vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2310746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GENTILHOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 25 juillet et 13 octobre 2023 et le 12 juillet 2024, M. D A, représenté par Me Pangallo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 24 avril 2023 par lequel le maire de la commune de Piscop n'a pas fait opposition à la déclaration préalable n° DP 095 489 23 E0001 au bénéfice de M. C B, en vue de la destruction de la toiture et de l'édification d'une terrasse sur un bâtiment sis 4, rue de la Libération à Piscop (95350) ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Piscop la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir dès lors qu'il est voisin immédiat du projet litigieux et que ce dernier altère les conditions de jouissance de son bien en créant une vue directe et plongeante sur celui-ci ;
- l'arrêté attaqué a été pris sur la base d'un dossier incomplet dès lors que :
* ce dossier ne contient pas de plan de masse côté dans les trois dimensions en méconnaissance des dispositions b) de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme ;
* ce dossier ne contient pas de plan des façades et des toitures en méconnaissance des dispositions du a) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
* les représentations de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées sont erronées ;
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les règles de prospect et d'interdiction d'ouverture de baie pour les constructions en limite séparative ne sont pas respectées ;
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet dénature les caractéristiques et l'aspect extérieur, entraîne une rupture dans l'esthétisme des toitures avoisinantes et ne respecte pas l'inclinaison des toitures prévue à cet article.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 septembre 2023 et les 27 mai et 13 août 2024, la commune de Piscop, représentée par Me Gentilhomme, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public,
- les observations orales de Me Pangallo, représentant M. A,
- les observations orales de Me Gurrana, substituant Me Gentilhomme, représentant la commune de Piscop.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé, le 2 janvier 2023, un dossier de déclaration préalable de travaux portant sur la destruction de la toiture et l'édification d'une terrasse d'un bâtiment situé 4, rue de la Libération à Piscop (95350). Par un arrêté en date du 24 avril 2023, le maire de la commune de Piscop ne s'est pas opposé à la réalisation de ces travaux. M. A a formé, le 2 juin 2023, un recours gracieux à l'encontre de cette décision qui a été rejeté par une décision du 20 juin 2023, notifiée le 22 juin 2023. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 avril 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la composition du dossier de déclaration préalable :
2. Aux termes de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; /c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / () / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux a, b, c, g et q de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1.()". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".
3. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de non-opposition à déclaration préalable que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En premier lieu, le requérant soutient qu'aucun plan de masse coté dans les trois dimensions n'est joint au dossier alors que le projet a pour effet de modifier le volume d'une construction existante. S'il est constant qu'un tel plan coté dans les trois dimensions n'a pas été joint au dossier, il ressort toutefois des pièces du dossier que le dossier de déclaration préalable de travaux comporte des plans, notamment le plan de masse DP 2, le plan DP4 et la présentation du volume de la pièce, qui indiquent les dimensions nécessaires pour pallier cette insuffisance. Par suite, la première branche du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de déclaration préalable doit être écartée.
5. En deuxième lieu, le requérant soutient que les représentations extérieures jointes au dossier sont erronées, dès lors qu'elles visent des toitures plates et non inclinées, font état de l'édification de deux terrasses et font apparaître l'installation d'une nouvelle porte qui n'est pas mentionnée dans le dossier de déclaration. Toutefois, la circonstance que les représentations en trois dimensions font apparaître des toitures plates n'est pas de nature à fausser l'appréciation du service instructeur dès lors que le dossier comporte d'autres vues et représentations qui font apparaître les toitures inclinées. Par ailleurs, la circonstance que les représentations extérieures feraient apparaître l'édification de deux terrasses et l'installation d'une porte vitrée n'est pas établie.
6. En troisième lieu, le requérant soutient qu'aucun plan des façades et des toitures n'est joint au dossier. Il ressort toutefois des pièces du dossier que celui-ci contient un plan du toit et des terrasses faisant apparaître les velux et les arrêtes en toitures, des photographies de la toiture et une représentation en trois dimensions présentant l'état futur de la façade qui ont permis au service instructeur de correctement apprécier la nature du projet.
7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance et de l'incomplétude du dossier doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne l'aspect extérieur :
8. Aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Piscop : " 1- Dispositions générales / Rappel : article R. 111-21 du Code de l'Urbanisme : L'autorisation d'utiliser le sol, de bâtir, de créer tout aménagement, peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions particulières, si l'opération proposée, par sa situation, son implantation, l'aspect architectural des bâtiments et ouvrages à édifier, est susceptible de porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites ou aux paysages naturels ou urbains. / () 2 - Aspect architectural / () / Volumes - niveau d'implantation / Les formes et volumes doivent garder une grande simplicité ; les volumes longs seront fractionnés et peuvent être décrochés dans le plan du pignon. / () / Toitures / La pente des toitures doit être comprise entre 35° et 45°; pour les bâtiments autres que l'habitation, la pente minimum est ramenée à 25°. Les toitures terrasses sont autorisées ".
9. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
10. En premier lieu, il ressort tant des pièces du dossier que des prises de vues extraites du site Google Maps, accessibles tant aux juges qu'aux parties, que le projet concerne une construction située dans un quartier pavillonnaire constitué de maisons individuelles. Le projet se situe en zone UA du règlement du plan local d'urbanisme de Piscop, qui décrit cette zone comme une zone d'habitat groupé de caractère villageois pouvant comporter des activités, des commerces et des équipements, et caractérisée par un tissu urbain comprenant entre autres plusieurs corps de ferme. Ainsi, le site d'implantation du projet ne présente pas de caractéristique architecturale particulière ni aucun caractère remarquable ou intérêt particulier au sens des dispositions citées au point 8. Il ressort des pièces du dossier que la construction litigieuse est voisine, à l'est, d'une maison de conception similaire à la sienne, présentant une toiture-terrasse accessible d'une superficie plus importante que celle prévue par le projet en litige. Les deux parcelles jouxtant celle en litige présentent également des toitures de faible inclinaison. Dans ces conditions, le projet contesté ne porte pas atteinte aux lieux avoisinants.
11. En deuxième lieu, si le requérant soutient que l'aspect extérieur du projet en litige n'a rien de traditionnel au regard de l'architecture dans le voisinage, il n'apporte aucun élément au soutien de son allégation, alors que les travaux projetés ne modifieront pas le volume simple du bâtiment. En tout état de cause, les dispositions citées au point 8 n'imposent pas que les constructions respectent une architecture traditionnelle.
12. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la terrasse projetée, réalisée par dépôt d'une partie de la toiture, sera accessible depuis les pièces aménagées au dernier étage du bâtiment en litige et couvrira des pièces habitables au niveau inférieur. Elle doit ainsi être regardée comme une toiture-terrasse autorisée par les dispositions précitées de l'article UA 11, même si elle se situe en contrebas des éléments principaux de la toiture.
13. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Piscop doit être écarté.
En ce qui concerne l'implantation par rapport aux limites séparatives :
14. Aux termes de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Piscop : " IMPLANTATION DES CONSTRUCTIONS PAR RAPPORT AUX LIMITES SÉPARATIVES / () / 3 - Lorsque la construction est édifiée en limite séparative, aucune ouverture de baie n'est possible, même dans le cas d'une ouverture en toiture. Les éclairements par châssis non ouvrant avec verre translucide ou pavé de verre sont considérés comme ne constituant pas une baie. / () / CAS PARTICULIERS / () / Les dispositions du présent article ne sont pas opposables aux aménagements, aux extensions verticales ou horizontales de bâtiments existants, dès lors qu'ils forment un ensemble homogène avec la construction existante ".
15. Il résulte de ces dispositions que les règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ne s'appliquent pas aux aménagements de bâtiments existants qui forment un ensemble homogène avec ce bâtiment. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la transformation d'une pièce en R+1 en terrasse accessible au même niveau. La terrasse projetée, réalisée par dépôt de la toiture, constituera un ensemble homogène avec la construction existante.
16. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Piscop ne saurait être accueilli.
17. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 24 avril 2023 par lequel le maire de la commune de Piscop ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux n° DP 095 489 23 E0001 déposée par M. B.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Piscop, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
19. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du requérant le versement d'une somme de 800 euros à la commune de Piscop en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 800 euros à la commune de Piscop en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, M. C B et à la commune de Piscop.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
Z. Saïh
La greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026