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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2311144

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2311144

vendredi 13 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2311144
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNAMIGOHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 10, 14, 16, 17 et 18 août 2023 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, M. A, représenté par Me Namigohar, a demandé au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2023 du préfet des Hauts-de-Seine refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination, lui faisant interdiction de retour pendant une durée d'un an, prononçant à son encontre une mesure d'astreinte à se présenter tous les mardis à la préfecture et à remettre son passeport et émettant un signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compte de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Namigohar, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de lui verser directement cette somme dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé.

Par une décision du 18 août 2023, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise les conclusions de la requête de M. A dirigées contre le refus de titre de séjour.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le pli contenant l'arrêté attaqué du 31 mai 2023 a été distribuée le 2 juin 2023 à la dernière adresse connue de M. A, à savoir la cellule MNA 92 -SST 6 à Nanterre. Dans ces conditions, et alors que l'intéressé n'établit pas avoir informé la préfecture d'un changement d'adresse, cet arrêté, qui comportait les voies et délais de recours, doit être regardé comme ayant été valablement notifié à M. A à cette même date. La demande de l'intéressé tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour contenue dans cet arrêté a été présentée le 10 août 2023, soit après l'expiration du délai de trente jours qui lui était imparti à cette fin. Cette demande est donc tardive, peu importe à cet égard la circonstance que le requérant ait formulé, à l'appui de sa requête, une demande d'aide juridictionnelle, dès lors que cette demande, elle-même présentée après l'expiration du délai de recours contentieux, n'a pu avoir pour effet d'interrompre ce délai. Par suite, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour édictée à son encontre le 31 mai 2023 sont manifestement irrecevables. Pour ce motif, ces conclusions, ainsi que les conclusions accessoires présentées par le requérant, ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A, en tant qu'elle est dirigée contre la décision de refus de séjour du 31 mai 2023, est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy-Pontoise, le 13 octobre 2023.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. Huon

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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