les cinq années précédant sa demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 août 2023, Mme B E, représentée par Me Karimi, avocate, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 juin 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE " ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que la décision attaquée :

- est signée par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que les moyens invoqués par Mme E ne sont pas fondés.

Mme E a produit des pièces complémentaires enregistrées les 17 et 18 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gabez, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante iranienne, a présenté au préfet des Hauts-de-Seine, le 11 mai 2023, une demande tendant à la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE ". Par une décision du 8 juin 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande et a délivré à Mme E une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans. Par cette requête, Mme E demande l'annulation de cette décision, en tant qu'elle rejette sa demande de délivrance de carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Par l'arrêté n° 2023-039 du 5 mai 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine le 9 mai 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à Mme C D, adjointe au chef de bureau du séjour des étrangers de la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture des Hauts-de-Seine, signataire de la décision attaquée, pour signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A, directrice des migrations et de l'intégration et de Mme F, chef du bureau des étrangers, les refus de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A et Mme F n'étaient pas absentes ou empêchées lorsque la décision attaquée a été signée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet arrêté doit être écarté.

3. La décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivée.

4. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer () une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail () ". Il résulte de ces dispositions que la délivrance de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " est notamment subordonnée au caractère stable et suffisant des ressources du demandeur durant les cinq années précédant la demande.

5. Pour refuser à Mme E la carte de résident dont elle demandait la délivrance, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance que ses ressources sont insuffisantes, instables et/ou irrégulières sur les cinq dernières années précédant sa demande, déposée le 11 mai 2023. Mme E soutient qu'elle est en droit d'obtenir une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE ", eu égard à la durée significative de son séjour en France et à son parcours d'auxiliaire de justice en qualité d'avocate au barreau de Paris. Elle précise également qu'il doit être tenu compte de ses ressources financières ainsi que de son acquisition d'un bien immobilier. Toutefois, il est constant que Mme E ne justifiait pas, à la date de sa demande, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins depuis plus de cinq ans. Il ressort en effet des pièces du dossier que la requérante n'a justifié d'un niveau personnel de ressources que de 2 165 euros en 2019 et de 5 233 euros en 2020. Par ailleurs, Mme E n'a produit aucune pièce attestant du niveau de rémunérations qu'elle aurait perçu en 2021 et 2022. Dans ces conditions, et alors même qu'elle est propriétaire d'un appartement, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Gabez, première conseillère, et Mme Schneider, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

C. GABEZ

Le président,

signé

K. KELFANI

La greffière

signé

L. GAIGNON

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.