Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2311187
vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2311187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SASITRA CONSULTING |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 août 2023, Mme A B, représentée par la SAS Itra consulting, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 août 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de renouveler son titre de séjour ou de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
La décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence
- méconnait les dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Garona, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante marocaine, née le 16 juin 1978, est entrée en France le 19 janvier 2020, sous couvert d'un visa D portant la mention " stagiaire " puis a été munie de titres de séjour en cette qualité jusqu'au 31 mai 2022. Le 26 mai 2022, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par l'arrêté attaqué du 7 août 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui ne se trouve pas dans une des situations visées aux articles R. 426-4, R. 426-6 et R. 431-5 présente sa demande de titre de séjour dans les deux mois suivant son entrée en France ".
3. Pour refuser de renouveler le titre de séjour sollicité par Mme B, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur la circonstance que l'intéressée n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour au cours du délai de deux mois qui précédait la fin de sa validité, conformément à l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle doit en conséquence justifier des conditions requises pour l'entrée sur le territoire français, en produisant un visa " D " conformément aux dispositions de l'article L. 421-30 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment de la fiche de salle produite en défense que la demande de renouvellement du titre de séjour de l'intéressée a été effectuée le 26 mai 2022. Ainsi et dès lors que son titre de séjour expirait le 31 mai 2022, la requérante n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour au-delà du délai de deux mois. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise a méconnu les dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 7 août 2023 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique que la demande de Mme B soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 7 août 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de Mme B, dans le délai de deux mois, à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
Mme Garona, première conseillère,
M. Ausseil, conseiller,
Assistés par Mme Pradeau, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
La rapporteure,
signé
E. Garona
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
A. Pradeau
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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