lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2312996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | DELAVAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 27 septembre et 19 octobre 2023, Mme C B née A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision en date du 17 mai 2023 par laquelle la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, ensemble la décision en date du 26 juillet 2023 rejetant son recours gracieux dirigé contre cette décision.
Elle soutient que :
- son conjoint a disparu depuis le mois de mars 2009 et que, ne sachant s'il a quitté le territoire français, elle ne peut engager aucune procédure à son encontre ;
- elle est sans logement après une expulsion ;
- son fils étant hébergé chez des amis, elle ne l'a pas indiqué sur sa demande de logement social ;
Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2024, le préfet conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu
- les décisions attaquées ;
- les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a saisi la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine d'un recours tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue urgente et prioritaire en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 17 mai 2023, la commission de médiation a rejeté son recours amiable. Par une décision en date du 26 juillet 2023, la commission de médiation a rejeté le recours gracieux présenté par Mme B contre cette première décision. Mme B doit être regardée, eu égard aux moyens qu'elle développe, comme demandant l'annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. ". Aux termes de l'article L. 441-2-3 du même code : " () II.-La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
Sur la décision en date du 17 mai 2023 rejetant le recours amiable de Mme B :
4. En premier lieu, si Mme B conteste le motif tiré des incohérences apparues dans la composition de sa cellule familiale, elle se borne à indiquer ne pas avoir déclaré son fils majeur au motif qu'il serait hébergé chez des amis et avoir procédé à une régularisation de son dossier sur ce point. La requérante, qui au demeurant, ne produit aucun document à l'appui de ses allégations, ne conteste donc pas utilement ce motif de refus de sa demande opposé par la commission de médiation dans sa décision.
5. En deuxième lieu, Mme B conteste le motif, opposé par la commission de médiation, tiré de ce qu'elle n'avait produit aucun justificatif de sa situation familiale et notamment aucun document venant attester de sa situation de séparation de M. B. Si, dans sa requête introductive d'instance, Mme B déclarait que son époux avait disparu depuis 2009 sans qu'elle sache où il réside et que, ne pouvait le joindre, elle n'avait pu entamer de procédure de séparation ou de divorce, il ressort néanmoins des pièces récemment produites par la requérante au dossier que, depuis janvier 2024, la requérante a entamé des démarches afin de faire acter la séparation d'avec M. B et que, dans ce cadre, elle a été contactée par l'avocate de ce dernier afin de convenir d'un divorce ce que confirme le courrier en date du 19 janvier 2024 rédigé par le conseil de son époux. Or, Mme B n'établit pas avoir été dans l'impossibilité d'effectuer de telles démarches au stade de l'examen de sa demande par la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, Mme B ne conteste pas les motifs de la décision tirés de que qu'elle n'aurait pas fourni, malgré les demandes du service instructeur de la commission de médiation, les pièces justificatives de sa situation, notamment un justificatif de prestations versées par la caisse d'allocations familiales ou la mutualité sociale agricole, et du caractère récent de ses démarches, sa demande de logement social n'ayant été enregistrée que le 13 décembre 2022.
Sur la décision en date du 26 juillet 2023 rejetant le recours gracieux de Mme B :
7. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 26 juillet 2023 repose sur un unique motif tiré de ce que Mme B n'a produit aucun justificatif de sa situation familiale et notamment aucun document venant attester de sa situation de séparation de M. B. Or, il résulte de ce qui a été exposé au point 5 que Mme B n'est pas fondée à soutenir que ce motif de rejet serait entaché d'illégalité.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B née A et à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-Collin
La greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expedition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026