Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2310717

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2310717
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a examiné la requête de M. B C contestant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, prononcée par le ministre de l'intérieur. En cours d'instance, le ministre a retiré cette décision, le permis étant désormais crédité de 11 points, ce qui conduit à un non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre cette décision. En revanche, les conclusions visant l'annulation de retraits de points pour des infractions de 2020 sont rejetées comme manifestement irrecevables, ces retraits n'étant pas établis dans le relevé d'information intégral. Les demandes d'injonction et de frais de justice sont également rejetées. La décision se fonde sur les articles R. 222-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2023, M. B C, représenté par Me Cohen, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 14 mars 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions portant retraits de points auxquelles elle se réfère à la suite des infractions commises le 1er février 2020 (4 points), le 15 novembre 2020 (3 points) et le 30 décembre 2020 (3 points), ensemble la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a implicitement rejeté son recours hiérarchique du 31 mars 2023 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de prendre acte des illégalités commises, de reconstituer son capital de points et de lui restituer son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction, M. B C ayant obtenu satisfaction en cours d'instance, et au rejet des conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision " 48 SI " du 14 mars 2023, le ministre de l'intérieur, prenant acte des retraits de points opérés sur le permis de conduire de M. B C, a prononcé l'invalidation de ce permis pour solde de points nul. Par la présente requête, M. B C demande au tribunal l'annulation des différents retraits de points opérés sur son permis de conduire et de la décision " 48 SI " dont il a subséquemment fait l'objet.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

Sur l'étendue du litige :

3. En premier lieu, il ressort du relevé d'information intégral daté du 22 juillet 2024 produit en défense par le ministre de l'intérieur et des outre-mer que le permis de conduire de M. B C est affecté de 11 points sur un total de 12. Par suite, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant retiré la décision " 48 SI " contestée postérieurement à l'introduction de la requête de M. B C. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ses conclusions dirigées contre cette décision, ni de statuer sur les conclusions à fin d'injonction correspondantes.

4. En second lieu, si le ministre de l'intérieur et des outre-mer soutient qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les décisions par lesquelles des points ont été retirés sur le permis de conduire de M. B C à la suite des infractions commises les 1er février 2020, 15 novembre 2020 et 30 décembre 2020, il ressort du relevé d'information intégral que ces retraits de points n'y figurent pas. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne peut qu'être écartée.

Sur la recevabilité des conclusions :

5. Comme indiqué au point précédent de la présente ordonnance, il ne ressort pas du relevé d'information intégral de M. B C que les infractions commises les 1er février 2020, 15 novembre 2020 et 30 décembre 2020 auraient donné lieu à des retraits de points de son permis de conduire. Par conséquent, les conclusions de M. B C tendant à l'annulation de ces décisions portant retrait de points, inexistantes, sont manifestement irrecevables. Il y a donc lieu de rejeter ces conclusions sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B C présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B C dirigées contre la décision " 48 SI " du 14 mars 2023, ni sur les conclusions à fin d'injonction correspondantes.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. B C sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B C et au ministre de l'intérieur.

Fait à Cergy, le 24 octobre 2024.

La présidente de la 3ème chambre,

signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.